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Maisons closes illégales : le trafic d’êtres humains favorisé par le vide législatif

Fairfax Media a récemment révélé que les plaintes concernant des lieux de prostitution clandestins ont augmenté d’un tiers à Sydney au cours des 12 derniers mois. 80 enquêtes sont actuellement en cours et l’une d’elles concerne un établissement installé à moins de 100 mètres de St Andrew’s Cathedral School dans le centre de Sydney.

L’impuissance des Conseils Municipaux

En mai 2016, un projet de loi visant à mieux réglementer le commerce du sexe dans l’état de Nouvelle-Galles du Sud n’avait finalement pas été adopté par le Parlement.

Cette nouvelle législation faisait pourtant suite à une enquête commanditée par le Gouverneur de l’époque, Mike Baird, en réaction aux révélations de Fairfax Media sur les lieux de prostitution clandestine. Fairfax Media avait en effet montré l’impuissance des Conseils Municipaux, faute de moyens légaux, à endiguer la multiplication de maisons closes ouvertes par centaines sous la fausse appellation de centres de massage thérapeutique.

Le trafic d’êtres humains favorisé par le vide législatif

Un an après que la proposition de loi ait été rejetée, des voix s’élèvent de nouveau en faveur d’une meilleure réglementation du commerce du sexe. Lors d’une récente enquête parlementaire sur le trafic d’êtres humains, Linda Howlett, chef de la brigade de police dédiée aux crimes sexuels en Nouvelle-Galles du Sud, et Nick Kaldas, précédemment chef adjoint de la police, ont sonné l’alarme sur les conséquences de la non réglementation des maisons closes.

Profitant du vide législatif, ces établissements exploitent des travailleurs du sexe d’origine étrangère. Les travailleuses du sexe en provenance d’Asie, souvent sous visa d’étudiant ou de touriste, sont littéralement traitées comme des esclaves. Vivant dans la clandestinité, elles ne connaissent pas leurs droits et ne sont pas suivies médicalement— contrairement aux prostituées australiennes qui elles, ont accès à l’information et aux contrôles de santé. Rappelons qu’en Nouvelle-Galles du Sud, la prostitution ne constitue pas un délit.

Les mesures qui pourraient être envisagées

Deux mesures phares sont recommandées par les représentants des forces de l’ordre.

D’une part l’enregistrement des prostituées qui devraient, pour exercer leur activité en toute légalité, demander un permis. Cela permettrait de mieux les suivre et les protéger contre une exploitation inhumaine.

D’autre part, la mise en place d’une force de police dédiée, travaillant en collaboration avec les Conseils Municipaux, ayant l’autorisation de pénétrer dans ces maisons closes afin d’y constater les infractions. Actuellement, afin de prouver l’activité illégale au sein de tels établissements, les Conseils Municipaux en sont parfois réduits à utiliser l’argent des contribuables pour payer des détectives privés.

De telles mesures avaient été rejetées par le gouvernement de Mike Baird, qui craignait qu’elles recriminalisent la prostitution et mettent en danger la santé des travailleuses du sexe. De plus, tout le monde a encore en mémoire un scandale de corruption de la police lié au milieu de la prostitution, dans les années 90, suite auquel les pouvoirs de la police en la matière avaient été réduits.

Cependant, comme l’affirme Mrs Howlett, les questions éthiques quant à l’exploitation d’êtres humains dans ces maisons closes clandestines justifieraient à elles seules d’envisager à nouveau une meilleure réglementation de l’industrie du sexe.

Source : smh.com.au

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