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French Film Festival : rencontre avec Patrice Gilles, directeur de l’Alliance Française de Canberra

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Francophile, Patrice Gilles ? Après avoir dirigé l’Alliance Française d’Arusha (Tanzanie) de 2007 à 2011, puis celle d’Accra (Ghana) jusqu’en 2015, c’est à l’Alliance de Canberra que cet ancien prof d’anglais a posé ses valises fin 2016, pour reprendre la direction de l’établissement et devenir le représentant de la Fondation Alliance Française en Australie. Alors que la 29ème édition de l’Alliance Française French Film Festival – deuxième plus gros festival de cinéma français derrière Cannes – s’ouvre la semaine prochaine à Canberra et dans toutes les autres capitales australiennes, Patrice Gilles nous explique à quoi ça sert, exactement, une Alliance Française, et pourquoi tant d’Australiens sont in love with la France et le cinéma français…

 

Avec un CAPES d’anglais, comment fait-on pour finalement devenir le directeur d’une Alliance Française à l’autre bout du monde ?

C’était loin d’être mon ambition au départ ! J’ai exercé avec beaucoup de bonheur pendant plusieurs années mon métier de professeur d’anglais, notamment en Australie, dans des écoles de l’outback du Queensland. Mais à un moment, j’ai eu envie de m’essayer à autre chose, de me lancer de nouveaux défis. En 2007, j’ai ainsi intégré le réseau des Alliances Françaises, en exerçant d’abord dans un tout petit centre en Tanzanie, à Arusha. Puis j’ai été nommé directeur de l’Alliance d’Accra pendant quatre ans, durant lesquels j’ai aussi représenté la Fondation des Alliances Françaises au Ghana. Je suis ensuite revenu un temps en France pour travailler à l’Académie des Sciences… mais une fois que vous y êtes entré, c’est dur de s’éloigner du réseau des Alliances et de ses 834 centres établis dans 132 pays du monde. D’où mon retour dans le réseau en décembre 2016, ici, en Australie, pour prendre la direction de l’Alliance de Canberra.

 

Vous avez donc non seulement cette casquette de directeur de l’Alliance de Canberra, mais aussi celle de représentant en Australie de la Fondation Alliance Française, qui coordonne depuis Paris l’action de toutes les Alliances. En quoi consistent ces deux rôles ?

Il faut savoir que le réseau des Alliances Françaises est aujourd’hui le plus grand réseau culturel dont dispose un pays autour du monde. S’il a été créé puis peu à peu étendu, c’est pour poursuivre un certain nombre de buts : faire dialoguer des peuples, transmettre la passion pour la langue et la culture française, et aussi, d’une certaine manière, entretenir une diplomatie d’influence. Mon rôle en tant que directeur d’Alliance Française, c’est simplement d’essayer de remplir ces objectifs au sein des deux grands champs d’action des Alliances que sont l’enseignement et les événements culturels. A Canberra, on propose ainsi des cours de français pour tous les niveaux et tous les public, et on organise de multiples événements comme le 14 Juillet, la Fête de la Musique et le French Film Festival. Le rôle du directeur de l’Alliance est comparable à celui d’un dirigeant de PME : je me charge du pilotage des projets et des structures. Pour ce qui est de ma fonction de représentant de la Fondation Alliance Française en Australie, il s’agit plutôt là d’épauler et de conseiller les six Alliances d’Australie, en m’assurant qu’elles remplissent bien les missions que leur attribue la charte de la Fondation. Pour ce faire, on organise régulièrement des réunions regroupant toutes les Alliances, où l’on discute des actions de chacun et où l’on développe des projets communs.

 

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Les locaux de l’Alliance Française de Canberra, dans le quartier de Turner./ Photo Alliance Française

 

A la suite de la démission mi-janvier de plus du tiers de ses administrateurs, dont l’ancien Premier ministre Alain Juppé, la Fondation Alliance Française est plongée dans une crise dont on dit qu’elle pourrait mettre en jeu l’avenir du réseau des Alliances autour du monde. Depuis l’Australie, quel est votre point de vue sur tout ça ?

Il est clair que la vague de démissions a eu des conséquences très négatives sur l’image de la Fondation et des Alliances Françaises. Mais concrètement, l’impact de cette crise sur le bon fonctionnement des Alliances est nul. Vous savez, depuis leur création il y a 135 ans, les Alliances ont régulièrement connu des soubresauts dans leur organisation et leur administration. Au bout du compte, les personnes et les difficultés passent, les Alliances demeurent, prouvant leur solidité et leur capacité à faire rayonner la France dans le monde.

 

Autre institution qui demeure et même grandit au fil des ans, le French Film Festival, qui a rassemblé en 2017 pas moins de 18 000 spectateurs rien qu’à Canberra. Comment expliquez-vous qu’un festival de cinéma français ait une telle popularité ici, si loin de la France ?

A mon avis, ce succès est avant tout lié à l’attrait de la France pour les Australiens. Depuis les deux guerres mondiales et la venue des soldats australiens en France, des liens indéfectibles se sont créés entre les deux pays, toujours perceptibles aujourd’hui. Si l’Australie est une destination qui attire beaucoup les Français, de nombreux Australiens partent aussi s’installer en France chaque année. En dépit de l’héritage britannique, il y a en Australie cette passion pour la France, qui explique largement la popularité croissante du Festival. Et puis Canberra est une ville où l’on adore le cinéma. On attend quand même 20 000 spectateurs cette année, alors que la ville compte à peine 400 000 habitants !

 

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L’affiche officielle du French Film Festival 2018 de Canberra, 29ème édition./ Photo Alliance Française

 

Avec cinquante films projetés au total, la programmation du festival est cette année encore très riche. Des petits coups de cœur pour nous aider à faire notre choix ?

C’est vrai que la liste est assez impressionnante – je n’ai moi-même pas encore pu voir tous les films ! J’aime en tout cas beaucoup Le Sens de la fête réalisé par Toledano et Nakache, une comédie assez hilarante qui sera notre film d’ouverture le 1er mars. Le film a eu un beau succès en France, et on est vraiment fier de pouvoir le présenter au festival, surtout pour l’ouverture. Gros coup de cœur également pour 120 battements par minute de Robin Campillo, grand prix du dernier festival de Cannes. En partenariat avec Haut-commissariat du Canada en Australie et le magazine LGBT Fuse, l’Alliance a d’ailleurs prévu un événement spécial pour la projection du film, le 8 mars. Enfin, autre très bon cru de cette année, Marie-Francine, de et avec Valérie Lemercier. Elle y interprète Marie-Francine Doublet, une cinquantenaire qui se fait larguer par son mari pour une plus jeune qu’elle, et est obligée de retourner vivre chez ses parents. C’est le film qui clôturera notre festival le 28 mars, à ne pas rater !

 

Après Catherine Deneuve, Gérard Jugnot, Inna Modja ou encore Emmanuelle Bercot lors des éditions précédentes du festival, sait-on déjà quels guests feront cette année le voyage jusqu’en Australie ?

Ecoutez, il y a aura certainement des invités surprises, mais on ne peut vraiment rien dévoiler pour le moment. On ne voudrait pas annoncer prématurément la venue de stars qui finalement devraient annuler au dernier moment ! La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’on y travaille…

 

Propos recueillis par Tom Val


Alliance Française French Film Festival : Sydney (27/02 au 27/03), Melbourne (28/02 au 27/03), Canberra (01/03 au 28/03), Brisbane (08/03 au 04/04), Perth (14/03 au 04/04), Hobart (15/04 au 24/04), Adélaïde (22/03 au 15/04), Parramatta et Casula (05/04 au 08/04). Pour en savoir plus, cliquez ici.


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NCT
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