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Enquête OCDE – Australie: "430 Australiens sont hospitalisés tous les jours en raison de l'alcool "

Les beuveries express ou “binge drinking”, à savoir l’absorption rapide de grandes quantités d’alcool, progressent chez les jeunes Occidentaux au point de devenir un phénomène “inquiétant”, selon un récent rapport de l’OCDE.  Quelque 34 pays développés (États-Unis, pays de l’Union européenne, Australie, Japon…) et émergents (Mexique, Chili, Turquie…) sont membres de l’OCDE.

“Notre préoccupation majeure est la consommation d’alcool chez les jeunes”, a souligné Stefano Scarpetta, directeur pour l’emploi, les politiques sociales et la santé à l’OCDE lors de la présentation du rapport intitulé “Lutter contre l’usage nocif de l’alcool”.

“Les niveaux de ‘consommation dangereuse’ et de ‘suralcoolisation épisodique’ chez les jeunes, notamment les femmes, ont augmenté dans de nombreux pays de l’OCDE”, résume l’organisation dans son rapport.

Un épisode de “binge drinking” correspond à l’absorption de cinq à huit verres d’alcool en une seule occasion comme une soirée ou une sortie. Une consommation “dangereuse” d’alcool correspond à l’absorption de plus 210 grammes d’alcool pur par semaine pour un homme et plus de 140 grammes pour une femme (un verre de vin ou un demi de bière correspondent à 10 grammes).

Une partie du phénFactoids_Mk5omène de “binge drinking” tient au fait que les boissons alcoolisées sont devenues “plus abordables” à l’achat pour les jeunes consommateurs, selon le rapport.

De plus, “des produits alcoolisés spécialement conçus et commercialisés pour plaire aux jeunes buveurs ont pu contribuer à changer l’attitude des jeunes générations vis-à-vis de l’alcool”, relève l’OCDE.

stata beerEn Australie, la part du vin a augmenté en 50 ans de 12 à 38%, avec une préférence pour le blanc  (270 millions de litres) face au rouge (190 millions de litres) en 2013-14.
Les experts en santé se sont félicités de la réduction de la consommation, mais affirment malheureusement qu'il n'y a pas de réduction des dommages liés à l'alcool. Nadine Ezard, la directeur Alcohol and Drug Service du St Vincent's Hospital à Sydney affirme même que les méfaits de l'alcool sont en augmentation. La consommation d'alcool est en effet juste après le tabac, la principale cause évitable de décès et d'hospitalisation.
"430 Australiens sont hospitalisés tous les jours en raison de l'alcool. Il cause la mort de 5500 Australiens chaque année. 20% des Australiens consomment encore de l'alcool à des niveaux qui auront des conséquences sur leur durée de vie" a déclaré le Dr Ezard. "
Il est temps pour l'Australie d'avoir une politique nationale efficace sur l'alcool et de mieux gérer son impact négatif."

– Publicités ciblées –

Grâce à des publicités ciblées en direction des jeunes, ces produits finissent par être associés à la fête, à la musique, à la séduction voire même aux sports.

“Les tendances observées parmi les jeunes constituent un problème majeur d’un point de vue social et de santé publique”, juge l’OCDE. Cette consommation excessive s’accompagne de risques accrus d’accidents de la route en particulier et entraîne des hospitalisations. En Australie, par exemple, le nombre de jeunes filles de 18 à 24 ans admises à l’hôpital à cause de l’alcool a doublé entre 1996 et 2006. Aux Etats-Unis, les hospitalisations pour coma éthylique chez les 18/24 ans ont progressé de 25% entre 1999 et 2008.

Parallèlement, l’âge du premier verre d’alcool et celui de la première ivresse baisse depuis le début des années 2000, selon une enquête réalisée dans tous les pays de l’OCDE.

La part des garçons qui, à 15 ans, n’ont jamais bu d’alcool est passée de 44% en 2001/02 à 30% en 2009/10. La proportion de ceux qui à 15 ans ont déjà été ivres au moins une fois, est passée de 30% à 43% sur la même période.

Pour Stefano Scarpetta, il faut s’attaquer à ce phénomène par un mélange de politiques générales contre l’alcoolisme et de politiques ciblées sur les jeunes. Comme mesures possibles, il cite la limitation des publicités sur l’alcool, la réduction du taux d’alcoolémie admis au volant et la taxation supplémentaire des boissons. 

Ce phénomène intervient alors que la consommation moyenne dans les 34 pays de l’OCDE, estimée à 9,1 litres d’alcool pur par habitant et par an, a eu tendance à reculer ces 20 dernières années (-2,5% entre 1992 et 2012).

Cette moyenne cache des tendances divergentes en Europe: la consommation a progressé au Royaume-Uni et en Irlande mais reculé nettement en Italie, Allemagne, Portugal, Espagne ou en France, même si ce dernier pays reste parmi les premiers en terme de consommation avec 11,8 litres par habitant et par an.

Sources: AFP/ SMH/FV

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