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Quand l’aventure de deux backpackers français vire au cauchemar en Tasmanie

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Les deux jeunes français parcouraient les routes graveleuses de la Tasmanie lorsqu’ils ont eu accident. Avec très peu d’argent en poche et un 4×4 bon pour la casse,  ils ont vu leur aventure virer au cauchemar.

Comme des milliers de français de leur âge, Thibault Rappolt et Loïc Condemine sont deux jeunes backpackers venus tenter l’aventure en Australie, pour fuir la monotonie française, par soif d’aventure et dans l’espoir de vivre le dépaysement australien. Originaire tous deux de Tours (Centre-Val de Loire), Thibault, diplômé en restauration et son ami Loïc, venant de terminer ses études en commerce international, se sont envolés pour l’Australie il y a quelques mois.

Loïc à gauche et Thibault à droite se prenant en selfie dans le Parc National de Freycinet en Tasmanie. / ©Thibault Rappolt

— L’achat du véhicule, le début de leur aventure —

Après avoir amassé l’argent nécessaire à l’achat de leur véhicule, les deux jeunes hommes, alors à Melbourne, ont déniché un 4×4 Mitsubishi Pajero, mis en vente par un backpacker allemand au prix de 5400$AU. Le véhicule en leur possession et la REGO (registration du véhicule auprès des autorités – ndlr) effectuée, les deux aventuriers prennent alors la route direction la Tasmanie, dans l’objectif de visiter l’île et d’y travailler. « À partir de ce moment, l’aventure commence vraiment » dit Thibault. Le 4×4 devient alors pour eux à la fois leur moyen de transport mais aussi leur lieu de vie et leur logement pour dormir. Toute la vie australienne du « road trippeur » tient alors dans ces quelques mètres carrés.

Pendant plus d’une dizaine de jours, ils parcourent la Great Ocean road, la plus belle route panoramique d’Australie qui s’étend sur 253 kilomètres au sud de Melbourne, en direction de l’ouest. La prochaine étape, la Tasmanie, n’est plus qu’à une traversée de ferry. Le véhicule embarqué sur le bateau, les deux amis français rêvent déjà des paysages qui les attendent à l’arrivée.

Les paysages de Tasmanie offrent un panorama assez exceptionnel, idéal pour un road trip. / ©Thibault Rappolt

Les pieds foulant la terre tasmanienne, les deux hommes ont rapidement compris que trouver du travail allait être plus compliqué que prévu. « Après plus d’une soixantaine d’appels et du porte à porte pendant deux ou trois jours, toujours rien » confie Thibault. À l’heure actuelle, selon eux, c’est difficile de trouver du travail. « La plupart des gens sont arrivés en décembre en repérage pour avoir du travail. Pendant la saison, les fermes sont complètes et il parait que cette année, les récoltes n’ont pas été terribles » dit Thibault. « Il y a de plus en plus de backpackers sur l’île donc c’est difficile de trouver du boulot » rajoute-t-il.

Afin d’éviter les mauvaises surprises, il est primordial de faire des recherches en amont du départ. Arrivée dans l’inconnu en se disant que trouver du boulot sera chose facile n’est pas nécessairement la meilleure des façons pour commencer son aventure. Renseignez-vous bien avant de prendre la route pour la destination souhaitée, en particulier si vous êtes dans la nécessité d’y travailler pour financer la suite de votre road trip. Les groupes Facebook de Français en Australie ou encore les sites australiens proposant des annonces d’offres d’emploi — comme Gumtree ou Seek par exemple — peuvent être un bon moyen de se faire une idée de l’état du marché du travail sur place.

Un peu désespérés, les deux compères reprennent la route pour s’enfoncer un peu plus loin dans la Tasmanie.

— Une grosse frayeur sur les routes de Tasmanie —

Au volant de leur Pajero, Thibault roulait sur une des nombreuses gravel roads (routes graveuleuses, non goudronnées – ndlr) de l’île, dans l’espoir de trouver du travail en chemin, lorsque l’accident est survenu. « On roulait pas vite, à 60km/h environ, lorsque les roues se sont bloquées. Le 4×4 a commencé à déraper sur le côté et comme c’est une boîte automatique, je ne savais pas trop comment réagir. J’ai perdu le contrôle, le 4×4 est parti en vrille et on a frappé un arbre du côté conducteur. » raconte Thibault d’une voix encore un peu tremblante.

Thibault, qui conduisait le véhicule à ce moment là, a vu la vitre exploser à côté de son visage. Bilan : plus de peur que de mal. Une côte touchée et des éclats de verre dans le bras pour lui. Une grosse frayeur pour Loïc, passager pendant l’accident. Selon eux le véhicule était défaillant avant l’achat. Les roues se sont bloquées, l’ABS n’a pas fonctionné et les airbags ne se sont pas déclenchés rapporte Thibault.

L’achat d’un véhicule n’est pas une chose à prendre à la légère. Les autres backpackers vous déconseilleront fortement d’acheter votre véhicule auprès d’un autre backpacker ayant déjà sillonné les routes australiennes. Bien souvent, une voiture résiste moins bien au second road-trip. L’achat d’un véhicule auprès d’un particulier australien reste, en principe, plus sûr. Procurez-vous tous les documents nécessaires attestant du bon état du véhicule et de l’entretien régulier de ce dernier. Faire vérifier le véhicule par un garagiste en présence du propriétaire peut être un plus.

Accidentés sur une route au fin fond de la Tasmanie et sans réseau téléphonique, les deux amis ont eu la chance de voir plusieurs voitures s’arrêter pour leur venir en aide. D’autres backpackers français les ont déposé au bureau de police le plus proche. Thibault a rapidement été emmené à l’hôpital pour se faire retirer les éclats de verre de qui s’étaient logés dans sa peau.

Leur véhicule a été remorqué jusqu’à la petite ville de St Helens, un petit hameau de deux milles âmes, situé sur la cote est de l’île. Le dépanneur leur a proposé de les héberger le temps qu’ils trouvent quelque chose. N’ayant pas contracté d’assurance en cas d’accident, ils essayent pour le moment de gagner un peu d’argent en revendant des pièces qui n’ont pas été endommagées pendant le choc et continuent de chercher du travail.

En ce qui concerne l’assurance voiture : la Compulsory Third Party (CTP) Personal Injury Insurance, aussi connue sous le nom de ‘Green Slip‘ est obligatoire et incluse dans la registration du véhicule (la REGO). Elle vous couvrira en cas de blessures physiques causées à autrui (autres usagers de la route et passagers de la voiture, exceptez le conducteur). Les assurances couvrant le vol, l’incendie ou encore les dégâts matériels sont totalement facultatives. Elles doivent être contractées auprès d’assureurs privés. Comme en France, elles peuvent être de plusieurs types : l’équivalent de l’assurance au « tiers », « tiers avec vol et incendie » ou « tous risques ». Ces dernières sont généralement coûteuses mais peuvent vous sauvez la mise en cas de coup dur. Réfléchissez-y et prenez le temps de comparer les assurances afin de trouver celle qui correspondra le mieux à vos attentes. (plus d’infos ici)

Le véhicule a été remorqué dans la ville la plus proche. Bon pour la casse, le 4×4 était défectueux avant l’achat. / ©Thibault Rappolt

Tout ou presque de leurs économies étaient passées dans l’achat du véhicule et dans les premières semaines de leur road trip. Thibault confie qu’il ne lui reste que 12$AU sur son compte bancaire. Ils espèrent trouver très rapidement du travail, dans n’importe quel domaine.

— Un moral mis à rude épreuve —

Après l’accident, le moral n’était évidemment pas au beau fixe. « On a essayé de relativiser et de voir le bon côté des choses mais c’était pas facile. » confie Thibault. « J’essaye de garder la tête haute et de me dire qu’on va finir par trouver une solution. » 

La générosité des Tasmaniens leur a remonté un peu le moral. « Ce sont des gens sympas, qui ont le cœur sur la main, et encore plus dans des petites villes que dans des grandes villes » ressent Thibault. « Après l’accident, de nombreux locaux en voitures s’arrêtaient pour tenter de nous aider. » ajoute-t-il.

Loïc s’est posée la question de savoir s’il ne fallait mieux pas rentrer en France, après la difficile épreuve qu’ils venaient de passer. Après seulement 5 mois sur le sol australien, Thibault lui compte bien rester ici et continuer l’aventure coûte que coûte. Finalement, les deux amis ont décidé de surmonter cette épreuve et de continuer de l’avant.

Les proches des deux Français sont inquiets pour eux. « Ils nous ont proposé de l’aide financière« , raconte Thibault.

Les deux amis ont décidé d’ouvrir une cagnotte en ligne. « J’ai eu l’idée de la cagnotte. J’avais vu deux ou trois cagnottes sur Facebook déjà, donc ça coûtait rien d’essayer et au point où on en était, ça ne pouvait pas nous faire plus de mal » confie-il. Pour autant, ils comptent davantage sur leurs proches et leurs amis restés en France que sur la collecte de fonds en ligne. Cette cagnotte permet surtout à leur entourage de leur envoyer plus facilement de l’argent. « Une fois relancé, on tentera de leur rendre la pareille » dit le jeune Français. 

Capture d’écran de la collecte de fond mis en place par les deux backpackers Français sur Facebook. / © Facebook

Propos recueillis par interview téléphonique le 15 janvier 2019. Entretien réalisé par Julien Errard pour Le Courrier Australien.

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