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Le gouvernement dévoilera lundi son budget pour 2021, centré sur le plan de relance

Le gouvernement présentera lundi son projet de budget pour 2021, qui fera la part belle au plan de relance de 100 milliards d’euros sur deux ans, dans un contexte de crise économique record ayant relegué à l’arrière-plan la réduction des déficits.

A situation exceptionnelle, potion inédite : l’enjeu pour le gouvernement n’est pas cette année de +boucler+ son budget, en tentant de ralentir les dépenses ou de dégager des économies, mais plutôt de redresser une économie frappée de plein fouet par l’épidémie de Covid-19.

Il table ainsi sur un rebond de la croissance de 8% en 2021, après une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 10% cette année.

“Au regard de la gravité du choc, c’est un défi considérable”, a prévenu le ministre de l’Economie Bruno le Maire, au moment où l’épidémie donne des signes de deuxième vague en France, et continue de sévir dans le monde.

L’élément central est donc le plan de relance de 100 milliards d’euros dévoilé début septembre et ses nombreuses mesures tous azimuts pour aider les entreprises et les ménages à surmonter la crise et accélérer certaines transformations de l’économie.

Si 10 milliards d’euros de dépenses ont été anticipés dès la fin 2020, notamment pour l’emploi des jeunes, 30 milliards d’euros doivent être décaissés en 2021.

Et après les baisses d’impôts d’environ 9 milliards d’euros pour les ménages entrées en vigueur cette année, les entreprises bénéficieront cette fois de la majorité des soutiens.

Avec en tête les 10 milliards d’euros de baisse d’impôts de production, réclamés de longue date par le patronat, même si cette mesure suscite des craintes chez les collectivités qui en sont les principales bénéficiaires, malgré la promesse du gouvernement de la compenser “à l’euro près”.

Le plan de relance prévoit aussi des subventions pour produire davantage en France, et des aides à l’investissement dans les secteurs d’avenir comme la transition écologique ou le numérique.

A côté de ce volet exceptionnel de dépenses, dont plus de 37 milliards d’euros seront toutefois financés par l’Union européenne, le gouvernement entend assumer les engagements pris avant la crise.

Après un début de polémique, la baisse de la taxe d’habitation va bien débuter pour les ménages les plus aisés et la trajectoire de réduction de l’impôt sur les sociétés est aussi maintenue.

Les crédits promis aux ministères de la Justice ou de la Défense, via les lois de programmation, sont également confirmés.

– ceinture desserrée –

Côté effectifs de la fonction publique, c’est aussi le statu quo, la crise ayant définitivement tué l’ambition d’Emmanuel Macron de supprimer 50.000 postes dans la fonction publique d’Etat sur le quinquennat. Le gouvernement compte les stabiliser ou légèrement les diminuer l’an prochain, après un amaigrissement déjà largement remis en cause après le mouvement des “gilets jaunes” fin 2018.

Cette hausse massive des dépenses devrait être essentiellement financée par de l’endettement: le gouvernement a promis qu’il n’y aurait aucune hausse d’impôt d’ici 2022 et n’a en parallèle pour l’instant dévoilé que peu de mesures d’économies.

L’organisme de financement du logement social Action logement sera mis à contribution à hauteur d’1,3 milliard, les complémentaires santé vont payer une surtaxe Covid d’un milliard d’euros l’an prochain (puis 500 millions en 2022) et quelques niches fiscales mineures seront rabotées.

Le déficit public devrait ainsi encore rester à un niveau élevé l’an prochain à 6,7% du PIB, après un envol prévu à 10,2% cette année, les comptes de la Sécurité sociale ayant été mis particulièrement à rude épreuve du fait de l’épidémie, tandis que la dette serait ramenée à 116,2% du PIB après 117,5% attendus en 2020.

Mais Paris n’aura pas à défendre sa politique auprès de Bruxelles, la Commission européenne ayant suspendu jusqu’à l’an prochain les règles budgétaires en vigueur dans l’UE.

 

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