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Malte: les dirigeants européens face au défi migratoire et à Trump

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La Valette (AFP) – Les dirigeants européens se sont efforcés vendredi à Malte d’afficher leur unité face au défi migratoire, avant de tenter de fixer un cap à l’Union, ébranlée par le Brexit et l’arrivée de la nouvelle administration Trump.

« Il est temps de fermer la route allant de la Libye à l’Italie », a clamé dès jeudi soir le président du Conseil européen Donald Tusk, à la veille de ce sommet informel de l’UE.

La Libye, en proie à l’instabilité politique et sécuritaire, est incontournable dans toute solution à une crise migratoire qui secoue l’Union européenne depuis plus de trois ans.

Le président de la Commission Jean-Claude Juncker a appelé ses collègues à soutenir la démarche de l’Italie, qui vient de signer un accord avec le chef du gouvernement d’union nationale de Tripoli, Fayez al-Sarraj, destiné essentiellement à renforcer les frontières libyennes.

Dix mois après la quasi-fermeture de la route migratoire passant par la mer Egée, un nombre record de traversées a été enregistré via la Méditerranée centrale: plus de 181.000 tentatives en 2016, dont 90% partis de Libye.Record de morts en mer aussi au cours des trois derniers mois, treize fois plus qu’à la même période un an plus tôt, a déploré l’Unicef.

Après l’accord scellé en mars 2016 avec la Turquie, l’UE continue de vouloir endiguer « en amont » l’afflux de migrants, avant qu’ils n’arrivent sur le sol européen.

– Aider la Libye –

« Nous savons que la situation des réfugiés est dramatique en Libye.C’est pour cela que nous devons procéder dans le même contexte qu’en Turquie: empêcher l’illégalité, mettre fin au jeu des passeurs et des trafiquants et améliorer la situation des réfugiés », a expliqué la chancelière Angela Merkel.

Selon un projet de conclusions du sommet obtenu par l’AFP, la priorité est de renforcer un programme de formation des garde-côtes libyens, qui agissent dans leurs eaux territoriales où ne peuvent entrer les opérations de sauvetage et de surveillance chapeautées par l’UE. 

L’Union se fixerait également pour objectif d’améliorer la situation économique des communautés locales en Libye et de coopérer avec le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l’Onu et l’Organisation internationale des migrations (OIM) pour assurer de bonnes conditions d’accueil aux migrants stoppés.

Dans un communiqué commun jeudi, les deux agences ont d’ailleurs exhorté les Européens à ne pas recourir à la « détention automatique…dans des conditions inhumaines en Libye » mais d’opter pour « la création de services d’accueil appropriés ».

L’UE devra trouver un délicat équilibre dans sa réponse, dans le respect des valeurs qu’elle défend quand elle s’oppose au décret anti-immigration du président américain Donald Trump.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a assuré vendredi que l’UE pouvait se « différencier » sur la question par une approche ayant pour objectif de « sauver des vies ».

Par contre, l’idée, soutenue par plusieurs pays européens, de voir instaurer des camps depuis lesquels les migrants pourraient directement déposer leur demande d’asile en Libye n’est « pas encore mûre pour le sommet », selon une source européenne.

– L’UE face à Trump –

Au déjeuner, les 28 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE devaient évoquer les défis engendrés par la nouvelle donne géopolitique, et en particulier les débuts tonitruants de Donald Trump.

Theresa May, premier chef de gouvernement européen à rencontrer le président américain, transmettra à ses homologues de l’UE l’assurance que ce dernier « soutient à 100% l’Otan », mais leur demandera de respecter leur engagement de débourser 2% de leur PIB dans le secteur de la défense, a indiqué Downing Street.

« Il ne peut pas être accepté qu’il y ait, à travers un certain nombre de déclarations du président des Etat-Unis, une pression sur ce que doit être l’Europe ou ce qu’elle ne doit plus être », a assuré de son côté François Hollande à La Vallette.

Dans le même esprit, Angela Merkel a réitéré que l’Europe avait son destin entre ses mains.

« Je crois que plus nous disons clairement comment nous définissons notre rôle dans le monde, mieux nous pouvons gérer nos relations transatlantiques », a-t-elle avancé.

L’ombre de M. Trump devrait aussi planer sur la deuxième partie du sommet qui se déroulera à 27, sans le Royaume-Uni, de facto écarté pour une discussion sur l’avenir de l’UE après le référendum de juin 2016 en faveur du Brexit.


Source: AFP
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