fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeAFPRas-le-bol policier: Cazeneuve et Urvoas reçoivent les syndicats, appel à une marche

Ras-le-bol policier: Cazeneuve et Urvoas reçoivent les syndicats, appel à une marche

gjfood

Paris (AFP) – Après deux nuits de manifestations et avant une « marche de la colère », le gouvernement s’efforçait mercredi de répondre au ras-le-bol des policiers en recevant leurs syndicats, alors que la fronde vire à la polémique politique.

Le patron des socialistes Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé la « patte » du Front national dans les manifestations « hors la loi » de policiers. »Pas de +patte+ mais un soutien sans faille, face à un pouvoir qui a manifestement de la haine pour la police », a répliqué sur Twitter le vice-président du FN Florian Philippot.

A quelques mois de l’élection présidentielle, le gouvernement est ainsi sous le feu des critiques.Si le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a critiqué les « instrumentalisations », Alain Juppé et Bruno Le Maire, candidats à la primaire de droite, ont dit comprendre la colère des policiers. 

C’est tout l’exécutif qui tente d’éteindre l’incendie.François Hollande a réaffirmé son « soutien » aux policiers, et appelé au « dialogue » avec leurs syndicats.

Les syndicats, qui tentent de reprendre la main et de canaliser la colère de la base, seront reçus à 16H30 par Bernard Cazeneuve place Beauvau. Il souhaite « rassurer ceux qui sont inquiets et apporter le nécessaire apaisement », a-t-il dit à la sortie du Conseil des ministres.

Puis ce sera au tour du garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas de les recevoir, à 19H00.Deux syndicats de gardiens de la paix, Alliance (première organisation) et l’Unsa-Police, rejoints par Synergie (second syndicat d’officiers), avaient demandé ces réunions « en urgence ». 

– Le mouvement s’étend –

La manifestation de centaines de policiers bravant leur devoir de réserve, dans la nuit de lundi à mardi à Paris, a pris de court les autorités.

Si une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », est en cours, M. Cazeneuve a là aussi voulu rassurer: « Ce n’est pas pour entrer dans un cycle de sanctions, c’est pour rappeler des principes ». 

La grogne des policiers fait suite à une attaque au cocktail Molotov d’un véhicule de police à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre, lors de laquelle un adjoint de sécurité de 28 ans a été très grièvement brûlé.Sa collègue, une gardienne de la paix de 39 ans, également grièvement brûlée, a quitté l’hôpital mardi soir, selon le directeur général de la police nationale (DGPN), Jean-Marc Falcone.

« Les policiers veulent une réponse pénale aux agressions et à la violence dont ils sont victimes », a expliqué à l’AFP le secrétaire général d’Alliance, Jean-Claude Delage.

Les policiers sur le terrain exigent des renforts, des moyens, se plaignent d’un surplus de gardes dites statiques ou de « mission indues » et réclament que la justice sanctionne sans faille les auteurs de violences.

Un autre syndicat, Unité-Police SGP-FO, a pour sa part appelé à une manifestation silencieuse, « une marche de la colère policière et citoyenne », le mercredi 26 octobre, encourageant la population à y participer.

Un nouvel appel à manifester mercredi soir place de la République à Paris, sans les syndicats, circulait dans l’après-midi. 

Des manifestations ont eu lieu à nouveau dans la nuit de mardi à mercredi, des policiers revenant notamment devant l’hôpital Saint-Louis à Paris où est hospitalisé leur collègue agressé à Viry-Châtillon. 

M. Falcone, qui a rencontré mardi soir des policiers de l’Essonne à Évry, a dit comprendre « l’exaspération, les craintes et les angoisses » des agents, tout en déplorant que certains aient « utilisé des véhicules » et des « moyens » de la police « pendant leurs heures de service ».

Le patron de la police, qui avait adressé mardi un ferme rappel à l’ordre à ses troupes, était reparti dans la soirée sous les huées de quelque 400 fonctionnaires venus soutenir leurs collègues menacés de sanctions.

Le mouvement de protestation, parti de l’Essonne, commence à faire tache d’huile: une centaine de policiers se sont ainsi rassemblés dans la nuit de mardi à mercredi sur le Vieux-Port à Marseille.

A Nice, 80 policiers, la plupart en tenue, se sont également rassemblés mardi place Masséna, comme tous les soirs depuis le 11 octobre, selon Célya Boumedien, secrétaire départemental SGP Unité Police.


Source: AFP
Comments
franckprovost
Share With:
Tags