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Le TGV australien : chimère ou nécessité ?

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Au début des années 1980, Paul Wild, directeur de l’organisation gouvernementale pour la recherche scientifique ( CSIRO ), fut le premier à imaginer le développement d’une ligne à grande vitesse reliant Sydney, Canberra et Melbourne. Un projet au nom éloquent : le « Very Fast Train » ( Train Très Rapide ).

Trois décennies plus tard, à l’approche des élections fédérales, le débat refait surface. Les Travaillistes demandent à ce que le gouvernement sécurise des fonds destinés à la construction d’un réseau rapide. Mais le sujet ne semble pas à l’ordre du jour chez les Libéraux, et nombreux sont les électeurs à se demander si le projet deviendra un jour réalité, et, surtout, si sa réalisation est souhaitable. Et pour cause : d’après le professeur John Preston ( Université de Southampton ), rares sont les villes dans le monde capables d’accueillir une ligne à grande vitesse commercialement viable. En Australie, aucune entreprise ne semble être disposée à s’attaquer à une mission aussi ambitieuse sans le soutien du gouvernement.

Au coeur du problème, la question du financement 

Le TGV australien ne devrait donc pas voir le jour sans une participation du contribuable. Problème : le prix, astronomique, d’un tel chantier. En 2013, le gouvernement Rudd a estimé qu’une ligne reliant Brisbane à Melbourne via Sydney et Canberra coûterait la bagatelle de 114 milliards de dollars. « Juste pour mettre en perspective, on parle de 5000 dollars par citoyen australien » s’alarme Marion Terrill, directrice du programme Villes et Transports au Grattan Institute. Et l’économiste d’ajouter : « Les lignes aériennes sont très compétitives, elles sont rapides… et pourtant, on veut les remplacer par des infrastructures qui demanderont des subventions énormes de la part des contribuables. Admettons que nous avons 120 milliards à dépenser. Quelle est la meilleure façon de le faire ? Posons-nous la question. »

 Le principal argument avancé par le gouvernement en faveur du « Very Fast Train » est que son avènement rendrait plus vivables les communautés régionales. Une idée tempérée par Marion Terrill : « Cela pourrait effectivement aider dans la mesure où des gens vivant dans des villes excentrées iraient travailler dans les métropoles. Mais ces villes deviendraient, de fait, des cités-dortoir. » À ceux qui déclarent par ailleurs qu’un réseau rapide régénèrerait les économies régionales, Ms Terrill répond : « Les exemples nous ont montré que les villes périphériques sont en réalité absorbées par les centres régionaux où se trouvent les gares. »

De plus, la volonté de multiplier les connexions se heurte à une contradiction notoire : plus l’on construira de gares et plus le temps de trajet sera allongé. Or, l’intérêt du train à grande vitesse est précisément de permettre des voyages courts.

Une solution : des lignes plus courtes

En 2017, 20 millions issus du budget fédéral ont été alloués aux projets de « Very Fast Train » portés par les entreprises. Des projets désormais repensés pour être réalisés à l’échelon local. En Nouvelle-Galles du Sud, des routes reliant Sydney à Canberra, Wollongong, Bathurst et Newcastle sont à l’étude. Dans l’État du Victoria, on envisage notamment de réduire à moins d’une heure le temps de trajet entre Melbourne et Geelong. D’après le professeur Rico Merkert, ces propositions incarnent à l’heure actuelle le seul espoir possible de création d’un TGV en Australie.

Parviendra-t-on à la mise en place un réseau national ? Le professeur ne rejette pas cette éventualité. On peut imaginer qu’un jour, des milliers de citoyens de l’île-continent bénéficieront du « Very Fast Train » rêvé par le Dr Wild.

Source : ABC News


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