fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeACTU[ PORTRAIT ] – Priscilla Koukoui, « chasseuse d’innovation » en réalité virtuelle

[ PORTRAIT ] – Priscilla Koukoui, « chasseuse d’innovation » en réalité virtuelle

franckprovost

Après de multiples expériences à travers le monde et notamment en Asie, c’est à Sydney que Priscilla Koukoui a in fine décidé de poser ses valises il y a quelques années. Autodidacte et passionnée par les innovations du XXIème siècle, l’entrepreneuse globe-trotteuse a crée OviSquare, une entreprise dont le domaine de spécialisation est la Virtual Reality ( VR, ou réalité virtuelle ). Le Courrier Australien est parti à sa rencontre afin d’évoquer ses projets, ses idéaux et son rapport au futur. Une interview à retrouver ci-dessous. 

Bonjour, Priscilla. Quel a été l’élément déclencheur de ton intérêt pour la réalité virtuelle ?

J’ai toujours été passionnée par deux domaines : la création et l’innovation. La réalité virtuelle est à l’intersection des deux.
Déjà plus jeune, lorsque je rentrais en France, j’allais voir les enfants de l’école de mon village natal de Sologne et je leur racontais des histoires interactives en me basant sur mes photos et des musiques des quatre coins du monde. Mes histoires, je les ai toujours écrites à la première personne. Celles et ceux à qui on raconte l’histoire en sont les héros, comme en réalité virtuelle. Pour moi, c’est une Passion. 

As-tu entrepris des études spécifiques pour te former à cet univers ?

Non, j’ai tout appris sur le tas ! J’ai fait une école de commerce classique, avec une spécialité en finance et systèmes d’information. J’ai travaillé comme consultante en management, souvent dans l’innovation et j’ai toujours gardé un pied dans la création : sculpture, écriture, mais surtout danse et théâtre. J’ai eu un coup de foudre lors de mes 1ere expériences en VR, ai commencé par créer une application de réalité augmentée, travaille pour des start-ups en VR, pour un studio français, et j’ai enfin crée mon entreprise, OviSquare.com l’année dernière.

Qu’est-ce qui t’a amenée à vouloir créer OviSquare ?

Les nouvelles technologies, et notamment celles liées au divertissement ont des impacts sur nos vies. Hors de chez soi, il y a le travail ou le divertissement. Je travaille sur les 2 facettes de la VR « hors de chez soi* ». (*Out of Home- ou OoH) J’aimerais avoir un impact positif : utiliser les technologies pour le bien est le cœur de la démarche d’OviSquare. OviSquare propose des services de distribution d’expériences interactives mais aussi de production. Nous accompagnons nos clients B2B dans leurs démarches immersives. Nous avons un catalogue d’expériences existantes dont nous assurons la mise en place technique, conseillons et co-créons ensemble avec nos partenaires. M’assurer qu’une alternative existe pour que le grand public puisse faire évoluer leur vie et les expériences divertissantes dans une direction constructive, pour qu’elles apportent du sens.

J’ai justement constaté que vous développiez une histoire en réalité virtuelle. Pourrais-tu m’en dire davantage concernant ce projet ? 

Nous travaillons actuellement sur la conception de notre première expérience multi-sensorielle interactive VR en free roam, c’est-à-dire dans laquelle on évolue librement dans un espace physique. L’environnement virtuel qu’OviSquare crée transporte dans un autre monde sans quitter la salle. Nous travaillons dans l’espace physique, et pour encore plus de réalisme, le son, mais également des éléments comme le vent, l’odeur sont ajoutes a l’expérience visuelle.

L’idée, c’est de créer une expérience qui soit accessible à tous ? 

Tout à fait. Nous créons une histoire porteuse de valeurs, une expérience narrative accessible à tous âges et sans violence. L’important, c’est le message que l’on veut faire passer. Notre première experience en VR parle de la relation intime de l’homme a la nature. En réalité virtuelle, je déplore des choix de divertissement trop restreints : souvent orientés vers la confrontation, l’antagonisme, comme des jeux de guerre alors que l’on peut promouvoir la collaboration et la paix. J’aimerais que nos créations soient porteuses des valeurs que je défends, mais aussi des histoires qui touchent les gens, et qui les transforment.

Penses-tu que l’accès à la réalité virtuelle va se généraliser durant les années à venir ? Est-ce qu’une révolution de la VR est en marche ?

Ces technologies vont complètement changer notre façon de vivre, de consommer, de travailler et de se divertir. Tous les secteurs d’activité seront touchés. En parallèle de mon activité à OviSquare, je travaille pour une entreprise d’ingénierie civile. Cet univers-là est également concerné par l’expansion de la réalité virtuelle. Par exemple, nous créons des copies virtuelles de bâtiments, augmentons le réel de méta-data etc.. La VR fait son apparition en ressources humaines, on apprend dans des environnements virtuels des formation techniques dangereuses que l’on peut refaire en toute sécurité autant de fois que nécessaire. On apprend aussi à « être » en VR : à parler en public, à gérer le conflit etc.. Le cerveau apprend bien mieux en faisant. C’est le fameux « learning by doing ».

La réalité virtuelle va changer nos modes de vie, mais pas nécessairement comme on le pense. À ce titre, le double virtuel, un avatar qui nous remplacerait physiquement, pourrait représenter une évolution considérable. La notion d’identité est devenue fluide : nous avons un(e) double sexy sur Instagram, et drôle sur Twitter.. La création d’un avatar, d’un double digital pourrait nous servir a vivre plusieurs vies virtuelles. Qui sait ? Peut-être que d’ici 2022, chacun d’entre nous aura son avatar virtuel. La limite entre le virtuel et le réel est de plus en plus ténue.

Quel est ton principal projet pour l’avenir, avec OviSquare ?

OviSquare souhaite avoir un impact sur le monde. La technologie et la création devraient aider l’homme a être meilleur pour l’homme et son environnement. La meilleure façon de prédire le futur, c’est de le construire ! Ce qui est important, c’est de s’assurer que l’on fait partie de cette révolution pour rester du bon côté de l’humanité. Le divertissement, c’est très sérieux ! Jouer, c’est finalement la meilleure façon d’apprendre. La réalité virtuelle doit aussi être vue comme l’expérience non pas d’une seule personne, mais d’une communauté, une expérience sociale avant tout.

Propos recueillis par Pierre-Alexandre Bigel


N’oubliez pas de nous suivre sur Facebook et Instagram, et de vous abonner gratuitement à notre newsletter

Des idées, des commentaires ? Une coquille ou une inexactitude dans l’article ? Contactez-nous à l’adresse redaction@lecourrieraustralien.com

Comments
Share With: