L’UE lui a jusqu’ici opposé une fin de non-recevoir, et les deux camps accélèrent leurs préparatifs pour faire face à un divorce désordonné, dont la perspective devient de plus en plus concrète.

La Chambre des communes s’est déjà prononcée contre le principe d’un “no deal”. Pour empêcher qu’un tel scénario se réalise, les députés pourraient tenter de voter des lois forçant l’exécutif à reporter le Brexit, voire à y renoncer.

Si cette stratégie échoue, le Parti travailliste, principale formation d’opposition, pourrait soumettre une motion de censure qui, si elle passe, pourrait aboutir à des élections générales anticipées.

Et si Boris Johnson n’a plus la confiance des députés?

Le Premier ministre dispose alors de 14 jours pour tenter de renverser la vapeur et rallier une majorité de soutiens. Sinon, il doit convoquer des élections.

Durant cette période, un autre membre de son Parti conservateur peut s’y essayer, de même que les travaillistes. Mais les divisions sont telles au Parlement qu’il paraît peu probable que l’opposition et les conservateurs rebelles puissent s’accorder sur un nom.

Mais, selon Catherine Haddon, du centre de réflexion Institute for Government, même si un Premier ministre alternatif était désigné, Boris Johnson devrait d’abord démissionner. Et il peut refuser et se tourner vers les urnes.

Que deviendrait le Brexit?

Tout dépend du vainqueur des élections. Le référendum de 2016 ayant décidé du Brexit a profondément divisé les Britanniques et mis à mal les allégeances traditionnelles aux partis politiques.

L’équipe de Boris Johnson promet de mettre en oeuvre le Brexit coûte que coûte, mais le vote eurosceptique pourrait également être capté par le Parti du Brexit de Nigel Farage.

Le leader travailliste Jeremy Corbyn est quant à lui embourbé dans une crise sur l’antisémitisme au sein de son parti et peine à clarifier sa position sur le Brexit.

Et les Libéraux-démocrates, pro-UE, gagnent du terrain.

Si des élections sont décidées dans la foulée de la rentrée parlementaire le 3 septembre, le scrutin pourrait encore se tenir de justesse avant la date prévue du Brexit.

Mais Boris Johnson dispose d’une carte majeure: il reste maître du calendrier et peut choisir la date du scrutin, en respectant certains délais légaux. Libre à lui donc de les fixer après le 31 octobre, une fois le Brexit réalisé.