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Mondial-2015 – Sept précédentes éditions: Une spécialité du Sud

franckprovost

La Nouvelle-Zélande, sacrée en 1987 et 2011, l’Australie (1991 et 1999), l’Afrique du Sud (1995 et 2007): les nations de l’hémisphère sud ont empoché 6 des 7 titres déjà mis en jeu, et seule l’Angleterre (2003) s’est invitée dans le cercle très fermé des vainqueurs de la Coupe du monde de rugby.

 . 1987 (Nouvelle-Zélande et Australie): les All Blacks, premiers sur la liste

Finale: à Auckland, Nouvelle-Zélande bat France 29-9

Match pour la 3e place: à Rotorua, pays de Galles bat Australie 22-21

Les deux voisins océaniens unissent leurs forces pour organiser cette première édition qui rassemble pendant un mois 16 équipes qualifiées d’office ou invitées. L’Afrique du Sud, alors boycottée par les autres nations en raison de sa politique d’apartheid, est le seul absent de marque.

Le XV de France, qui a réalisé le Grand Chelem dans le Tournoi des Cinq nations au printemps, crée la sensation en demi-finale en dominant l’Australie (30-24) à Sydney grâce à un essai en coin de Serge Blanco à l’ultime minute.

En finale, les hommes de Jacques Fouroux ne résistent cependant pas longtemps aux All Blacks (29-9), portés par la botte de l’ouvreur Grant Fox, auteur au total de 126 points (record sur une Coupe du monde), et qui ont étrillé le pays de Galles (49-6) en demi-finale.

Devant son public, à l’Eden Park d’Auckland, le capitaine néo-zélandais David Kirk est le premier à brandir le trophée Webb-Ellis, remis par le président de l’International Rugby Board (IRB) et grand artisan de la création de la compétition, le Français Albert Ferrasse.

. 1991 (France et Grande-Bretagne): Le premier titre de l’Australie

Finale: à Twickenham, Australie bat Angleterre 12-6

Match pour la 3e place: à Cardiff, Nouvelle-Zélande bat Ecosse 13-6

La Coupe du monde, pour la première fois organisée dans l’hémisphère Nord, consacre une deuxième nation du Sud: l’Australie, portée par la génération dorée des Farr-Jones, Lynagh, Little, Horan et autre Campese.

Les Wallabies ont pourtant failli s’arrêter en quarts de finale et n’ont dû leur succès (19-18) face à l’Irlande qu’à un essai de dernière minute de David Campese, grand bonhomme du Tournoi.

Après avoir éliminé le tenant du titre néo-zélandais en demi-finales, ils retrouvent en finale l’Angleterre, qui a éliminé la France au terme d’un quart de finale houleux (19-10) au Parc des Princes à Paris, à l’issue duquel l’arrière français Serge Blanco tire sa révérence internationale. En demi-finale, le XV à la Rose domine péniblement l’Ecosse à Murrayfield (9-6).

En finale, malgré le soutien de ses supporteurs à Twickenham, l’Angleterre subit la loi de l’Australie au terme d’un match fermé (12-6).

. 1995 (Afrique du Sud): Les Springboks sous l’oeil de Nelson Mandela

Finale: à Johannesburg, Afrique du Sud bat Nouvelle-Zélande 15-12 a.p.

Match pour la 3e place: à Pretoria, France bat Angleterre 19-9

L’Afrique du Sud organise et remporte la Coupe du monde, à laquelle elle participe également pour la première fois, quatre ans après la fin de l’apartheid en 1991.

Le président Nelson Mandela, élu en 1994 après avoir passé 27 ans de sa vie en prison, remet le trophée au capitaine sud-africain François Pienaar; une image symbole de sa volonté de réconcilier communautés noire et blanche de la nation arc-en-ciel.

En finale, les Boks dominent les grandissimes favoris néo-zélandais, emmenés par la première star planétaire d’un rugby qui va devenir professionnel dans les semaines suivantes: l’ailier Jonah Lomu, auteur de quatre essais en demi-finale contre l’Angleterre (45-29).

Ils profitent de la méforme surprenante des All Blacks, qui se sont plaints de maux de ventre, pour s’imposer grâce à un drop de leur ouvreur Joel Stransky durant la prolongation (15-12).

Les Sud-Africains étaient déjà passés de justesse en demi-finales contre la France (19-15) sous des trombes d’eau à Durban. La rencontre débuta avec une heure et demie de retard après que des femmes de ménage munies de raclettes eurent tenté de drainer le terrain. Les Français se souviendront longtemps de l’essai refusé à Abdelatif Benazzi qui avait aplati à quelques centimètres de la ligne.

Ils se consolent un peu en battant l’Angleterre (19-9) dans le match pour la 3e place: une première contre le XV à la rose depuis 1988.

Cette édition reste également marquée par la blessure de l’Ivoirien Max Brito, handicapé à vie après un traumatisme aux cervicales contre les Tonga.

 . 1999 (Grande-Bretagne, Irlande et France): L’Australie voit double

Finale: à Cardiff, Australie bat France 35-12

Match pour la 3e place: à Cardiff, Afrique du Sud bat Nouvelle-Zélande 22-18

L’Australie est le premier pays à remporter pour la deuxième fois la Coupe Webb-Ellis, en dominant en finale la France à Cardiff (35-12).

Le capitaine des Wallabies, le 2e ligne John Eales, comme les centres Tim Horan, titulaire, et Jason Little, remplaçant en finale, décrochent leur deuxième titre mondial lors de cette première édition à 20 équipes.

L’équipe entraînée par Rod McQueen s’appuie sur un jeu très scientifique et une défense de fer: un seul essai encaissé, contre les Etats-Unis, en six matches. En demi-finales, cet hermétisme permet aux Wallabies de résister au tenant du titre, l’Afrique du Sud, finalement dominée (27-21) après prolongation.

C’est cependant l’autre demi-finale qui marque les esprits. Le XV de France, poussif lors de la phase de poules, s’impose à la surprise générale (43-31) face aux All Blacks, une nouvelle fois arrivés avec un costume de favoris trop large pour eux.

Menés 24-10 à la 45e minute, après avoir encaissé notamment deux essais du bulldozer Lomu, les Français relèvent la tête grâce à Christophe Lamaison, dans un jour de grâce. L’ouvreur inscrit 28 points, dont l’un des quatre essais français. Twickenham entonne même La Marseillaise!

Autre exploit: en quarts de finale, l’ouvreur sud-africain Jannie De Beer crucifie les Anglais en inscrivant cinq drops au Stade de France (44-21).

. 2003 (Australie): L’Angleterre au nom du Nord

Finale: à Sydney, Angleterre bat Australie 20-17 a.p.

Match pour la 3e place: à Sydney, Nouvelle-Zélande bat France 40-13

Les Wallabies briguent une troisième couronne à domicile, après avoir une nouvelle fois anéanti les espoirs des éternels favoris néo-zélandais (22-10) en demi-finales.

C’est sans compter sur la précision diabolique de l’ouvreur Jonny Wilkinson, qui offre à l’Angleterre et à son pack de fer son premier titre planétaire en inscrivant un drop décisif de son mauvais pied, le droit, lors de la prolongation de la finale (20-17).

« Wilko », déjà bourreau au tour précédent de la France (24-7) noyée sous le rideau de pluie de Sydney après avoir été irrésistible en quarts de finale contre l’Irlande (43-21), reçoit la médaille de Membre de l’Empire britannique (MBE) comme le capitaine Martin Johnson, actuel entraîneur du XV de la Rose.

. 2007 (France, Pays de Galles, Ecosse): Les réalisme de l’Afrique du Sud

Finale: au Stade de France, Afrique du Sud bat Angleterre 15 à 6

Match pour la 3e place: à Paris, Argentine bat France 34 à 10

L’Afrique du Sud rejoint l’Australie au rang des nations sacrées à deux reprises après avoir écarté (15-6) l’Angleterre au terme d’une finale verrouillée.

Les Sud-Africains, leur ailier Bryan Habana, meilleur marqueur de la compétition (8 essais) et leur arrière Percy Montgomery, meilleur réalisateur (105 pts), avaient déjà terrassé le XV de la Rose en poules (36-0) avant de maîtriser les îles Fidji (37-20) en quarts de finale et l’Argentine en demies (37-13).

Les Pumas, grande révélation de cette sixième édition, terminent troisièmes après avoir infligé une seconde humiliation (34-10) à la France, déjà battue (19-12) lors du match d’ouverture. Les Français ratent « leur » Mondial en échouant une nouvelle fois en demi-finales face à l’Angleterre au Stade de France (9-14).

Ils finissent quatrièmes non sans avoir entretenu la légende et ouvert une voie royale aux Sud-Africains en éliminant la Nouvelle-Zélande (20-18) en quarts de finale à Cardiff.

. 2011 (Nouvelle-Zélande): La délivrance pour les All Blacks

Finale: à l’Eden Park d’Auckland, Nouvelle-Zélande bat France 8-7

Match pour la 3e place: à Auckland, Australie bat pays de Galles 21-18

Qu’elles furent longues ces dernières minutes… Tout un pays poussait derrière ses All Blacks, cramponnés à leur petit point d’avance face à la France, finalement battue (8-7) au terme d’une finale irrespirable.

Une nouvelle défaite aurait plongé la Nouvelle-Zélande dans un abîme de désespoir, tant l’attente était grande de conquérir un deuxième titre, 24 ans après le premier, déjà à domicile.

En fait, les ultimes minutes de la finale constituèrent le seul moment de frayeur pour les All Blacks, hégémoniques en poules (60 points de moyenne par match face aux Tonga, au Japon, au Canada et… à la France), et ultra-dominateurs en quarts (Argentine 33-10) et demi-finales (Australie 20-6).

Pendant ce temps-là, les Français accumulaient les difficultés, avec notamment deux défaites lors de la première phase, dont une infamante face aux Tonga (19-14). Mais un concours de circonstances –et notamment la victoire de l’Irlande sur l’Australie— offrit aux Bleus un tableau dégagé en phase finale. Deux victoires plus tard, face aux Anglais fantomatiques (19-12) et aux Gallois rapidement réduits à 14 (9-8), les Français entr’ouvraient la porte de la finale sous les lazzis de la presse locale.

Promis à la démolition, le XV de France échoue finalement à un point. Quatre ans plus tard, les coéquipiers de Thierry Dusautoir stigmatisent toujours l’arbitrage du Sud-Africain Craig Joubert coupable, à leurs yeux, de ne pas avoir osé pénaliser les All Blacks en fin de match pour ne pas désespérer tout un pays.

©AFP

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