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"Penelopegate": de nouvelles revélations fragilisent Fillon, qui poursuit sa campagne

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Paris (AFP) – De nouvelles révélations embarrassantes fragilisent un peu plus François Fillon, englué dans l’affaire des emplois présumés fictifs de sa femme, mais le candidat de la droite, lâché par une partie de ses troupes, poursuit vaille que vaille sa campagne présidentielle.

Pendant que François Fillon est au front dans les Ardennes, avec au programme une visite de crèche et un meeting sur le thème de la fracture territoriale, le « Penelopegate » devrait connaître de nouveaux développements.

France 2 doit ainsi diffuser jeudi soir, dans Envoyé Spécial, des extraits d’un entretien filmé de son épouse, accordé en mai 2007 au Sunday Telegraph britannique.Penelope Fillon déclarait: « +Je n’ai jamais été l’assistante de mon mari+ », selon Elise Lucet, co-rédactrice en chef de l’émission.

Mme Fillon dit aussi dans ce document ne pas s’être « occupée de communication non plus », selon la journaliste.L’AFP n’a pas eu accès a cet entretien.

Eric Ciotti a dénoncé jeudi matin « les mêmes méthodes » et « les mêmes émissions de télévision » qui avaient été « très efficaces pour déstabiliser » Nicolas Sarkozy avant la primaire.

Le parquet national financier a ouvert une enquête à la suite des révélations du Canard enchaîné sur les emplois présumés fictifs de Penelope Fillon en tant qu’assistante parlementaire de son mari puis de son suppléant.

L’hebdomadaire a revu mercredi à la hausse le total des rémunérations perçues par Mme Fillon (plus de 830.000 euros) et deux de ses enfants (84.000 euros) en qualité d’assistants parlementaires, créant l’émoi dans les couloirs de l’Assemblée. 

Devant les parlementaires LR, François Fillon a accusé la gauche au pouvoir de « coup d’Etat institutionnel », ce qu’a immédiatement contesté l’Elysée, en expliquant que « le seul pouvoir » est « celui de la justice ». 

« Les éléments qui sortent, les contrats, les chiffres (…), il n’y a qu’un lieu où tous ces éléments sont recensés de manière exhaustive, c’est à Bercy », a accusé jeudi M. Ciotti, pour qui Emmanuel Macron « incontestablement profite de cette situation ».

François Fillon a également demandé aux parlementaires LR de « tenir 15 jours » encore derrière lui, ont indiqué des participants à l’AFP.

« Chaque jour qui passe est un jour de perdu », a regretté jeudi sur LCP le député sarkozyste Georges Fenech, le premier à remettre en cause publiquement « la légitimité » de la candidature Fillon. 

Le député du Rhône a cependant reporté « jusqu’en début de semaine prochaine » l’appel envoyé à ses collègues parlementaires pour signature, demandant « la convocation d’un conseil national extraordinaire » LR.

– Personnalité politique de l’année –

Deux mois après avoir remporté la primaire de la droite, le candidat Fillon, sacré jeudi « personnalité politique de l’année » par le Trombinoscope, apparaît bien fragilisé. Il est donné par un sondage Elabe éliminé dès le premier tour, au profit de Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Le député de Paris continue de clamer haut et fort qu’il n’a « rien à se reprocher ».Il a reçu mercredi soir le soutien du comité politique du parti LR, composé des différentes sensibilités du parti. 

« Il n’y a pas de candidature alternative », a expliqué le président du Sénat Gérard Larcher alors qu’en coulisses, les couteaux sont sortis. 

L’ancien Premier ministre, au « cuir épais », a assuré aux parlementaires qu’il « affronterait les attaques jusqu’au bout », ne se laissant pas intimider. »Une position intenable », pour Henri Guaino, lui même candidat à l’Elysée.

Si aucun ténor de la droite ne veut officiellement donner le coup de grâce, le scénario d’un plan B prend forme et les noms circulent: François Baroin, Laurent Wauquiez…

« En toute hypothèse, je ne serai pas un Plan B », a lancé mercredi Alain Juppé, battu au second tour de la primaire, qui avait déjà exclu en fin de semaine dernière d’être un recours. 

Une tribune en faveur de son retour au premier plan est pourtant « en cours de finalisation », selon Philippe Gosselin, « prête à être signée par plusieurs dizaines de députés ».

Près de sept Français sur dix souhaitent qu’une autre personnalité remplace François Fillon comme candidat de la droite et Alain Juppé arrive en tête de leurs préférences, selon un sondage Harris interactive.M. Fillon reste toutefois soutenu, selon ce sondage, par les sympathisants LR.

Pendant ce temps, l’enquête préliminaire ouverte par le parquet financier se poursuit. Marc Joulaud, ex-suppléant de François Fillon à l’Assemblée nationale, a été entendu mercredi. 

Une perquisition pourrait en outre intervenir au Sénat dans les jours qui viennent et des auditions vont se poursuivre.


Source: AFP
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franckprovost
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