fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeACTULe Shrine of Remembrance : bel endroit pour se souvenir…

Le Shrine of Remembrance : bel endroit pour se souvenir…

franckprovost

La célébration des 100 ans de l’armistice de la Grande guerre est une excuse toute trouvée pour se pencher sur le monument commémoratif le plus symbolique de Melbourne. Lieu de recueillement et d’hommage aux soldats disparus, le Shrine of Remembrance (sanctuaire du souvenir) offre aussi une occasion de sortie très agréable qui, de surcroit, garantit une vue imprenable sur la capitale du Victoria.

Le onzième jour du onzième mois, à la onzième heure de l’année 1911, la Grande guerre est officiellement terminée et deux minutes de silence sont observées dans la plupart des pays concernés. L’Australie ne fera pas exception. La jeune nation a envoyé sur les champs de bataille près de 450 000 soldats, soit 40% de la population masculine mobilisable. A lui seul, le Victoria a dépêché 89 000 hommes sur le front à l’étranger, 19 000 n’en sont pas revenus.

Dès 1922 – onze ans plus tard – une compétition est lancée pour la réalisation d’un monument commémoratif. Les deux anciens combattants et architectes Philip B. Hudson et James H. Wardrop remportent le concours, mais leur projet (croquis ci-contre) est modifié après des années de flottement et de controverses. L’Angleterre et le Victoria le financent en partie, mais c’est une souscription publique, orchestrée par le général Sir John Monash, qui contribuera le plus au bâtiment dont la première pierre est posée le 11 novembre 1928. Le Shrine of Remembrance est inauguré six ans plus tard, jour pour jour, par le Duc de Gloucester, fils du roi George V, en présence de 300 000 personnes.

Inspiré par le Mausolée d’Halicarnasse et le Parthénon d’Athènes, l’imposant bâtiment en granit gris incarne tout à la fois une tombe, un temple et un monument. A l’intérieur, à côté des 42 registres qui détaillent le nom de tous les engagés, le sanctuaire central profite d’un plafond d’une hauteur démesurée qui forme un puits de lumière pyramidal. L’architecture de cette ouverture est telle que, chaque 11 novembre, un rayon de soleil tombe précisément sur la pierre du souvenir en marbre noir sur laquelle on peut lire « Greater love hath no man ». A l’extérieur, plusieurs terrasses en surplomb offrent une vue panoramique sur Melbourne. Dans la réserve naturelle à ses pieds, des statues rendent hommage à la veuve et à l’orphelin, à des figures militaires mais aussi à leurs animaux comme l’âne ou les chevaux.

Avec le temps, le Shrine of remembrance est devenu un lieu du souvenir, de fierté, et de gratitude, qui rappelle plus largement le sacrifice de tous les Australiens morts au combat – durant la deuxième guerre mondiale, et aussi après. La flamme éternelle, allumée par la reine Elizabeth en 1954 sur le parvis du monument le souligne. On peut, bien évidemment, venir s’y réchauffer les mains ou tout simplement s’y recueillir, le 11 novembre ou à Anzac Day, autre jour important en Australie. Aujourd’hui, le site abrite aussi une galerie d’art avec des expositions temporaires et des zones pédagogiques. Lieu d’histoire et d’émotion, il mérite absolument le détour.

Valentine Sabouraud

Le 11 novembre 2018, le Shrine of Remembrance accueille tous ceux qui le souhaitent pour une minute de silence. Le rendez-vous est donné à 10.15 am, en présence, notamment, des membres de l’Association Des Anciens Combattants Français de Victoria. Jusqu’à cette date, le projet 5000 Poppies plantera ses coquelicots sur les parterres du site pour rappeler « Lest we forget ». Enfin, le bâtiment sera illuminé de rouge tous les soirs cette semaine jusqu’à dimanche. Notez qu’en Australie, le terme « armistice » a été remplacé après la Seconde guerre mondiale par « Remembrance Day », jour du souvenir.

Shrine of Remembrance, Birdwood Avenue à Melbourne, ouvert de 10 am à 5 pm tous les jours.

——————————————

N’oubliez pas de suivre Le Courrier Australien sur Facebook et Instagram, et de vous abonner gratuitement à notre newsletterDes idées, des commentaires ? Une coquille ou une inexactitude ? Contactez-nous à redaction@lecourrieraustralien.com.

Comments
franckprovost
Share With: