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[ PORTRAIT ] – Rencontre avec Bruce William Bland, un Australien auréolé de la Légion d’Honneur

Chevalier de la Légion d’Honneur, chef de projet sur les autoroutes philippins chez le français Egis, cadre chez Total et AirLiquide mais aussi grand plongeur olympique, président et vice-président des Alliances Françaises de Sydney et de Kuala Lampur, «citoyen de l’année 2012» du Woollahra Council, écrivain ou encore humanitaire…On ne compte plus les réalisations et attributions de Bruce William Bland, un Australien atypique au parcours riche. Ce lundi, ce dernier était décoré Membre de l’Ordre de l’Australie ( AM ) par le Gouverneur Général australien. L’occasion pour le Courrier Australien de revenir sur la vie de «Monsieur Bland» un Australien que rien ne prédisposait à être si intimement lié à la France. 

«Je tiens à remercier très sincèrement la France. Ce peuple et ses institutions m’ont énormément enrichi et m’ont permis, d’une certaine manière, de devenir un meilleur Australien. La France a changé le cours de ma vie.» Ainsi s’exprimait lundi Bruce William Bland lors de la cérémonie d’honneur où notre Australien fût décoré Membre Honoraire de l’Ordre de l’Australie (AM) par le Gouverneur Général.

Quand la France rencontre l’Australie «par hasard»

Le Courrier Australien prend contact avec Monsieur Bland par téléphone. Affable, cette septuagénaire plein d’énergie garde intact sa soif de partager son expérience avec la France. Cette relation intime avec la langue de Molière commence un peu par hasard au beau milieu des années 1960. Nous sommes en 1964 et Bruce est étudiant en économie à l’Université de Sydney. La France gaullienne, quant à elle, « s’ennuie » mais déjà, un parfum de révolte flotte dans le Quartier Latin et bientôt en mai 1968, le pays s’embrasera dans un torrent électrique de révolte et d’espoir.

Peu avant de finir son diplôme universitaire ( B.COM Economics ) , il postule pour un poste au sein des trois mastodontes du pétrole mondial que sont à l’époque le hollandais Shell, le britannique BP et le français Total. Si Shell et BP lui demande de finir son Master, le français Total est quant à lui enthousiaste et propose au postulant un emploi au sein de l’entreprise «dès le lendemain et tant pis pour les examens de fin d’étude» lui indique même la firme française. Bruce William Bland a 22 ans et ne parle pas un mot de français : «J’étais vraiment nul en français»  nous confie-t-il amusé.

Il ne le sait pas encore mais cette embauche sera déterminante. Il prend alors des cours du soir à l’Alliance Française  et deux ans plus tard, il est muté à Paris pour trois années.

« La France, ma deuxième maison »

C’est dans ces années qu’il rencontre, à Jérusalem, sa future fiancé, une franco-italienne qu’il épousera en 1968 dans le Saint-Germain des Prés de Léo Ferré et Louis Aragon.

Après un bref retour à Sydney pour un vaste chantier de gaz naturel liquéfié puis un passage à Singapour pendant six années, le couple s’établit pour trois ans dans le 16e arrondissement de Paris et aura deux enfants, deux francophiles convaincus scolarisés au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, rue Benjamin Franklin.

« J’ai passé 11 ans de ma vie à Paris. Et même si j’ai beaucoup travaillé, cette vie d’expatrié je pense que beaucoup d’Australiens rêverait de l’avoir » nous glisse-t-il avant de poursuivre : «On y retourne une fois par an environ, c’est important de garder contact avec nos amis là-bas. Paris est ma deuxième maison.»

Après avoir travaillé dans différentes sociétés françaises à Singapour, en Arabie Saoudite et aux Philippines durant une vingtaine d’années, Bruce et sa famille posent leurs valises en Malaisie où M.Bland prend, en parallèle de son poste à La Lyonnaise des Eaux la tête de la Vice Présidence de l’Alliance Française à Kuala Lampur.

Après une rude et courageuse négociation concernant l’achat d’un titre de propriété pour l’Alliance, Bruce est décoré par l’ambassadeur de la Légion d’Honneur de la République Française, un honneur extrêmement rare pour un ressortissant étranger et normalement réservé aux citoyens français. Bruce William Bland, cet Australien que rien ne prédisposait à une carrière comme celle-ci, reçoit les honneurs de la République et fait désormais un peu partie de la maison France.

Une carrière vouée au renforcement des liens franco-australiens 

 

Fort de cette expérience et de son implication dans les réseaux communautaires français à travers le monde, il est, avec Joël Hakim et Phillipe de Boos-Smith, l’un des principaux artificier de la reconstruction de l’Alliance Française sur la célèbre Clarence Street de Sydney.

C’est lui qui démarche, au début des années 2000, le célèbre architecte moderniste autrichien Harry Seidler et par ailleurs figure de proue du mouvement du Bauhaus pour la reconstruction de l’Alliance.

 

Aujourd’hui, Bruce William Bland coule des jours paisibles dans sa demeure à Rose Bay, non loin de Watson Bay. Retraité depuis une vingtaine d’année, notre infatigable australien est engagé dans de nombreux projet associatifs partout en Australie. Il est notamment impliqué dans la célèbre Indigenous Community Volonteer ( ICV ) où il supervise et accompagne des projets d’entrepreneuriat de membres de l’Out Back.

Dans le domaine universitaire, notre septuagénaire de 77 ans est à l’origine de la création d’un Sporting Scholarship unique en Australie, pris en charge par l’Université du News South Wales et finançant une vingtaine d’athlètes étudiants. Pour couronner ce parcours, M.Bland est dernièrement membre du comité responsable de l’établissement du Musée La Pérouse à Sydney, Botany Bay pour le bicentenaire de l’Australie.

C’est justement ce parcours, fait d’engagement associatifs, sportifs mais aussi de contributions économiques et politiques que le Gouverneur d’Australie a choisi de récompenser ce lundi dans la publication du «Queens Birthday Honour List 2019» du «AM». Un parcours exemplaire que la rédaction du Courrier Australien salue et respecte.


 

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