L’idée de déplacer la capitale d’un État n’est pas une première même si cette démarche demeure exceptionnelle. De Brasilia à Astana, en passant par Gitega, les exemples récents et à venir ne manquent pas et les motifs de ces déménagements sont parfois surprenants.

Brasilia

Inaugurée en avril 1960, Brasilia a été créée, à l’initiative du président Juscelino Kubitschek, dans le but de transférer le siège du pouvoir fédéral au centre géographique du Brésil. Elle remplace Rio de Janeiro, la capitale depuis 1763 devenue trop petite. Conçue par l’architecte Oscar Niemeyer, la ville construite en quatre ans est alors considérée comme un joyau futuriste. Brasilia, déclarée par l’Unesco “patrimoine culturel de l’humanité”, compte aujourd’hui près de 2,9 millions d’habitants.

Islamabad

Construite comme une vitrine moderne et fonctionnelle du Pakistan vingt ans après son indépendance, Islamabad devient en août 1967 le siège du gouvernement et des organes administratifs et diplomatiques. Elle succède à Rawalpindi qui, elle-même, avait remplacé Karachi, première capitale du Pakistan jusqu’en 1959 et qui demeure le poumon économique du pays.

Yamoussoukro

En mars 1983, Yamoussoukro, le village natal de l’ex-président Félix Houphouët-Boigny, devient la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire. Avec ses quelque 200 000 habitants, la grosse bourgade, située dans le centre du pays, n’a toujours pas réussi à attirer l’Assemblée nationale, les ministères, les ambassades et les sièges des grandes entreprises qui ont préféré rester à Abidjan, la capitale économique.

Abuja

Bâtie de toutes pièces dans le centre du Nigeria, Abuja est devenue officiellement la capitale fédérale en décembre 1991, pour désengorger Lagos, métropole sur le littoral atlantique, restée la capitale économique.

Berlin

En juin 1991, moins d’un an après la réunification, Berlin, ancienne capitale est-allemande, est choisie par les députés pour devenir la nouvelle capitale de l’Allemagne réunifiée au détriment de Bonn. Les grandes instances politiques s’installeront à Berlin, pour l’essentiel durant l’été 1999, au terme d’un déménagement colossal qui a duré plusieurs mois.

Astana

Astana, située au milieu des steppes inhospitalières du nord du Kazakhstan (dévorée par les moustiques en été et frigorifiée en hiver), devient en décembre 1997 la capitale de cette ex-République soviétique, remplaçant Almaty (nord-est). En 2019, la ville est renommée du prénom du président Noursoultan Nazarbaïev, qui a supervisé son développement architectural. Sa population est passée en moins de vingt ans de 280 000 à un million, selon le gouvernement.

Naypyidaw

En novembre 2005, la junte militaire alors au pouvoir en Birmanie annonce le transfert de la capitale de Rangoun vers Naypyidaw. Située à 400 kilomètres au nord, au cœur de la jungle, la cité administrative a été bâtie dans le plus grand secret. Les fonctionnaires reçoivent l’ordre d’y emménager en 48 heures sous peine d’emprisonnement.

Gitega

Ancienne capitale du royaume de l’Urundi, Gitega est située sur les hauts plateaux du centre du Burundi, offrant l’avantage d’un climat frais, contrairement à Bujumbura, implantée à une centaine de kilomètres à l’ouest, sur les rives du lac Tanganyika. L’idée d’en faire la capitale politique du Burundi avait été évoquée en 2005, avant d’être abandonnée, notamment pour des raisons financières. Le fantasque président Nkurunziza, a relancé l’idée et l’a fait voter en décembre dernier par le Conseil des ministres. Cette décision vient répondre à une promesse de 2007. À l’époque, il avait justifié ce choix par la position centrale de la ville de Gitega. Sauf que pratiquement rien n’a été fait depuis onze ans pour préparer la deuxième ville du pays à devenir la capitale politique du pays. Gitega est restée une petite ville de l’intérieur du pays de quelque 30 000 habitants. Elle ne compte pratiquement pas d’industries, très peu d’hôtels, de restaurants ou de maisons à louer. Beaucoup s’interrogent.

Le “Nouveau” Caire

L’Égypte prévoit un changement de capitale administrative avec la création d’une nouvelle ville dans le désert située à environ 45 km du centre du Caire, ville surpeuplée de près de 20 millions d’habitants.