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Phar Lap : « wonder horse » et icône australienne

franckprovost

Il y a des vies qui deviennent des légendes et celle du pur-sang anglais Phar Lap est assurément de celles-là. Parti de rien pour atteindre les sommets durant la grande dépression, le cheval néo-zélandais a marqué l’histoire des courses hippiques dans l’hémisphère sud, devenant même, après sa mort, une icône dont le myocarde est précieusement conservé dans un musée à Canberra. Surnommé « Red terror », mais aussi « The Australian Antilope » ou simplement « Bobby », il reste, aujourd’hui encore, cher au cœur des Australiens.

160 guinées jetées par la fenêtre ?

Né le 4 octobre 1926 à Seadown en Nouvelle-Zélande, le jeune poulain azelan « Phar Lap » (qui signifie « éclair » en thaï) est vendu 160 guinées (336 AU$ environ) en 1928 à l’Australien Harry Telford pour le compte de l’homme d’affaires américain David J. Davis. En découvrant le cheval, couvert de verrues et peu habile à se déplacer, ce dernier souhaite aussitôt le revendre – contre l’avis de Telford qui propose alors d’entraîner gratuitement Phar Lap pendant trois ans et de reverser les deux tiers des gains de l’animal à son propriétaire en cas de courses victorieuses. Les débuts du coureur sont, hélas, peu glorieux et il faudra attendre le 27 avril 1929 pour le voir arriver en tête à une compétition à Sydney, monté par le jeune apprenti de 17 ans Jack Baker.

Le temps des victoires

A partir de l’été 1929, Phar Lap enchaîne les succès remportant de nombreuses courses, telles la Rosehill Guineas, l’AJC Derby et le Victoria Derb. En 1930, il gagne la Melbourne Cup – première course filmée en audio – avec Jimmy Pike, en même temps que le cœur des Australiens. Cette victoire est d’autant plus significative que, quatre jours plus tôt, Phar Lap est la cible de coups de feu tirés par un homme masqué jamais identifié. Malgré les victoires qui suivent, Phar Lap souffre de devoir concourir avec de lourds handicaps. Finalement, son propriétaire décide de le rapatrier aux Etats-Unis, le séparant de son entraineur australien Telford. C’est son soigneur de toujours Tommy Woodcock qui s’en occupe désormais.

Sur le chemin des USA, Phar Lap passe par Tijuana, au Mexique, pour y disputer le Agua Caliente Handicap avec le jockey Billy Elliot. Il remporte brillamment la course alors la plus richement dotée au monde avec 100 000 $ d’allocation. On est en 1932, il signe là sa dernière victoire.

Un décès bien mystérieux

Arrivé dans son ranch en Californie, l’animal est découvert dans un état inquiétant le 5 avril 1932 par Woodcock. Phar Lap est fiévreux et souffre de maux de ventre, il ne tarde pas à mourir dans les bras de son soigneur. Il n’aura participé à aucune course aux Etats-Unis.

A postériori, une autopsie révèlera qu’il est décédé après avoir ingéré une trop grande quantité d’arsenic posant la question d’un empoisonnement volontaire. Certains évoquent aussi un dopage qui aurait mal tourné… Le suspense demeure et des scientifiques ont continué à essayer de résoudre le mystère des décennies après sa mort.

Gloire éternelle au panthéon équestre

Malgré sa courte carrière, Phar Lap reste dans les mémoires comme un cheval exceptionnel à bien des égards. Outre le fait qu’il soit classé 22ème parmi les 100 chevaux de course américains de légende alors qu’il n’a jamais participé à aucune compétition aux USA, il est également adulé sur ses terres d’origine en Nouvelle-Zélande et en Australie où il a été trois fois favori à la Melbourne Cup. Son corps empaillé est d’ailleurs visible au Melbourne Museum alors que son squelette est exposé à Wellington. Son cœur, quant à lui, est présenté au National Museum of Australia à Canberra, ce dernier ayant la particularité de peser 6,35 kilos soit près de deux fois le poids d’un organe moyen, une surprise à l’autopsie.

En illustration sur des pièces de monnaie et des timbres, Phar Lap a aussi donné son nom à deux rues à Sydney et Cupertino (Californie). Enfin, il a fait l’objet de nombreux livres dont l’un a été adapté au cinéma avec succès.

Valentine Sabouraud

Légendes photos : 1/ En 1930 à la Melbourne Cup 2/ Harry Telford, le premier à avoir cru en Phar Lap 3/ Le soigneur Tommy Woodcock 4/ Affiche du film de Simon Wincer

Sources : wikipedia, nma et museum victoria

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