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Interview avec Philippe Coullomb, auteur d’un guide pour créer le workshop parfait

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Philippe Coullomb est un expatrié français résidant à Sydney. Il a écrit un livre intitulé « Collaboration by design » où il explique les étapes essentielles à la préparation et à la facilitation d’un workshop, c’est-à-dire un atelier de travail en groupe au sein d’une entreprise avec un objectif précis. Le Courrier Australien est allé à sa rencontre.

Cela fait maintenant trois ans que vous vivez en Australie, pouvez-vous nous expliquer votre parcours ? 

J’ai étudié à l’école de commerce d’Angers, l’ESSCA, puis je suis rentré chez Capgemini Consulting à Paris. Après 5 ans dans le conseil en management, j’ai évolué en 2003 dans une entité dédiée au design collaboratif. En 2009, j’ai ressenti le besoin de changer de cap. Sans projet précis, je savais que je devais quitter la France pour pouvoir imaginer la suite. J’ai donc pris la décision de partir voyager autour du monde pour me couper de tout ce que j’avais vécu précédemment. Je suis parti au Brésil, puis en Chine et enfin en Thaïlande. Malheureusement, je suis tombé gravement malade et j’ai été forcé de rentrer en France pour 6 mois afin d’être soigné. Pendant ma période de convalescence, j’ai reçu un appel de Capgemini en Australie qui me proposait un emploi à Sydney. J’ai pris ce coup de téléphone comme un appel du destin et j’ai donc décidé de partir vivre en Australie. Après 2 ans dans ce nouveau poste, j’ai été rattrapé par mon désir de changement et j’ai créé mon entreprise de conseil en design collaboratif à Sydney.

Justement, parlez-nous de cette entreprise : quand a-t-elle été créée et quel est son but ? 

J’ai fondé wheretofromhere? en 2013. L’objectif principal de l’entreprise est de concevoir et de faciliter des workshops à forte valeur ajoutée sur des sujets complexes. De quelques dizaines à plusieurs centaines de participants, nous réunissons tous les acteurs d’un problème : collaborateurs, clients, partenaires, etc. – et nous designons un parcours sur mesure pour leur permettre de mieux comprendre le problème, d’élaborer et de tester les solutions possibles, et in fine, de prendre des décisions. En Australie comme ailleurs, les workshops sont souvent mal conçus et mal expliqué . Inévitablement, beaucoup de gens considèrent qu’ils y perdent leur temps alors que la collaboration n’a jamais été aussi essentielle qu’aujourd’hui. Et quand ils sont bien conçus, une journée dans un workshop c’est un peu comme une journée à Disneyland : le cadre est agréable, on s’amuse, et il y a une forme de magie mais quand on rentre chez soi, on retrouve son quotidien et rien n’a fondamentalement changé. En créant wheretofromhere?, nous avions une triple ambition: continuer à délivrer les meilleurs workshops, créer les conditions d’un impact dans la durée pour éviter l’effet « Disneyland », et progressivement élargir notre champ d’action vers la collaboration cross-sectorielle sur des enjeux sociétaux comme le développement durable et le traitement des réfugiés. Mon point fort, c’est que je peux m’appuyer sur mon expérience de consultant chez Capgemini et adopter un position unique à l’intersection entre le conseil, le design thinking et le coaching de dirigeants.

Vous avez écrit avec Charles Collingwood-Boots un livre intitulé « Collaboration by design » : est-ce que vous pouvez nous résumer votre ouvrage en quelques mots ? 

Le mot-clé de ce livre c’est le design. J’insiste beaucoup sur ce terme, car dans ce livre nous apprenons aux lecteurs comment appliquer le design thinking à la préparation et la facilitation de workshop pour arriver à des solutions concrètes et durables à des problèmes complexes. Le terme de « design » permet d’aborder toute la complexité de l’interaction entre les participants et recouvre une analyse quasi-scientifique des comportements, du contexte, des émotions, des rapports, etc.

Est-ce que cela a été long d’écrire un livre comme celui-là ? 

Nous sommes passés par plusieurs étapes. En 2016, une entreprise de Singapour nous a contacté pour former leurs clients au design et à la facilitation. Nous avons organisé un workshop de trois jours à l’issue duquel nous avons produit un petit livret de 100 pages qui résumait tout ce qui nous paraissait important. Dans les mois qui ont suivi, des dizaines de personnes intéressés par notre livret sont venus nous en demander un exemplaire, et nous avons vite compris qu’il y avait un réel besoin, et donc une opportunité, pour un livre sur le sujet… 7 mois plus tard, nous avons réuni un petit groupe de spécialistes du workshop dans le but d’étoffer ce petit livret et d’en écrire une version plus complète. Nous pensions naïvement que ça nous prendrait quelques jours, mais nous nous sommes vite rendu compte que cela ne suffirait pas. Nous ne pouvions pas passer à côté de plusieurs choses qui nous paraissaient fondamentales. Nous avons donc mis presque un an en travaillant d’arrache-pied pour finalement arriver à la version finale.

Vous avez travaillé dans le même secteur professionnel en France et en Australie. La culture de l’entreprise est-elle la même dans les deux pays ? 

Chez Capgemini, la culture était assez différente mais j’imagine que votre question est plus générale. Il y a en France – en tout cas dans le conseil – une culture de l’effort qui nous amène très souvent à faire passer la vie personnelle au second plan. C’est beaucoup moins le cas ici mais je n’apprendrais rien à personne en parlant de la fameuse ‘work-life balance’ australienne. J’ai eu également le sentiment d’un petit retour en arrière en arrivant ici. J’étais responsable d’entités identiques en France et en Australie et quand je suis arrivé en Australie, en 2010, j’ai eu à mettre en place des innovations que nous avions déployées 3 ou 4 ans auparavant en France. Plusieurs de mes amis dans des industries différentes ont eu des expériences similaires, ce qui m’amène à croire que la culture d’innovation est moins développée ici.

Et maintenant, aspirez-vous un jour à rentrer en France ? 

Vous savez, jusqu’à récemment, la France ne faisait pas trop envie et je n’envisageais pas du tout de rentrer. En revanche, depuis maintenant 2 ou 3 ans, il y a une sorte de bouillonnement en France avec plus de créativité, d’innovation, de dynamisme, etc. L’élection d’Emmanuel Macron l’an passé a amplifié cette tendance, notamment grâce à l’image plus moderne qu’il donne de la France à l’international. Pour ma part, j’ai retrouvé une certaine fierté d’être Français et de mettre notre pays en avant.  Je sais qu’un jour je retournerai en France, mais dans l’état actuel, ce n’est pas à l’ordre du jour. En revanche, aujourd’hui, je pourrai être amené à étudier une opportunité qui se présenterait alors que je l’aurai ignoré il y a seulement 2 ans.

Vous pouvez acheter le livre de Philippe Coullomb, « Collaboration by design » en cliquant ici

Propos recueillis par Victor Roussel


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