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Portrait : William Land, le dermatologue francophile devenu officier de la Légion d’honneur

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Grand dermatologue désormais retraité, ancien pilote dans la Royal Australian Air Force, et désormais officier de la Légion d’honneur depuis 2015 : William Land a un CV pour le moins atypique. Profondément épris d’histoire et de culture française, cet australien né à Sydney est aussi détenteur d’une thèse en French studies, et continue à écrire traductions et articles pour des revues australiennes. Le Courrier Australien l’a rencontré.

On vous sait profondément francophile, investi dans de multiples organisations franco-australiennes. D’où vous vient donc cet amour pour la France ?

J’ai cette passion pour la France depuis ma jeunesse. J’aime sa culture, sa langue, son histoire ; et une partie de ma famille est française. Ma profession de dermatologue m’a un temps éloigné de cette passion ; mais en 1990, j’ai suivi et obtenu un BA (équivalent d’une licence, ndlr) à Londres en French studies, pour soutenir ensuite en 2002 à Sydney une thèse sur la dialectique d’aliénation et d’assimilation de deux écrivains juifs français, Julien Benda et André Suarès. En 2004, je suis aussi devenu vice-président de l’Association Médicale Francophone d’Australie ; et j’ai présidé de 2007 à 2011 la Société Française de Bienfaisance. De 2010 à 2012, j’ai également eu la chance de faire partie du conseil d’administration de l’Alliance Française de Sydney. Enfin, j’ai été président jusqu’en 2015 de l’association des amis du musée Lapérouse à Botany Bay, pour moi la seconde plus importante – et pourtant méconnue – institution culturelle française ici, en Australie.

C’est pour cet engagement auprès de la communauté francophone en Australie que vous avez reçu en 2004 l’Ordre national du mérite, puis le titre d’officier de la Légion d’honneur en 2015. Toutes ces marques de reconnaissance, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Vous savez, lorsque vous recevez la médaille de l’ordre d’Australie, c’est le résultat d’un processus très planifié, très transparent. Alors que pour la Légion d’honneur, vous vous réveillez un matin, vous l’avez – et je vous assure, surprise et fierté sont au rendez-vous. Recevoir la Légion d’honneur alors qu’on est australien, ce n’est vraiment pas quelque chose de banal. Pour la Société des Membres de la Légion d’Honneur, dont je préside la section australienne, j’ai récemment cherché à établir la liste de tous les australiens ayant reçu la Légion d’honneur jusqu’à aujourd’hui, tâche peu aisée puisque la Légion n’est que symbolique pour les étrangers la recevant, il n’y a pas de liste officielle. Grâce notamment aux archives du Courrier Australien, j’ai ainsi pu établir que depuis la création de cet ordre, moins de 200 Australiens en ont été en tout décorés. Ça fait quelque chose donc, de faire partie d’une si petite liste !

Quel est l’opinion d’un Australien francophile comme vous sur les liens qui unissent aujourd’hui l’Australie et la France ?

Les relations entre les deux pays sont très vieilles, aussi vieille que l’Australie moderne : depuis Lapérouse, la France a toujours été intéressée par ce pays de l’autre bout du monde. Aujourd’hui, je crois que les relations franco-australiennes sont excellentes, d’abord et avant tout parce que la diplomatie française fait ici un très bon travail. Les crises diplomatiques des années 1980 ne sont pourtant pas si loin ; mais simplement au regard de l’énorme contrat de sous-marins signé entre la France et l’Australie l’année dernière, il est évident que les relations franco-australiennes sont désormais au beau fixe. Par ailleurs, au-delà du seul aspect diplomatique, ce sont des journaux comme Le Courrier Australien qui participent du renforcement des liens entre les deux pays – et ça, il faut que ça dure. Je trouve également très bien que de plus en plus de français saisissent l’opportunité de venir en Australie – et dans le sens inverse, puisque la France attire toujours plus d’australiens.

Et vous ? Jamais eu envie de quitter l’Australie pour vous installer, à tout hasard, en France ?

Nous avons eu une opportunité avec ma femme il y a une quinzaine d’années de nous installer à Paris, mais on l’a laissée s’échapper – et à nos âges, c’est un peu trop tard maintenant. Mais ça ne nous empêche pas d’y voyager régulièrement. Paris, Montpellier, Bordeaux, Toulouse, Amiens, la Somme… La France est un pays magnifique. Son dynamisme intellectuel est fascinant, surtout vu d’Australie, où le sport prime avant tout. Et puis, ce n’est pas pour rien que l’anglais a emprunté l’expression joie de vivre au français !

Propos recueillis par Tom Val


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