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Revanche du cardinal Pell, blanchi en Australie et reçu lundi par le pape

Le pape François a reçu lundi le cardinal australien George Pell, une revanche certaine pour l’ancien “super ministre” de l’Economie du Vatican, jeté en prison puis acquitté dans une retentissante affaire de pédophilie en Australie.

“Ca s’est bien passé”, a-t-il confié en peu de mots à un vaticaniste de la Stampa, après son tête-à-tête dans la bibliothèque privée du pape, l’endroit même où sont reçus les chefs d’Etat.

Le pape François étant très sensible à la présomption d’innocence et au sort des prisonniers, sa décision de s’entretenir avec son ancien réformateur économique de 79 ans n’est pas surprenante, même si elle ne devrait pas déboucher sur une nouvelle nomination.

Le cardinal Pietro Parolin, numéro deux du Vatican, avait mis les points sur les “i” au lendemain du retour à Rome du prélat australien le 30 septembre, en laissant entendre qu’il venait juste récupérer ses affaires.

“Il n’y a eu aucune convocation du cardinal Pell par le pape”, avait-il confié à des journalistes, “le cardinal Pell devait venir à Rome pour fermer sa permanence, il était parti et avait encore son appartement”.

L’Eglise, qui tente de regagner sa crédibilité après une avalanche dévastatrice de scandales d’abus sexuels dans le monde, n’aurait aucun avantage à récompenser ouvertement un cardinal, certes blanchi “au bénéfice du doute” par la Haute Cour d’Australie, mais condamné en première instance et en appel.

Le cardinal Pell avait été condamné une première fois en février 2019 à six ans d’incarcération pour des viols et agressions sexuelles sur deux enfants de chœur en 1996 et 1997 dans la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne (sud-est), dont il était l’archevêque.

A l’époque, le Vatican avait réagi prudemment en rappelant que le cardinal se disait innocent et avait “le droit de se défendre jusqu’en dernière instance”.

Le prélat australien avait toutefois été démis de son poste de Secrétaire à l’Economie du Vatican, qui arrivait à échéance, puis le Saint-Siège avait annoncé une enquête canonique interne.

Incarcéré plus d’un an, il était sorti de prison en avril dernier en estimant que l’arrêt de la Haute Cour permettait de réparer “une grave injustice”, un retournement salué par le Vatican.

– Détournements de fonds –

Connu pour sa poigne parfois peu diplomatique et sa bonne connaissance des affaires économiques, le cardinal Pell avait été nommé en 2014 par le pape François à la tête d’un inédit Secrétariat à l’Economie, chargé de contrôler les finances et dépenses dans les différentes administrations du Saint-Siège.

La tâche avait suscité une grande résistance interne dans une Curie romaine (gouvernement du Vatican) habituée à une grande autonomie financière.

Le cardinal est rentré à Rome quelques jours après le congédiement brutal par le pape de l’influent cardinal italien Angelo Becciu, soupçonné de détournements de fonds et de favoritisme familial, mais pas encore formellement épinglé par la justice vaticane.

Ce traitement, probablement appuyé par de solides preuves, peut paraître moins clément que celui réservé au cardinal australien, qui a toujours bénéficié de la part du pape de la présomption d’innocence.

George Pell n’a pour sa part pas caché sa joie après l’annonce du licenciement de l’Italien, ex-numéro deux de la Secrétairerie d’Etat (administration centrale du Saint-Siège), qui lui mettait jadis des bâtons dans les roues pour ses réformes financières, rapportent des observateurs du Vatican.

“J’espère que le nettoyage des écuries continuera au Vatican!”, avait lancé triomphalement le prélat depuis l’Australie.

Une hypothèse relayée récemment par le quotidien Il Corriere della Sera, selon laquelle le cardinal italien Angelo Becciu aurait fait parvenir 700.000 euros en Australie pour rémunérer des témoins australiens et incriminer le cardinal Pell, a fait l’objet de démentis.

Une enquête explosive sur les opaques montages financiers de l’achat par le Saint-Siège d’un immeuble dans le chic quartier londonien de Chelsea est en cours depuis un an et semble s’accélérer. Elle vise en particulier des décisions validées au sommet par le cardinal Becciu, lâché par le pape.

 

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