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Malcolm Turnbull, un multimillionnaire républicain et … "arrogant"?

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Le nouveau Premier ministre de l’Australie, Malcolm Turnbull, a mené une carrière brillante, entre droit, banque d’affaires et politique. Il est admiré pour son éloquence mais ses contempteurs lui reprochent une certaine arrogance.

Dans une salle d’audience comme dans un conseil d’administration, c’est un adversaire qu’il ne faut pas sous-estimer. Aujourd’hui, ce multimillionnaire de 60 ans aura besoin de tout son charme pour réussir à unir Parti libéral, principale formation de la coalition conservatrice au pouvoir.

Certains ont d’ores et déjà condamné le putsch surprise qu’il a orchestré pour défaire le Premier ministre conservateur sortant Tony Abbott, arrivé au pouvoir il y a tout juste deux ans. 

« C’est le geste d’un égoïste, qui a montré à maintes reprises qu’il est dépourvu d’esprit d’équipe et qu’il agit en fonction de ses propres intérêts », a dénoncé l’ancien Premier ministre de l’Etat de Victoria, Jeff Kennett.

D’autres pensent au contraire que Malcolm Turnbull, entré en politique en 2004, est le mieux placé pour remporter les prochaines élections, alors que les sondages donnent les travaillistes gagnants.

Son habileté avec les mots, y compris pour décrire l’économie, et sa passion pour les médias numériques figurent selon eux parmi ses grandes qualités.

« C’est un homme très intelligent », dit de lui l’ancien Premier ministre libéral John Howard. « Il sait expliquer les concepts économiques avec une grande clarté et une grande lucidité ».

Il avait déjà dirigé le Parti libéral, entre septembre 2008 et décembre 2009.

Le parti était alors dans l’opposition et Malcolm Turnbull en avait perdu la direction lorsqu’il avait refusé d’abandonner un programme d’échanges de quotas d’émissions de carbone destiné à lutter contre le changement climatique, une politique à laquelle était hostile une bonne partie de sa formation.

– Elevé par son père –

Son soutien au mariage gay, son insistance pour dire qu’il ne faut pas surestimer la menace représentée par l’organisation Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, ou son désir de voir l’Australie devenir une République, ont également fait des vagues dans les rangs conservateurs.

Malcom Turnbull, qui pèserait plus de 100 millions de dollars australiens, est l’un des parlementaires les plus riches d’Australie.

Avec sa femme Lucy, ancienne maire de Sydney et philanthrope, ils forment un couple puissant et leur luxueux domicile sur le front de mer de Sydney fait parfois jaser. 

Tant son arrogance supposée que sa richesse font dire à ses détracteurs qu’il est coupé des réalités de la vie des Australiens ordinaires. 

« Pour être tout à fait juste, c’est dur d’être proche des besoins des gens quand on est multimillionnaire et qu’on vit dans une villa rose sur le port de Sydney », ironise le travailliste Jason Clare.

Depuis des années, Malcom Turnbull rêve d’être Premier ministre, selon les médias. 

Malcolm Bligh Turnbull a été élevé par son seul père après le départ de sa mère lorsqu’il avait neuf ans. 

Il fut scolarisé dans un établissement d’élite, la Sydney Grammar School, après avoir obtenu une bourse d’études, avant de poursuivre son éducation à l’université d’Oxford, également grâce à une bourse.

Il a d’abord travaillé comme journaliste puis est devenu avocat. Au barreau, il a conquis ses lettres de noblesse en défendant dans les années 1980 l’ancien agent du renseignement britannique Peter Wright lors de la bataille qui l’avait opposé au gouvernement britannique après la publication de son livre « Spycatcher ».

Puis, il était entré dans le monde des affaires, devenant banquier et investissant dans les start-up technologiques. 

Il est entré en politique en menant campagne pour que l’Australie coupe les ponts avec la couronne britannique et se métamorphose en République. Si cette initiative est resté infructueuse, il a réussi en octobre 2004 à faire son entrée au Parlement fédéral, devenant en 2007 ministre de l’Environnement.

Lorsqu’il avait perdu le Parti libéral en 2009 à une voix près au profit de Tony Abbott, il avait failli renoncer à la politique. Mais, finalement, M. Abbott l’avait convaincu de rester et il était devenu son ministre des Communications. 

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