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Pollution: les véhicules impairs consignés au garage mardi en région parisienne

Paris (AFP) – Pour la quatrième fois en 20 ans, Paris va mettre en place mardi la circulation alternée, un dispositif à l’impact limité qui sera remplacé en janvier par un système de vignettes permettant d’adapter le trafic en cas de pic de pollution.

En raison de la persistance de la pollution aux particules fines et au dioxyde d’azote, dans la capitale et 22 communes de la petite couronne, seuls les véhicules dont le numéro sur la plaque d’immatriculation est pair pourront circuler, a annoncé lundi le préfet de police Michel Cadot.

Si la “situation constatée demain (mardi) par le comité d’experts” le demande, le dispositif de circulation alternée “sera reconduit mercredi”, a-t-il ajouté, au cours d’une conférence de presse.

Les transports en commun seront gratuits mardi.

La circulation alternée ne s’appliquera pas aux voitures utilisées pour le covoiturage.

La mise en place de la circulation alternée était réclamée par la maire PS de Paris Anne Hidalgo, alors que les autorités avaient pris pour lundi des mesures contraignantes, notamment des limitations de vitesse.

L’adjoint parisien EELV aux Transports, Christophe Najdovski, ainsi que le groupe MoDem de la région Ile-de-France se sont félicités de sa mise en place, tout en regrettant son caractère tardif.

Cette mesure avait déjà été instaurée en région parisienne lors de pics de pollution en octobre 1997, en mars 2014 et en mars 2015.

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), en Ile-de-France, le trafic routier est responsable des deux tiers des émissions de dioxyde d’azote et de 55% des émissions de particules à Paris.

Les particules fines (d’un diamètre inférieur à 2,5 microns) sont particulièrement nocives pour la santé.Pénétrant dans les ramifications profondes des voies respiratoires et dans le sang, elles peuvent générer des cancers, de l’asthme, des allergies, des maladies respiratoires ou cardio-vasculaires.

– Pollution chronique –

Quant au dioxyde d’azote NO2, il favorise l’asthme, voire les affections pulmonaires chez l’enfant.

L’instauration de la circulation alternée lors des pics de pollution est cependant vivement critiquée.

La gestion des pics de pollution est “inadaptée”, soulignait ce printemps un rapport parlementaire.La circulation alternée “ne rime à rien car elle ne cible pas les véhicules les plus polluants”, relevaient les deux rapporteurs, un écologiste et un LR.”Nous fermons définitivement la porte sur la circulation alternée”, avait expliqué le député LR Martial Saddier.

En 2014 déjà, après le pic de pollution de mars, Airparif, organisme chargé de la surveillance de la qualité de l’air, avait souligné que la circulation alternée avait eu un effet, mais limité.

L’impact aurait été supérieur si, au lieu de cibler les véhicules en fonction de leur plaque d’immatriculation, ils l’avaient été en fonction de leurs niveaux de pollution, relevait-il.

C’est l’objectif du nouveau dispositif qui doit remplacer la circulation alternée début 2017.

A partir du 16 janvier, des vignettes, obligatoires, permettront d’adapter le trafic en cas de pics.

Selon Airparif cité par M. Najdovski, la circulation alternée réduit de 15% les polluants sur la zone touchée.

Ces vignettes “Crit’Air”, à coller sur le pare-brise des véhicules ou la fourche des motos, permettront d’identifier les engins en fonction de leur niveau de pollution.Selon l’ampleur de la pollution, ne pourront circuler que certaines catégories de véhicules.

Reste qu’en matière de santé, le danger provient moins des pics de pollution que de la pollution chronique.

“On se focalise sur les pics, mais aujourd’hui tout le monde s’accorde à dire qu’il faut surtout agir sur la pollution de fond”, avait souligné le député Martial Saddier.

Pour l’Ademe aussi, il faut avant tout mettre en place une action “pérenne”.

L’OMS a en effet classé le diesel comme cancérogène certain et les émissions des moteurs essence comme cancérogènes probables.Selon Airparif, 1,6 million de Franciliens, et un Parisien sur deux, sont exposés “à un air qui respecte pas la règlementation”.


Source: AFP
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