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La Chine met en garde contre le climat de “guerre froide” en Asie-Pacifique

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Le président chinois Xi Jinping a mis en garde jeudi contre un retour à des tensions dignes de la Guerre froide dans la région Asie-Pacifique, insistant sur une plus grande coopération pour sortir de la crise causée par la pandémie de Covid-19 et lutter contre le changement climatique.

Dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis au sujet de Taïwan, partiellement compensées par un accord surprise entre Pékin et Washington sur le climat, Xi a déclaré que tous les pays de la région devaient travailler ensemble sur des défis communs.

“Les tentatives de tracer des démarcations idéologiques ou de former de petits groupes reposant sur la géopolitique sont vouées à l’échec”, a-t-il déclaré au cours d’une conférence virtuelle en marge du sommet du Forum de Coopération économique Asie-Pacifique (Apec). “La région Asie-Pacifique ne peut ni ne doit retomber dans les confrontations et les divisions de la Guerre froide”.

Le président chinois a également appelé à déployer des efforts conjoints pour se rapprocher de l’immunité collective, en rendant les vaccins plus accessibles aux pays défavorisés.

“Nous devrions traduire le consensus que les vaccins sont un bien public mondial en actions concrètes pour assurer leur distribution honnête et équitable”, a-t-il souligné.

M. Xi a déclaré que les pays devaient intensifier leur coopération en matière de recherche, de production, de tests et de reconnaissance mutuelle des vaccins, “afin de sortir de l’ombre de la pandémie et de parvenir rapidement à une reprise économique régulière”.

Mercredi, la Chine et les Etats-Unis ont annoncé à la COP26 à Glasgow (Royaume-Uni) une “déclaration conjointe sur le renforcement de l’action climatique”, un domaine clé dans lequel l’administration Biden voit un potentiel pour la coopération entre les deux pays.

“Nous pouvons tous nous engager sur la voie d’un développement vert, à faibles émissions de carbone et durable,” a ajouté le président Xi, sans mentionner explicitement cet accord.

“Ensemble, nous pouvons conduire vers un avenir de développement vert”, a-t-il affirmé.

Il a également assuré que la Chine resterait “engagée dans la promotion d’une coopération gagnant-gagnant” et qu’elle contribuerait “au développement économique de la région Asie-Pacifique”.

L’accord sur le réchauffement climatique est intervenu avant les entretiens virtuels qui doivent se tenir dès la semaine prochaine entre Xi et le président américain Joe Biden, à un moment où la tension monte dans la région Asie-Pacifique.

Pékin a intensifié ses activités militaires près de Taïwan, île autonome revendiquée par la Chine.

Début octobre, un nombre record d’avions a pénétré dans la zone d’identification de la défense aérienne de l’île (Adiz).

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré mercredi que les États-Unis veilleraient à ce que Taïwan puisse se défendre afin d’éviter que quiconque “tente de perturber le statu quo par la force”.

La Chine revendique également la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, riche en ressources, par laquelle transitent chaque année des milliards de dollars d’échanges maritimes, rejetant les revendications concurrentes de Brunei, de la Malaisie, des Philippines, de Taïwan et du Vietnam.

Dans ce contexte, les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie ont scellé en septembre une alliance de défense permettant à l’Australie d’acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire utilisant la technologie américaine.

Bien que la livraison ne soit pas prévue avant plusieurs années et que la Chine n’ait pas été explicitement citée, l’annonce a provoqué la colère de Pékin et, séparément, déclenché un important incident diplomatique avec la France à qui le contrat sur les sous-marins était initialement promis.

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