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Le Japon propose de construire les sous-marins australiens si les négociations avec la France échouent

franckprovost

Le ministre japonais des Affaires étrangères a déclaré dans une interview récente que Tokyo était prête à exporter ses sous-marins en Australie.

Le Japon est prêt à vendre ses sous-marins à l’Australie si les négociations entre le constructeur français Naval Group et le gouvernement australien sur la construction de 12 sous-marins échouent, a annoncé le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono.

« C’est possible, mais c’est au gouvernement australien de décider », a déclaré Kono dans une interview télévisée diffusée sur Australian Broadcasting Corporation, à l’occasion de la huitième réunion des ministres des Affaires étrangères et de la Défense Australie-Japon 2 + 2, qui a eu lieu le 10 octobre à Sydney. Kono a ajouté qu’il ne savait pas combien de temps il faudrait au Japon pour préparer une offre officielle. « Je dois vérifier auprès du ministère de la Défense et de l’industrie associée », a-t-il déclaré.

Longtemps considéré comme le favori d’un contrat de partenariat de 50 milliards de dollars pour la construction de la nouvelle flotte australienne dans le cadre du programme dit « SEA 1000 Future Submarine », le Japon a cependant échoué à remporter l’appel d’offres en 2016. L’Australie a préféré confier au constructeur français Naval Group un contrat de conception et de mobilisation pour la construction de 12 sous-marins Shortfin Barracuda Block 1A, un dérivé diesel-électrique du sous-marin d’attaque nucléaire Barracuda du groupe Naval, en décembre de la même année.

Les négociations autour de l’Accord de partenariat stratégique (SPA) australien-français — nécessaires avant la finalisation des contrats de conception détaillés et le début du chantier — seraient désormais bloquées en raison de désaccords sur la propriété intellectuelle et les conditions de garantie. À cela s’ajouteraient des préoccupations de l’Australie concernant les conséquences à venir si, un jour, Naval Group n’appartenait plus à l’État français.

Le gouvernement australien et Naval Group ont toutefois rejeté ces allégations. « La livraison des 12 futurs sous-marins n’est pas retardée », a déclaré le ministre australien de la Défense, Christopher Pyne, le 30 septembre. « La négociation d’un accord de partenariat stratégique se poursuit et nous nous assurerons de signer un accord équitable et durable, qui serve nos forces et soit dans le meilleur intérêt du contribuable australien.  »

Le SPA devrait être signé début 2019, avec la construction du premier bateau à partir de 2022, si les deux parties parviennent à un accord.

Le Japon serait à présent prêt à répondre aux attentes australiennes 

En 2016, l’offre du Japon n’avait pas été retenue pour plusieurs raisons, parmi lesquelles le manque d’expérience dans la vente de matériel militaire japonais à l’étranger et la réticence de l’industrie japonaise de la défense à exporter des technologies militaires sensibles en Australie. De plus, selon le gouvernement australien, la conception française répondait mieux aux exigences de la Marine royale australienne — une déclaration qui a été maintes fois remise en question. Par exemple, la conception du nouveau Shortfin Barracuda Block 1A implique de passer d’un système de propulsion nucléaire à un système de propulsion conventionnelle, un véritable défi technique pour l’équipe française.

Selon les médias japonais, l’industrie de la défense et la bureaucratie militaire du Japon ont beaucoup évolué au cours des deux dernières années. Désormais, le Japon s’engagerait complètement à co-développer et à construire localement une flotte de sous-marins en Australie. Cela impliquerait le transfert de certaines des technologies militaires les plus avancées du Japon en Australie. Des responsables de la défense japonaise auraient également envisagé la possibilité de coproduire une nouvelle classe de sous-marins pour la Force de défense autonome du Japon en Australie, car ce département devra commencer à remplacer sa flotte à la fin des années 2020.

Sources: The Diplomat

 

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