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Les accusations chinoises de dumping inquiètent les vignerons australiens

Après des années de sécheresse et des incendies dévastateurs, les viticulteurs australiens s’inquiètent des conséquences d’une enquête anti-dumping lancée cette semaine par la Chine, leur principal marché à l’exportation.

“Très surpris par cette enquête” qui vise les crus importés sur l’ensemble de l’année 2019, Tony Battaglene, président d’Australian Grape and Wine, la principale interprofession des viticulteurs en Australie, raconte avoir reçu “plus de 1.000 appels” dans les heures qui ont suivi l’annonce chinoise mardi: “les membres de notre organisation sont très inquiets”.

Il ne fait pour lui aucun doute que cette enquête, dans la foulée d’une plainte déposée par l’association chinoise des boissons alcoolisées, constitue avant tout une décision politique, dans un contexte de tensions diplomatiques grandissantes entre Canberra et Pékin.

Le dumping dont Pékin accuse Canberra consiste notamment à vendre à l’étranger à des prix inférieurs à ceux pratiqués sur le marché national.

“Je comprends que les viticulteurs chinois, dont les parts de marché ont reculé ces dernières années, cherchent à protéger leurs intérêts. Mais les vins australiens en bouteille visés par l’enquête chinoise se situent dans une toute autre catégorie de prix. S’ils ont vraiment été lésés, ils devraient plutôt s’en prendre aux importateurs de vin en vrac”, argumente M. Battaglene.

Un avis partagé par Bruce Tyrell, directeur général de Tyrell’s Wines, l’un des plus anciens vignobles d’Australie, dont 10% de la production est exportée en Chine.

“Le prix des vins australiens en Chine a augmenté de 30% au cours des quatre dernières années. Ces accusations de dumping n’ont donc aucun fondement”, selon lui.

– Longue liste de reproches –

Il reste optimiste quant à l’issue de l’enquête, mais il aurait pu se passer de tels tracas. Les feux de brousse qui ont ravagé l’Australie d’octobre 2019 à février 2020 l’ont contraint à réduire de 80% sa récolte de raisins. Ceux qui n’ont pas brûlé ont été imprégnés par les fumées des incendies. Le raisin a pris “un goût de cendrier”, et est donc inexploitable.

Treasury Wine Estates, le premier producteur de vin australien mais aussi le plus important importateur au monde de vin en Chine, a lui fait savoir qu’il “coopérera avec les autorités chinoises et australiennes”. “La Chine reste un marché prioritaire, où nous continuerons d’investir”, a précisé le groupe, dont la valeur en bourse a reculé de 14% le jour de l’annonce, mardi.

Depuis la signature d’un traité de libre-échange en 2015 entre la Chine et l’Australie qui s’est traduit en 2019 par une suppression totale des droits de douane sur le vin australien, la Chine est devenue le premier marché à l’international des viticulteurs australiens.

Leurs exportations y ont atteint 1,28 milliards de dollars australiens (731 millions d’euros) l’an dernier. Du coup, l’Australie est aussi devenue en 2019 le premier pays fournisseur de vin à la Chine en valeur, devant la France et le Chili, et même en volume au premier semestre 2020.

Néanmoins, en mai, la Chine a imposé des droits de douane de 80,5% sur l’orge australienne, accusant ses producteurs de dumping. Cette mesure a été suivie d’une suspension temporaire des importations de viande de bœuf.

L’annonce avait suivi une demande du gouvernement australien de mettre en place une enquête indépendante sur les origines du nouveau coronavirus, repéré pour la première fois fin 2019 dans la ville chinoise de Wuhan.

Une “provocation” selon les autorités chinoises, dont la liste des reproches à l’encontre de l’Australie, l’un des premiers pays à avoir, dès 2018, interdit au spécialiste de la téléphonie Huawei l’accès au marché de la 5G, ne cesse de s’allonger.

Fin juillet, le gouvernement australien a rédigé une déclaration aux Nations unies, dans laquelle il estime que les revendications de la Chine en mer de Chine méridionale n’ont “pas de base légale”. Canberra était jusqu’alors resté neutre dans ce dossier.

 

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