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Grande Barrière de corail “en danger”: une bonne décision pour des scientifiques

Cinq scientifiques, spécialistes des coraux ou du climat, ont estimé jeudi que l’Unesco avait “pris la bonne décision” en proposant d’inscrire la Grande Barrière de corail d’Australie sur la liste du patrimoine mondial en danger, un choix qui a fait grand bruit en Australie.

Dans une lettre à la directrice générale de l’Unesco Audrey Azoulay, dont l’AFP a eu connaissance, ils disent vouloir “remercier l’Unesco d’avoir pris l’initiative de reconnaître la menace que représente le changement climatique pour (…) la Grande Barrière de corail”, “l’un des endroits les plus beaux, les plus riches en biodiversité et les plus précieux de la planète”.

“L’Unesco a pris la bonne décision en recommandant que le système de récifs le plus emblématique du monde soit inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril”, ajoutent-ils.

La lettre, appuyée par un communiqué à paraître vendredi du Centre d’excellence de l’ARC pour les études sur les récifs coralliens (CoralCoE), dont le siège est à l’Université James Cook, est signée par cinq personnalités.

Il s’agit de l’océanographe Sylvia Earle, première femme à la direction scientifique du National Oceanic and Atmospheric Administration, héroïne de l’année 1998 pour Time Magazine, les professeurs Terry Hughes, directeur de CoralCoE, Ove Hoegh-Guldberg (études marines à la Queensland University, directeur adjoint de CoralCoE), Johan Rockström, directeur de l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Potsdam et Andréa Grottoli, présidente de l’International Coral Reef Society, directrice du réseau international de coordination de la recherche sur le blanchiment des coraux.

Ils reconnaissent que les responsables australiens “ont fait des efforts pour traiter les menaces locales (…), telles que la pollution par les sédiments et les nutriments” mais rappellent que, selon l’Unesco, les autorités n’ont pas atteint leurs objectifs de qualité de l’eau et déplorent les dommages “tragiquement” causés au récif par “trois graves épisodes de blanchiment, alimentés par le réchauffement climatique”.

Le centre du patrimoine de l’Unesco et ses organismes consultatifs ont préconisé de placer la Grande barrière sur la liste “en danger”, trente ans après son inscription au patrimoine mondial.

Ces experts ont estimé qu’en dépit de mesures fortes prises par l’Australie, les perspectives à long terme pour l’écosystème s’étaient encore détériorées. La grande barrière est affectée par le changement climatique – “sa plus grave menace” – mais aussi par la pollution des eaux et les activités humaines.

Cette proposition, que le Comité du Patrimoine mondial examinera dans la deuxième quinzaine de juillet, a déclenché l’émotion en Australie, le gouvernement contestant un tel projet pour “le récif le mieux géré au monde” et dénonçant une “volte-face” de l’Unesco.

Interrogés sur ces accusations, des responsables de l’Unesco avaient nié toute “volte-face”, soulignant que le dossier était sur la table depuis plusieurs années, avec le problème de qualité de l’eau soulevé dès 2014.

Cependant, douze ambassadeurs auprès de l’Unesco, celui de l’Australie en tête, ont ensuite dit “partager les préoccupations collectives concernant le processus d’élaboration des recommandations”, évoquant notamment une “capacité limitée de l’Unesco et de ses organisations consultatives à évaluer et analyser les rapports” et la nécessité “de continuer à appliquer une procédure régulière dans leurs interactions avec les États parties”, dans une lettre à l’organisation onusienne datée du 23 juin.

L’Unesco “suit strictement les procédures”, leur a répondu la directrice du centre du patrimoine Mechtild Rössler, dans un courrier consulté par l’AFP, qui fait état des discussions “systématiquement organisées” avec les États concernés et d’un “processus technique rigoureux” d’analyse des rapports fournis par les États.

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