fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeACTUL’Australie ouvre la porte à la Chine pour sauver le TPP

L’Australie ouvre la porte à la Chine pour sauver le TPP

Le gouvernement australien a dit espérer mardi que le Traité de libre-échange transpacifique (TPP) puisse être sauvé en l’absence des Etats-Unis et a tendu la main à la Chine.

Comme annoncé durant sa campagne, le nouveau président américain Donald Trump a signé l’acte de retrait des Etats-Unis du TPP.

Vu comme un contrepoids à l’influence grandissante de la Chine, ce traité a été signé en 2015 après d’âpres négociations par 12 pays d’Asie-Pacifique représentant 40% de l’économie mondiale.

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a déclaré que son gouvernement avait des “discussions actives” avec d’autres parties prenantes au TPP, comme le Japon, la Nouvelle-Zélande ou Singapour, sur les moyens de le sauver.

“Il est possible que la politique américaine change avec le temps sur ce sujet”, a-t-il ajouté, relevant que Rex Tillerson, pressenti comme nouveau secrétaire d’Etat, et des républicains étaient favorables au pacte.

“Il y a aussi la possibilité que le TPP aille de l’avant sans les Etats-Unis”, a déclaré le Premier ministre. “Certainement, il y a le potentiel pour que la Chine rejoigne le TPP”.

Le TPP signé par 12 pays bordant l’océan Pacifique (Etats-Unis, Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam) n’est pas entré en application.

Le ministre australien du Commerce Steven Ciobo a déclaré que son pays, le Canada, le Mexique et d’autres avaient étudié l’éventualité d’un “TPP 12 moins un” récemment à Davos.

“Il y aurait des perspectives pour la Chine si nous sommes capables de le reformuler en TPP 12 moins un pour des pays comme l’Indonésie ou la Chine, voire d’autres pays qui envisageraient d’y participer”, a-t-il déclaré à la Australian Broadcasting Corporation.

Le Premier ministre néo-zélandais Bill English a relevé de son côté que Pékin “n’avait pas tardé à voir une occasion” de s’inviter dans le TPP.

Il a fait état d’une volonté “pour faire un effort afin de voir ce que peut devenir le TPP, plutôt que de l’abandonner et d’attendre un coup de téléphone (de Washington) au sujet d’un éventuel accord bilatéral”, a-t-il dit aux journalistes à Wellington.

M. Trump avait fait part de son intention de négocier des accords bilatéraux plus favorables à Washington. M. English s’est montré sceptique sur un tel accord compte tenu de l’insistance de M. Trump à en dicter les termes.

Exclu du TPP, la Chine a lancé sa propre initiative, le Partenariat économique intégral régional (RCEP), qui associe les dix pays membres de l’Association des nations du Sud-Est asiatique et leurs partenaires commerciaux régionaux (Chine, Japon, Australie, Inde, Corée du Sud, Nouvelle-Zélande).

Comme le TPP, le RCEP vise également à supprimer des barrières tarifaires et non-tarifaires, mais affiche beaucoup moins d’ambitions sur les normes de régulation, en particulier environnementales et sociales.

Lors de son point presse mardi, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying est restée évasive sur une éventuelle participation de son pays au TPP, en affirmant simplement que la Chine soutenait les accords commerciaux “ouverts, transparents et gagnant-gagnant”.

Share With: