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Industrie du sexe à Sydney: “Entre 20 à 30% de nos filles sont des universitaires”

L’histoire tragique de Michaela Dunn, l’ancienne élève de l’université Notre-Dame et escort girl poignardée chez elle dans le CBD de Sydney mardi dernier, est le cauchemar de tous les parents.

En premier, l’horreur d’apprendre sa mort, puis, le choc pour cette famille de classe moyenne de Lidcombe, dont la mère Joanne et la soeur Emily, d’apprendre que leur “Mikki”, qui avait quitté le cocon familial pour une vie dans le coeur de la ville, gagnait de l’argent en tant que travailleuse du sexe.

Les personnes qui la côtoyaient à l’Université connaissaient Michaela comme joueuse de basket qui étudiait le marketing et la communication. Très peu de personnes de son cercle d’amis savaient comment l’étudiante vivait réellement. Ses collègues au Lidcombe’s Ten Pin City, où elle a travaillé de ses 16 à 20 ans, n’étaient pas non plus au courant de son autre job qui l’a aidée à financer ses voyages dans le monde entier, du Sri Lanka au festival Coachella, en Californie.

Mais selon d’autres escorts et propriétaires de “brothel” – maison closes – il existe beaucoup d’autres jeunes filles dans le cas de Michaela Dunn. Avant même qu’elles n’aient quitté l’école, certaines filles utilisent leur argent pour payer leurs études, pendant que d’autres continuent même après leur diplôme pour payer des “extras” comme des voitures ou des vacances à l’étranger.

“C’est vraiment commun de travailler avec des étudiantes dans des brothels, a déclaré Taylor Tara, une travailleuse du sexe qui a publié Tara-Memoirs From the Boudoir en 2018. Très souvent, elles voyagent d’un Etat à un autre pour être escort pendant les vacances universitaires pour rembourser leurs dettes et leurs factures afin de ne pas avoir à le dire à leur famille et éviter la stigmatisation”.

Taylor Tara ajoute : “Ensuite, elles prennent l’habitude de cette façon de vivre. En particulier en travaillant de manière indépendante via des sites d’annonces comme Locanto, comme le faisait Michaela, où les services personnes tels que les massages érotiques”. Là où le sexe peut être vendu sans qu’un propriétaire de maison close ou un intermédiaire ne prenne une part du gâteau. “Je déteste travailler avec Locanto. C’est vraiment difficile d’enlever l’annonce. Beaucoup de jeunes femmes continuent avec des clients privés bien après qu’elles aient fini d’étudier”.

Un certain marché réglementé

Lee Cameron, qui détient La Petite Aroma, une maison close à Chatswood, a avoué qu’elle emploie beaucoup d’étudiantes. “Les filles ramènent leur ordinateur et révisent entre deux clients. Travailler dans l’industrie réglementée du sexe, où les conseils locaux supervisent les lois, est beaucoup plus sûr que de travailler indépendamment.” Elle témoigne que “travailler dans une maison close aujourd’hui est comme travailler en tant que coiffeuse – tout est compris – les serviettes, les draps, une réceptionniste, une alarme qui peut être actionnée s’il y a le moindre souci et qui alerte la police”.

Une autre propriétaire a affirmé que près d’un tiers de ses 200 employés des Surry Hills’s Nirvana, Michelle’s at Potts Point et RPM à Rushcutters Bay étaient des étudiants. Elle ajoute qu’elle recrute également des voyageuses grâce à des annonces sur des sites en ligne pour les backpackers. “Je dirai qu’entre 20 et 30% de nos filles sont à l’université, qui travaillent pour payer leur loyer, HECS et tout ce dont elles ont besoin. Parce que, oui, nous vivons dans un monde matérialiste”. Elle affirme qu’internet a été un point majeur dans l’industrie du sexe. “Autrefois, les filles étaient vraiment discrètes sur leur activité d’escorte. Aujourd’hui, il y a un vrai changement. Sur les réseaux sociaux, par exemple, où les filles très peu vêtues proposent déjà certains services.”

Des rapports récents sur les étudiants à court d’argent qui se tournent vers les sites en ligne de “sugar daddies” pour aider à payer leurs frais de scolarité ou leur loyers et qui proposent des relations en échange d’argent, de cadeaux ou de voyages, ont également alerté sur ce “marché”.

Une uberisation de l’industrie du sexe

Le site Seeking.com, basé aux Etats-Unis, qui permet de mettre en lien des jeunes femmes avec des hommes plus âgés, utilise la méthode forte pour augmenter le nombre d’étudiants en Australie. Il offre des abonnements premium gratuits à ceux qui s’inscrivent à l’aide d’une adresse mail qui inclut .edu.

Peter Fleming, professeur à l’Université de Technologie de Sydney et auteur de Sugar Daddy Capitalism : The Dark Side of the New Economy, parle même d’une “uberisation” de ces transactions intimes. “Tu peux trouver des personnes dans l’industrie du sexe aussi énervées contre Locanto et Sugar Daddies qu’elles pourraient l’être contre des conducteurs de taxi Uber. Le côté obscur et dangereux, bien sûr, c’est qu’il peut y avoir des hommes avec des couteaux qui vous poursuivent, comme dans ce cas-ci, ajoute-il. Je pense que le travail du sexe est une chose beaucoup plus commune que ce que ne peuvent penser les parents”.

La prostitution en Australie est soumise à la législation de chaque Etat. En Nouvelle-Galles du Sud, l’Etat le plus peuplé du pays, les maisons closes sont légales, tout comme dans le Queensland.

Source : Sydney Morning Herald.


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