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French film festival : nos coups de cœur (partie 1)

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Inaugurée hier soir à Sydney, l’édition 2019 du plus grand festival de films français hors de France nous arrive en Australie plein de promesses. Avec ses envolées romantiques et ses torrents d’hémoglobine, ses coins obscurs et ses coups d’éclat, elle promet de nous bousculer pour mieux nous emballer. Dans l’éventail des 54 œuvres proposées cette année, trois nous ont déjà marqués.

En guerre (de Stéphane Brizé)

Quand l’usine Perrin menace de fermer, alors qu’une promesse de sauvegarde des emplois a été faite deux ans auparavant en échange d’aides de l’état, les ouvriers se lancent dans un bras de fer contre leur direction. Entre la médiation de l’état « qui ne peut pas tout », le jeu de cache-cache avec le grand patron allemand et les tentatives de négociations parallèles, la situation va devenir hautement inflammable. Tourné à la façon d’un reportage, le film de Brizé nous immerge au cœur du combat syndical où l’on se bat moins pour la gloire que pour le respect de la parole donnée et ce salaire qui te permettra de payer la cantine. Il ne nous épargne ni les longues réunions, ni les espoirs fous de victoire, encore moins les trahisons, le cynisme et les bassesses. Il y a de la violence et de la beauté dans cette histoire trop banale qu’il réussit à transformer en tragédie grecque. Il y a de prémonition dans ce fil déroulé qui annonce et éclaire à postériori l’arrivée des Gilet jaunes. Surtout, il offre à Vincent Lindon le rôle du leader Laurent Amédéo, personnage charismatique et entier, qui lui a valu la palme du meilleur acteur à Cannes en 2018. Une récompense engagée et mille fois méritée.

Les Frères Sisters (de Jacques Audiard)

1851 dans l’Oregon, un duo de tueurs (les frères Sisters, rustres magnifiques John C. Reilly et Joaquin Phoenix) suit la piste d’un homme qui aurait trouvé la formule chimique permettant de ramasser de l’or en deux temps trois mouvements dans la rivière. Cette mission leur a été commanditée par le Commodore, lequel a également envoyé un détective en éclaireur sur les traces de la cible. Western crépusculaire et philosophique, le film nous entraîne dans une chasse à l’homme qui va peu à peu se muer en quête intérieure, obligeant chacun à s’interroger sur sa raison d’avancer, de fuir ou de rentrer. Qu’est-ce qui importe au fond : les pépites qui brillent au fond du cours d’eau, l’espoir fou d’une société meilleure, l’amour incarné dans un mouchoir trempé de larmes, la fraternité envers et contre tout ? Dans un décor de Far West splendide (l’autre héros du film – tournage, contre toute attente, en Espagne et Roumanie), Audiard nous donne à observer les interrogations de ses hommes rudes et attachants qui évoqueront, ici surtout, ces milliers de chercheurs d’or qui ont fait la richesse de l’Australie. Un bémol toutefois : le rôle des femmes réduites à la classique putain, tenancière de bar et Ma Dalton. On aurait eu envie d’une présence différente.

Le grand bal (de Laetitia Carton)

Loin des rave parties et autres techno parades, la réalisatrice Laetitia Carton nous emmène sur les pistes de danse du Grand Bal de l’Europe à la rencontre de ces passionnés de tous âges, capables de tourbillonner vingt heures sur vingt-quatre pendant sept jours. Au son de l’accordéon en majesté, du violon fou, du tambourin ou de la cornemuse, elle filme ces hommes et femmes qui dansent comme si leur vie en dépendait Mieux qu’une ode à la mazurka, à la polska ou à la bourrée, elle inscrit la danse dans la mémoire collective d’une région, évoque la transmission et le partage, dessine les contours d’une société réconciliée et généreuse. Tout cela, sans omettre les sujets plus sensibles, y compris les gestes déplacés, la solitude du débutant ou la frustration de celles qui ne sont plus invitées… Malgré tout, ce beau documentaire fait incontestablement vibrer la corde sensible et nous donne furieusement envie de planter la tente dans l’Allier pour participer à cette incroyable fête. A deux, à quatre ou à cent, la danse s’offre toujours comme la plus grande des libertés : merci Laetitia Carton pour cet indispensable rappel.

Valentine Sabouraud

Dates de l’Alliance Française French Film festival 2019 :

Sydney : 5 mars au 10 avril / Melbourne : du 6 mars au avril / Canberra : du 7 mars au 10 avril / Perth : du 13 mars au 10 avril / Brisbane : du 14 mars au 14 avril / Hobart : du 14 au 23 mars / Adélaïde : du 21 mars au 18 avril / Avoca Beach : du 22 au 27 mars / Parramatta : du 28 au 31 mars / Byron Bay : du 4 au 17 avril.

> Pour en savoir plus, cliquez ici.

Et en plus, Le Courrier Australien vous invite au cinéma avec 6 x 2 places à gagner là !

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