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Pourquoi n’y-a-t-il pas de ‘Nouvel An’ chez les autochtones d’Australie ? Les « calendriers » saisonniers indigènes

franckprovost

Tout le monde fait la fête pour la nouvelle année 2019, mais pour les autochtones d’Australie, ce n’est pas le cas, car c’est un endroit où le temps s’écoule différemment. Contrairement à la « flèche du temps » occidentale, la petite formation rocheuse autochtone qui rappel un calendrier en pierre montre que le cycle temporel est non-linéaire, infiniment interconnecté, nourrit par les premiers peuples qui l’ont utilisé pendant des millénaires. 

La clé pour comprendre cette réalité temporelle est la forme du calendrier en pierre. C’est rond, mais pas continuum. Il n’y a pas de début ni de fin et, en tant que tel, il n’y a pas de « Nouvel An ». Les saisons ne servent pas de base à des métaphores linéaires de la nouvelle vie au printemps et à la mort en hiver.

Au lieu de cela, les saisons et les humains sont considérés comme des composants d’un cycle. Autour de l’Australie, le lexique des mots pour qualifier les différentes saisons et leur signification précise varient selon les langues autochtones. Cela est dû au moins en partie aux types de temps très différents que l’Australie connaît tout au long de l’année dans les différentes régions du pays.

Un tour des saisons… 

Dans les îles Tiwi, juste au nord de Darwin, trois grandes saisons existent : Kumunupunari (la saison sèche du feu et de la fumée); Tiyari (la saison du temps chaud et humide); et Jamutakari (la saison humide de la pluie et de la crue des rivières). Ces trois saisons englobent treize saisons qui se chevauchent et sont définies avec plus de précision.

Par exemple, pendant la saison Mumpikari (qui se chevauche avec le début de la « saison humide » de Jamutakari), les premières pluies après le temps sec rendent le sol suffisamment mou et boueux pour conserver les empreintes laissées par les possums retournant à leurs arbres, ce qui rend leur chasse plus simple.

 Comprendre la signification d’un mot comme Mumpikari « saison des pistes boueuses » suppose de connaître le type de temps qu’il fait à ce moment-là (premières pluies après une longue période de sécheresse), d’anticiper en conséquence l’écologie locale (sol boueux), et également les changements que ce même changement de temps apporte dans le comportement humain et les sources potentielles de nourriture (c’est un bon moment pour chasser et manger des opossums.). —

Les changements de temps, d’écologie et de sources potentielles de nourriture au cours de l’année varient considérablement au sein d’un continent aussi grand que l’Australie. De même, le milieu de l’année apporte des conditions météorologiques radicalement différentes dans les régions tropicales du nord tropical, du sud tempéré, et du centre du désert.

Les définitions des termes saisonniers dans le langage autochtone, nous en apprennent beaucoup sur l’écologie et sur la manière dont les locuteurs interagissent avec elle. Dans la langue Warlpiri du désert de Tanami par exemple, plusieurs termes saisonniers (tels que karapurda) font référence aux vents dominants d’ouest qui soufflent au début de la saison chaude.

Les sources de nourriture communes figurent également dans les définitions des termes de saison, tels que mangkajingi, « saison de l’année où les goannas (des varans australiens – ndlr) se trouvent facilement dans des terriers peu profonds ». Dans la langue Bardi de la péninsule de Dampier (WA), la période précédant la saison des pluies s’appelle Lalin et est familièrement appelée « saison des tortues mariées » car les tortues accouplées sont une source de nourriture prisée à cette époque.

Dans le groupe linguistique Gulumoerrgin (Larrakia), parlé autour de Darwin, l’année est divisée en sept saisons nommées. Chacune de ces saisons est associée à des conditions météorologiques distinctes, mais également à des changements de la flore, de la faune, et des activités humaines.

Source : NITV

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franckprovost
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