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« Pardon! »: excuses nationales de l’Australie aux victimes de pédophilie

franckprovost

Le Premier ministre australien Scott Morrison a présenté lundi des excuses nationales aux victimes de pédophilie, en reconnaissant devant le Parlement que l’État n’avait pas été à la hauteur face à des « crimes maléfiques ».

« Ils ont été commis contre des Australiens par des Australiens, par des ennemis présents au milieu de nous », a dénoncé le Premier ministre dans un discours retransmis en direct par la télévision, avant d’évoquer les victimes.

« En tant que Nation, nous avons manqué à nos obligations à leur égard, nous les avons délaissées, et cela nous couvrira à jamais de honte », a-t-il ajouté, visiblement très ému en évoquant les violences sexuelles commises au sein d’institutions religieuses, mais aussi étatiques.

Après une décennie de révélations, le gouvernement australien avait finalement cédé en 2012 aux pressions et créé une Commission d’enquête royale sur les réponses institutionnelles aux crimes de pédophilie.

Cette Commission a rendu fin 2017 un rapport accablant. Elle avait été contactée par plus de 15.000 personnes disant avoir été victimes d’actes de pédophilie couverts par l’Église, des orphelinats, des clubs de sport, des écoles ou des organisations de jeunesse pendant de longues décennies, sans que les soupçons ne débouchent sur des enquêtes.

Plus de 4.000 institutions avaient été mises en cause, dont de nombreuses entités catholiques, dans ces témoignages souvent très éprouvants, au cours d’auditions publiques ou à huis clos.

Dénonçant des crimes commis « jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année, décennie après décennie » dans des écoles, des églises, des groupes de jeunesse, des groupes de scouts, des orphelinats, des clubs de sports, des foyers, M. Morrison a énoncé une nouvelle doctrine nationale à l’égard des victimes: « nous vous croyons. »

« Aujourd’hui, nous disons ‘pardon’ aux enfants vis-à-vis desquels nous avons manqué à nos obligations. Pardon! Aux parents dont nous avons trahi la confiance et qui ont lutté pour recoller les morceaux. Pardon! Aux lanceurs d’alerte que nous n’avons pas écoutés. Pardon! »

« Aux épouses, époux, enfants qui ont dû gérer les conséquences de ces abus, les dissimulations et les obstructions. Pardon! Aux générations passées et présentes. Pardon! »

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