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Pédophilie dans l’Eglise : un travail de transparence à géométrie variable sur le globe

franckprovost

AUSTRALIE

Après plusieurs scandales, une commission d’enquête royale mise en place par le gouvernement a enquêté pendant trois ans, de 2013 à 2017, au sein de l’Eglise mais aussi dans toutes les institutions en contact avec les mineurs (clubs de sport, écoles privées, orphelinats, etc.).

Elle a établi que c’est au sein des institutions religieuses que la majorité (58%) des agressions ont été commises. Entre 1950 et 2010, 7% des prêtres ont été accusés d’avoir commis des actes pédophiles. Entre 1980 et 2015, 4.444 cas d’abus sexuels ont été rapportés aux autorités de l’Eglise.

Des auditions de victimes ont été retransmises en direct, avec des témoignages qui ont choqué le pays. Cette commission a aussi entendu le cardinal Georges Pell, qui fait face en Australie à des poursuites pour des agressions sexuelles anciennes contre des enfants. Très proche du Pape, il a été écarté en décembre du cercle de ses conseillers.


ALLEMAGNE

A partir de 2010, différentes initiatives ont été prises: nomination d’un responsable « prévention », hotline pour les victimes, prise en charge des coûts de leur thérapie…

Un consortium de chercheurs universitaires a ensuite mené une enquête pendant quatre ans à la demande de l’Eglise qui a financé ces travaux mais n’a pas offert d’accès direct à ses archives.

Les résultats, présentés en septembre, sont accablants: au moins 3.677 enfants, en majorité des garçons de moins de 13 ans, ont été victimes d’abus sexuels entre 1946 et 2014 commis par 1.670 membres dont la plupart n’ont jamais été punis pour leur acte.

L’Eglise a alors annoncé plusieurs initiatives: meilleure écoute des victimes, appel à des +experts extérieurs+ pour aider les diocèses, standardisation dans la tenue des dossiers personnels des membres du clergé.

Mais pas d’avancée sur un point réclamé par les victimes : une complète collaboration avec la justice afin que les coupables soient jugés et que les victimes puissent être dédommagées. Actuellement, l’Eglise indemnise au cas par cas, sans aucune transparence.

ETATS-UNIS

En 2002, le Boston Globe révèle des abus sexuels massifs sur des enfants dans le diocèse de Boston et les efforts de la hiérarchie catholique pour les dissimuler. Un scandale d’ampleur national raconté dans le film « Spotlight ».

Dans la foulée, la Conférence nationale des évêques américains a adopté la « Charte de Dallas », instaurant une série de mesures pour protéger les enfants. Puis une commission nationale (National Review Board) a donné lieu en 2004 à un rapport instaurant des mesures très précises pour tous les diocèses: gestion des plaintes signalées, interaction avec les autorités civiles… La charte et les mesures ont été mises à jour plusieurs fois depuis.

En 2018, la Conférence des évêques a prévu de renforcer encore son dispositif après de nouveaux scandales, mais le Vatican en a demandé le report en attendant la conférence épiscopale qu’il organise fin février sur les abus sexuels.

Aucune mesure nationale n’a été adoptée sur les réparations.

En revanche, des programmes de dédommagement ont été actés ces dernières années par des diocèses locaux sous la forme d’accords confidentiels avec les victimes qui s’engagent en contrepartie de leur indemnisation à ne pas poursuivre au civil.

Des associations de victimes estiment qu’avec ces dédommagements, l’Eglise continue à échapper à la justice. Elles réclament aussi l’extension voire la suppression des délais de prescription.

Au niveau des Etats, plusieurs enquêtes ont été lancées par les procureurs pour faire toute la lumière sur des décennies d’abus.

Mi-août 2018, le procureur de Pennsylvanie a publié un rapport accablant détaillant les abus subis par plus de 1.000 enfants aux mains de plus de 300 prêtres, mais la quasi-totalité étaient déjà prescrits. Plusieurs autres Etats ont commandé une enquête sur leur situation.

IRLANDE

En 2009, la Commission dirigée par le juge Sean Ryan, après neuf ans d’enquête sur les institutions liées à l’Eglise (écoles, orphelinats…) publie un rapport en cinq volumes révélant une généralisation, depuis les années 1930, de la violence sexuelle, physique et psychologique contre les enfants.

Une autre commission, celle de la juge Yvonne Murphy, enquête pendant trois ans sur le diocèse de Dublin et révèle en 2009 que les autorités catholiques ont dissimulé des abus sexuels commis sur des enfants pendant plus de trois décennies. Plusieurs évêques irlandais ont démissionné. D’anciens prêtres ont été incarcérés.

En 2013, le sénateur Martin McAleese a publié le résultat de ses investigations sur les « Magdalene Laundries », des établissements pénitentiaires gérés par l’Église catholique où 10.000 femmes ont été forcées de travailler au cours du siècle dernier.

Source : AFP


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