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Nouvelle-Calédonie: Le requin-tigre mis à mort n'était pas le tueur

Hier matin, les pêcheurs auraient eu l’idée de l’exhiber sur la plage pour prendre quelques photos. C’est l’intervention de plusieurs autorités qui a empêché la sinistre mise en scène. Peu avant 9 heures, des hommes en bateau ont repéré un grand aileron. À quelques mètres du rivage de Déva, dans moins de deux mètres d’eau. Les hommes se seraient alors rapprochés avec l’idée de le capturer. Mais c’est finalement au harpon que la bête est achevée. L’alerte est donnée, et c’est vers 9 h 30 que la gendarmerie est informée. La carcasse de trois mètres est rapidement placée dans un dock de Bourail afin d’éviter l’affluence de curieux. Immédiatement, les experts sont contactés. Ils quittent alors Nouméa pour venir voir le spécimen. Les réactions sont alors nombreuses. Entre gêne et indignation.

Quatre requins-tigres dans le lagon

Du côté de la mairie, on assure que « cette action n’entre pas dans le cadre du dispositif prévu. Nous allions reprendre les recherches ce lundi (aujourd’hui), et nous ne cautionnons pas ce type d’agissement. » Mais devant le prédateur d’une demi-tonne, le constat ne peut être qu’évident. « Nous maintenons l’interdiction de baignade et de toute activité nautique sur le site de Poé. Il y en a d’autres. » Au total, il y aurait eu quatre requins-tigres repérés.

Du côté de la province Sud, c’est la surprise. « Nous avons certes donné une autorisation de capturer la bête, mais en aucun cas de la tuer, s’agace Nina Jullié, de la commission de l’environnement de la Maison Bleue. Nous avions simplement permis, et seulement dans le cas d’une détection dans le lagon, d’effectuer la capture. Nous sommes dans une zone protégée, c’est très grave. Il s’agit d’une infraction. »

La colère gronde d’autant plus qu’au fil des heures, la nouvelle se confirme. Il ne s’agit pas du requin auteur de l’attaque mortelle de samedi dernier à Poé (lire plus bas). La bête tuée est bien plus grande que le « juvénile » qui s’est installé en face de la maison des fonctionnaires.

 

« Une traque illégale »

De quoi mettre en rogne Mylène Aïfa, présidente du Comité de gestion de la zone côtière Ouest : « Ils ont lancé une véritable traque au requin et c’est illégal. Ils veulent se faire justice eux-mêmes. Mais justice pour quoi ? Bien évidemment que nous avons été touchés par cette attaque mortelle. Nous pensons à la victime. Mais maintenant ? Ils vont traquer et tuer tous les squales ? Il faut que les Bouraillais se montrent responsables. Nous comptons bien rencontrer la mairie aujourd’hui pour comprendre comment on a pu laisser faire ça. Le dossier doit être géré en coordination. » La mairie attendait justement d’avoir tous les éléments nécessaires sur le spécimen tué pour réagir. Une réunion avec plusieurs acteurs comprenant la province, des chercheurs, des élus, des gardes nature et des pêcheurs devrait avoir lieu dans la journée.

Sources: lnc.nc

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