fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeACTUJacinda Ardern affronte la tragédie nationale avec empathie et détermination

Jacinda Ardern affronte la tragédie nationale avec empathie et détermination

franckprovost

Au pouvoir depuis à peine 18 mois, Jacinda Ardern affronte une tragédie sanglante qui marquera l’histoire de la Nouvelle-Zélande. Mais la Première ministre recueille déjà des louanges pour son mélange de détermination et de compassion face à l’épreuve.

Quelques heures après l’attaque vendredi de deux mosquées à Christchurch par un suprémaciste blanc, qui a coûté la vie à 50 fidèles musulmans, Mme Ardern se trouvait dans cette localité de l’île du Sud, coiffée d’un voile, en témoignage de sa solidarité avec les familles des victimes.

Le lendemain, à Wellington, la dirigeante travailliste de 38 ans avait à nouveau la tête recouverte d’un voile, prenant dans ses bras des membres de la communauté musulmane sous le choc.

Ce témoignage de solidarité et de douleur partagée parle à de nombreux Néo-Zélandais qui se sentent aujourd’hui vulnérables, et représente un rejet des idées de haine véhiculées par le tueur.

« Elle n’a jamais eu à faire face à quelque chose d’aussi horrible », relève Vicki Spencer, du département des sciences politiques de l’Université d’Otago. « Ni aucun autre Premier ministre de Nouvelle-Zélande ».

« L’empathie a toujours été l’une de ses forces, et jamais on ne s’en est autant aperçu », dit David Farrar, auteur du populaire blog politique Kiwiblog.

– « Image puissante » –

« La photo d’elle à Christchurch portant un foulard sur la tête, l’air bouleversé, est une image puissante, qui a force d’icône. Je crois que Mme Ardern a été quasiment parfaite dans sa réaction à la tragédie ».

Ce genre de drame peut faire dérailler une carrière politique, ou au contraire la conforter. L’émotion de Barack Obama après la tuerie de l’école primaire Sandy Hook en 2012 aux Etats-Unis, dans laquelle 26 personnes avaient été tuées, dont 20 enfants, fut par exemple l’un des temps fort de sa présidence.

Mais Mme Ardern a dépassé ce rôle de consolatrice en chef pour affronter les défis posés par l’extrémiste australien qui, à l’insu des agences de renseignement, a pu venir dans son pays, acheter légalement des armes de guerre et commettre ce carnage.

Immédiatement après le massacre, la cheffe du gouvernement s’est attelée à ces problèmes, annonçant un changement de la législation sur les armes.

« Je sais qu’il y a actuellement de la douleur en Nouvelle-Zélande mais il y a aussi de la colère, il y a des questions auxquelles il faut répondre », a-t-elle dit lors de l’une de ses nombreuses interviews télévisées, d’un ton calme et rassurant.

Avant cette attaque, la dirigeante néo-zélandaise était devenue à l’international un symbole des mères qui travaillent: les photos la montrant avec son bébé Neve à l’Assemblée générale de l’ONU à New York l’année dernière avaient fait le tour du monde.

Mme Ardern est la deuxième Première ministre seulement dans le monde à avoir un enfant en exercice, après la Pakistanaise Benazir Bhutto, ce qui a donné un coup de projecteur sur ce pays de moins de cinq millions d’habitants.

Sur la scène internationale, elle fait figure d’héroïne pour une partie du centre-gauche dans le monde.

– « Anti-trumpisme » –

Comme le Premier ministre canadien Justin Trudeau, son militantisme contre le changement climatique et pour l’égalité des genres l’a marquée du sceau de « l’anti-Trumpisme ».

Mme Ardern ne fait pas mystère de son hostilité face à certaines politiques de Donald Trump et se sert du manque de popularité du président américain en Nouvelle-Zélande pour renforcer la sienne.

Quand le locataire de la Maison Blanche l’a appelée pour lui proposer son aide après l’attaque des mosquées, Mme Ardern n’a pas hésité à rendre la conversation publique.

« Il a demandé ce qu’il pouvait faire, et je crois que j’ai juste fait passer le ressenti qu’on a ici en Nouvelle-Zélande. Mon message était un message de sympathie et d’amour pour toutes les communautés musulmanes ».

Malgré toutes ses qualités politiques, l’étoile de Mme Ardern avait commencé à pâlir dans son pays.

Ses efforts législatifs ont été systématiquement entravés par Winston Peters, patron du parti populiste New Zealand First et partenaire de la coalition gouvernementale.

Mais ce dernier, qui s’opposait depuis des années à un durcissement de la législation sur les armes, n’a pu qu’acquiescer finalement et reconnaître que depuis vendredi, « notre monde a changé à jamais ».

Source : AFP

Suivez Le Courrier Australien sur Facebook et Instagram et abonnez-vous gratuitement à notre newsletterDes idées, des commentaires ? Une coquille, une inexactitude ? Contactez-nous

Comments
nc
Share With: