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Australie : une nouvelle donne géopolitique pour de nouvelles menaces

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A l’occasion d’un plan de modernisation de l’Australian Secret Intelligence Service, son directeur adjoint Nick Warner nous livre les menaces et les défis sécuritaires que l’Australie devra résoudre à court et moyen-terme. 

« L’écosystème géopolitique dans lequel l’Australie vivait depuis la fin de la Guerre Froide a profondément changé. Les États-Unis ne sont plus le gendarme du monde et l’Australie ne peut plus se réfugier ad-vitam aeternam sous son aile. Elle doit assurer seule sa sécurité intérieure comme extérieure. »

La mise en garde est claire et vient de Nick Warner, le directeur adjoint l’Australian Secret Intelligence Service, l’équivalent de notre DGSE.

Dans une interview accordée à nos confrères d’ABC News, Nick Warner estime qu’au moins « 4 menaces pourraient affecter la sécurité de l’Australie à moyen-terme ».

  • La première des menaces pourrait être celle de l’intensification des tensions entre la Chine et les États-Unis. « L’essor de la Chine est d’une importance vitale pour la prospérité économique de l’Australie« , déclare M. Warner. Mais il prévient que de la surenchère militaire entre la Chine et les États-Unis, notamment en Mer de Chine Méridionale, aura des répercussions sur l’Australie. « Entre la Route de la Soie chinoise, les contentieux sino-japonais et la présence de la 7e flotte américaine, cet espace géopolitique est un véritable coktail Molotov » glisse l’expert.

 

  • La deuxième menace selon Warner est celle de la cyber-activité qui « ne change pas seulement les contours du renseignement mais bouleverse bien d’autres domaines » Selon lui, les innovations en nanotechnologie, en informatique quantique, en biologie synthétique, ainsi qu’en reconnaissance faciale sont un défi majeur pour l’Australie qui doit « s’armer » contre des ingérences étrangères.

 

  • La question du terrorisme est évoquée avec notamment l’épineuse question du retour des djihadistes nationaux après la déroute de l’État islamique en Syrie et en Irak. Warner estime que l’ASIS doit concentrer ses efforts sur ces revenants qui sont prêts à tout pour mourir en martyr sur le sol australien. Mais en parallèle l’État et ses relais dans la société civile doivent épauler les services de renseignement par un processus de déradicalisation sur le terrain. Nick Warner estime également que la résurgence de l’ultra droite identitaire peut poser « d’énormes problèmes à l’avenir. » Forte d’une nouvelle idéologie meurtrière, l’ultra-droite militariste est donc à surveiller de très près selon l’expert.

 

  • Enfin dernier spectre : la Corée du Nord. M. Warner estime que le président américain Donald Trump a fait ce qu’il fallait en quittant le sommet d’Hanoi en février dernier : « Soyons réalistes, nous sommes encore très loin d’un désarmement complet, vérifiable et irréversible » estime-t-il avant poursuivre : « la capacité de projection des têtes nucléaires nord-coréennes peut frapper partout dans la région » Selon ce haut gradé du renseignement intérieur, l’ONU doit rétablir les règles d’un droit international trop souvent bafoué afin de restaurer une solide sécurité collective.

La prise en compte de ces menaces, nous dit l’expert, doit s’accompagner d’une véritable réflexion nationale quant à l’équilibre fragile et précaire entre liberté et sécurité. L’État se doit d’apporter une réponse raisonnable afin de ne pas sacrifier nos libertés publiques sur l’autel des angoisses et des fantasmes sécuritaires.


 

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