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La République en marche, un boulet pour Emmanuel Macron ?

Départs en série, échecs électoraux : le parti se cherche un nouvel avenir.

Les “marcheurs” sont essoufflés, voire à l’arrêt. Après la déroute aux élections municipales, la perte de la majorité absolue à l’Assemblée nationale et les démissions en cascade de ses cadres, La République en marche (LREM) semble en pleine débâcle… Marlène Schiappa, “marcheuse” de la première heure et ministre, reconnaît même dans les colonnes du Figaro que “LREM vit une sorte de crise de croissance”. “Le parti est en effet en très mauvais état, analyse Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po. D’abord, il voulait être un parti pas comme les autres, or il est devenu la caricature du parti godillot, soumis à la personnalité et aux desiderata du Président, dont il porte d’ailleurs les initiales EM pour ‘En marche !’ et pour ‘Emmanuel Macron’. Ensuite, il n’est pas devenu une boîte à idées, ne s’est pas ancré localement et n’a pas fait émerger de grandes figures. Il est en outre divisé, sans homme ni femme capable de rassembler les troupes.”

Quarante députés perdus

Christophe Castaner, récemment nommé à la tête du groupe LREM à l’Assemblée nationale, tente pourtant de battre le rappel des troupes en cette rentrée politique. En septembre, devant près de 200 élus rassemblés à Lamotte-Brebière (dans la Somme) pour les journées parlementaires du mouvement, l’ancien ministre de l’Intérieur a promis de retrouver “l’esprit de conquête qui a animé la campagne présidentielle de 2017”. “Il n’est pas perdu, il n’appartient qu’à nous de le faire revivre”, a-t-il lancé, alors que son groupe a perdu près de 40 députés depuis le début de la législature. Las, dix jours plus tard, le numéro deux du parti, Pierre Person, député de Paris, rendait son tablier, accusant l’organisation de ne plus “produire d’idées neuves” et d’être “repliée sur elle-même”.

Bâtir “une maison commune”

À dix-huit mois de l’élection suprême, le parti présidentiel peut-il se retransformer en machine à gagner ? Difficile à imaginer pour le politologue. “On ne gagne pas une présidentielle sans une machine politique en bon état de marche”, poursuit Pascal Perrineau. Emmanuel Macron le sait parfaitement, et s’est donc fixé un objectif : lancer une nouvelle dynamique au-delà du parti présidentiel, en vue des scrutins de 2021 (régionales et départementales) et 2022 (présidentielle). Il veut, dit-il, construire “une maison commune” avec ses alliés, sorte de confédération élargie réunissant les Macron-compatibles de tous bords, mais aussi des associations d’élus, des think tanks et des citoyens. Dans ce “home sweet home” prendraient place le Modem bien sûr, la droite modérée avec Agir, la gauche avec Territoires de Progrès, l’UDI, certains LR ou encore les Radicaux.

L’idée d’un attelage de forces diverses n’est pas nouvelle : Valéry Giscard d’Estaing l’avait imaginé en son temps avec l’UDF et François Mitterrand avec l’Union de la Gauche. Pour Stanislas Guérini, délégué-général de LREM, cette nouvelle construction doit “incarner l’esprit de dépassement, qui est le contraire de l’esprit de clan, a-t-il expliqué aux journées de rentrée du Modem. Elle doit être respectueuse des sensibilités, des histoires, des spécificités de chacune des organisations qui la composent”.

Cette volonté de rassemblement et de dépassement des clivages politiques masque une réalité bien moins flamboyante : Emmanuel Macron est condamné à une coalition, faute de pouvoir se présenter en solo. “Cette maison sera difficile à construire car les éventuelles collaborations sont très limitées”, estime Pascal Perrineau. Les travaux ne font que commencer et les prochains rendez-vous électoraux sont déjà prévus pour l’année prochaine.

Laure de Charette, correspondante en France


Source : La Libre Belgique

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