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Open d’Australie: après la quarantaine, des esprits sains dans des corps sains ?

Comment préparer un tournoi du Grand Chelem en passant tout ou le plus clair de son temps dans une chambre d’hôtel pendant deux semaines ? C’est l’équation imposée pour l’Open d’Australie, qui s’ouvre lundi à Melbourne. Avec quelles implications physiques et psychologiques ?

Rafael Nadal, Serena Williams (épaule), Naomi Osaka (épaule), Victoria Azarenka (dos) : invoquant un problème physique, ces quatre grands noms ont, soit renoncé en cours de tournoi cette semaine, soit joué aucun match pour l’Espagnol, dos douloureux depuis une dizaine de jours.

Simple principe de précaution à quelques jours du premier Grand Chelem de la saison ou alerte plus sérieuse ? Ces multiples forfaits de premier plan interrogent en tout cas sur les potentielles conséquences physiques de la quatorzaine.

La tenante du trophée de l’Open d’Australie, l’Américaine Sofia Kenin, voit un lien évident. “Rester dans une chambre deux semaines, sans jouer, sans s’entraîner, ce n’est évidemment pas la même chose que de jouer des matches, résume-t-elle. Après deux matches, j’ai très mal à la jambe.”

Nadal est beaucoup plus prudent. “Je ne sais pas, je n’aime pas trouver des excuses à ce qui m’arrive”, évacue le N.2 mondial.

– “Injouable” –

Il faut rappeler que tous n’ont pas été logés à la même enseigne. Une bulle VIP, pour le top 3 et les soeurs Williams, a posé ses valises à Adélaïde au lieu de Melbourne.

Dans le même temps, pour 72 joueurs et joueuses, les cinq heures de sortie quotidiennes initialement autorisées – minutées entre tennis, entraînement physique et repas – se sont purement et simplement envolées après la détection de cas de Covid-19 dans trois des vols spécialement affrétés pour transporter la caravane du tennis mondial jusqu’en Australie.

Pire encore: une joueuse, l’Espagnole Paula Badosa, testée positive plusieurs jours après son arrivée, a passé 21 jours à l’isolement complet, jusqu’à jeudi.

“Je n’avais pas de matériel de sport. Je faisais ce que je pouvais : des abdos, des flexions, de la musculation avec des bouteilles… Tout était très artisanal. Mon corps a beaucoup perdu pendant ces trois semaines. Comment est-ce que je vais pouvoir rivaliser avec des joueuses qui ont pu s’entraîner tous les jours ?”, s’interroge-t-elle dans le quotidien ibérique El Pais.

Pour Kenin, pas question pour autant de “sous-estimer” ceux contraints à une quarantaine absolue. “Ce n’est pas parce qu’ils ne se sont pas entraînés pendant deux semaines qu’ils ne savent plus comment jouer au tennis”, rappelle l’Américaine.

L’ancien champion suédois Mats Wilander est beaucoup plus inquiet pour eux. “C’est juste horrible. Physiquement, ça ne leur laisse qu’une semaine pour être prêt pour des matches en cinq sets. C’est injouable. Mentalement, on ne peut pas sortir de cet +emprisonnement+ sans être affecté. C’est humainement impossible”, estime-t-il dans L’Equipe dimanche.

– “Vous n’en pouvez plus…” –

L’aspect psychologique, et la lassitude mentale face à la répétition des contraintes sanitaires de tournoi en tournoi, c’est l’autre enjeu majeur.

Si Simona Halep se sent “bien mentalement”, “c’est très difficile de passer quatorze jours en quarantaine, croyez-moi”, lâche la N.2 mondiale.

“Quand, tous les jours, vous attendez votre plateau-repas dans votre chambre, ce n’est pas drôle”, décrit la Roumaine.

“C’est probablement pour ceux qui sont habitués à suivre une routine stricte, pour lesquels c’est difficile de s’adapter rapidement, que c’est le pire”, avance Osaka, dont les entraînements à Adélaïde ont été programmés aussi bien dès sept heures du matin qu’à dix heures du soir.

Son souci à elle ? “J’ai trop mangé parce que c’était le truc le plus excitant à faire en quarantaine”, sourit-elle.

Ballotés de bulles sanitaires en quarantaine depuis huit mois, joueurs et joueuses espèrent largement la même chose : que les choses reviennent à la normale au plus vite.

“A un moment donné, vous n’en pouvez plus de la chambre, des courts de tennis, vous avez besoin de voir des gens, de voir autre chose”, s’impatiente Halep, quand le N.3 mondial Dominic Thiem “espère que c’est le dernier Grand Chelem avec une quarantaine ou une bulle”.

Pour Serena Williams en revanche, c’est presque “business as usual”. “J’ai réalisé que ma vie est comme une quarantaine permanente, je ne sors pas beaucoup de chez moi en temps normal en fait, affirme-t-elle. C’est juste que là j’y étais forcée.”

 

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