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Les îles du Pacifique mettent la pression sur la conférence climat de Paris

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Pour les micro-Etats du Pacifique, en première ligne face au réchauffement de la planète, un accord global sur le climat est une question de survie. D’où l’appel de détresse qu’ils lanceront cette semaine aux participants de la prochaine conférence de Paris.

L’altitude moyenne de certains pays du Forum des îles du Pacifique (FIP), dont les 15 membres se réunissent de lundi à vendredi à Port-Moresby, la capitale de Papouasie-Nouvelle-Guinée, n’est que de quelques mètres.

La montée du niveau des océans qui accompagne le réchauffement climatique fait planer la menace d’un engloutissement pur et simple de certains de ces Etats si vulnérables, dont la part dans les émissions mondiales de CO2 est pourtant insignifiante.

Après une hausse moyenne de 20 cm au XXe siècle, les océans devraient encore s’élever de 26 à 86 cm à l’horizon 2100 par rapport à la moyenne 1986-2005, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), référence au niveau mondial.

« Ce qui se passe en ce moment n’est pas uniforme, mais c’est rapide, extrême et destructeur », explique le président des Palaos, Tommy Remengesau, qui préside également le FIP.

« Il y a un danger immédiat pour tous les petits pays insulaires », poursuit-il. « Le changement climatique fait des dégâts dès aujourd’hui. Ce n’est pas un événement qui se produira dans le futur. »

Cela fait plus d’une décennie que le sommet annuel du Forum des îles du Pacifique est l’occasion de constats aussi alarmants que concrets sur les problèmes d’érosion du littoral, l’intensification des cyclones, l’impact sur les ressources halieutiques ou la destruction des terres arables par les remontées d’eau de mer.

– Dépasser les égoïsmes nationaux –

Pour ces micro-Etats aux finances limitées, le réchauffement climatique a d’ores et déjà un coût difficilement supportable.

Aux Iles Marshall, des cimetières ont été inondés. Au Vanuatu, un village a déjà été déplacé, un aéroport est inutilisable à marée haute et des routes sont menacées.

Aux Kiribati, on a pris les devants en achetant des terres aux Fidji, en prévision d’une éventuelle évacuation.

« Une élévation du niveau de la mer d’un mètre peut rendre la vie dans certains de ces pays impossible », a expliqué l’ancien Premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer lors d’une rencontre sur le changement climatique organisée à Wellington par l’ambassade de France.

« On parle de la destruction d’une culture », a-t-il dénoncé. « C’est terrible et nous ne faisons rien. »

La COP 21 qui réunira 195 pays du 30 novembre au 11 décembre va tenter d’aboutir à un accord contre le réchauffement climatique. 

Il va s’agir de dépasser les égoïsmes nationaux pour parvenir à des engagements pour contenir la hausse des températures à 2 degrés par rapport à l’ère pré-industrielle.

A l’instar de la COP21, le FIP pourrait cette semaine être le lieu d’intenses négociations pour la formulation de l’appel. 

En effet, les deux plus grands pays de l’organisation, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont souvent été accusés de traîner les pieds sur le sujet.

Mais il est hors de question pour le président des Kiribati, Anote Tong, que Canberra et Wellington imposent leurs vues aux Etats insulaires menacés dans la rédaction de cette déclaration commune.

« Je ne sais pas ce que ces deux pays ont comme problème », a déclaré M. Tong. « Mais je sais que nous aurons de gros problèmes si nous ne produisons pas une déclaration forte. Il faut agir dès que possible. »

par Bernadette CARREON – AFP

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franckprovost
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