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Méditerranée : la Turquie prolonge ses recherches gazières, l’escalade continue

La Turquie a annoncé jeudi de nouvelles manœuvres militaires en Méditerranée orientale et l’extension de ses recherches dans une zone riche en hydrocarbures, faisant fi des appels européens à apaiser les tensions avec la Grèce.

Face à cette escalade marquée par les manœuvres militaires rivales la veille de la Grèce et de la Turquie en Méditerranée, l’Allemagne, qui s’efforce de calmer les esprits par une médiation, a plaidé jeudi pour une “solution diplomatique”.

Mais, sur le terrain, l’heure est aux tambours de guerre : la marine turque a annoncé que le navire sismique Oruç Reis, dont la mission devait prendre fin jeudi, effectuerait des recherches d’hydrocarbures dans une zone revendiquée par la Grèce jusqu’au 1er septembre.

C’est justement le déploiement de l’Oruç Reis et de son escorte militaire au sud de l’île grecque de Kastellorizo, le 10 août, qui a suscité l’ire d’Athènes et déclenché l’accroissement des tensions toujours en cours.

L’extension des opérations de l’Oruç Reis permet de voir “qui veut une désescalade et qui ne la souhaite pas et qui prétend vouloir un dialogue et qui le souhaite vraiment”, a commenté une source diplomatique grecque.

Dans une indication que les tensions vont durer, le Parlement grec a ratifié jeudi soir un accord bilatéral sur la délimitation des zones maritimes entre la Grèce et l’Egypte en Méditerranée orientale, qui suscite la colère de la Turquie.

Ce texte est en effet considéré comme une riposte à un accord turco-libyen signé fin 2019 autorisant Ankara à accéder à des eaux revendiquées par la Grèce.

– Exercices de tir –

Dans un signe de défiance, le ministre turc de la Défense Hulusi Akar a assuré jeudi que l’exploration gazière d’Ankara durerait “aussi longtemps” que “nécessaire”.

La marine turque a aussi annoncé jeudi qu’elle procèderait à des “exercices de tir” les 1er et 2 septembre au large d’Iskenderun, dans une zone située au nord-est de l’île de Chypre.

Mais ces manœuvres n’inquiètent pas Athènes car elles se déroulent loin de la Grèce, a dit une source militaire grecque à l’AFP.

Face à cette situation volatile, les manœuvres militaires rivales “doivent cesser” pour permettre le dialogue entre Athènes et Ankara, a déclaré jeudi le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

“Les parties ne vont pas s’asseoir à la même table alors que des bâtiments de guerre se font face” dans la région, a regretté M. Haas au début d’une réunion des ministres européens qui se prolongera vendredi.

Le président américain Donald Trump s’est entretenu au téléphone mercredi avec le chef d’Etat turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

A M. Erdogan, il a exprimé son inquiétude à propos de “la hausse des tensions” entre la Grèce et la Turquie, toutes deux alliées au sein de l’Otan, selon la Maison Blanche.

M. Mitsotakis a affirmé qu’Athènes était prêt à une “désescalade significative à condition que la Turquie arrête immédiatement ses actions de provocation”.

– “Caïds” –

Le différend sur les frontières maritimes entre la Turquie et la Grèce est ancien, mais il a pris une toute autre dimension avec la découverte, depuis une décennie, d’immenses réserves de gaz naturel en Méditerranée orientale.

Ankara exprime régulièrement son agacement au sujet de l’intervention des pays européens, en particulier de la France, et des Etats-Unis dans son contentieux avec la Grèce.

Le ministre turc de la Défense a ainsi accusé jeudi la France de contribuer à l’escalade en déployant des avions de guerre à Chypre pour exprimer son soutien à Athènes.

“Le temps des caïds est révolu. Vous n’avez aucune chance d’obtenir quoi que ce soit de nous en agissant de la sorte”, a affirmé M. Akar, qui a en outre appelé la Grèce à un dialogue direct avec la Turquie.

“Nos voisins grecs devraient savoir qu’ils ne pourront rien obtenir en appelant les pays comme la France (…) Nous, les Turcs et les Grecs, devons régler nos problèmes nous-mêmes par le dialogue”.

La Grèce a plusieurs fois réclamé, sans succès, des “sanctions” de l’Europe à l’encontre de la Turquie.

Athènes pourrait reformuler sa demande à l’occasion de la réunion jeudi et vendredi des 27 de l’UE à Berlin.

 

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