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Schoolies : ces fêtes no limit qui marquent la fin des études secondaires

franckprovost

Depuis les années 70, entre la fin des examens d’année 12 (terminale) et l’annonce de leurs résultats, les jeunes Australiens ont pris l’habitude de se lancer dans des célébrations débridées, fortement alcoolisées et sources de nombreux dérapages. Appelée « schoolies« , cette semaine (ou plus) de fêtes no limit a aussi donné naissance à Red Frogs, une association militante et bienveillante, qui joue les gardes du corps depuis plus de vingt ans.

Née dans les écoles de garçons huppées de Gold Coast, à Surfer Paradise dans le Queensland, cette semaine de schoolies s’est largement répandue dans tout le pays jusqu’à devenir un rite de passage pratiquement incontournable. La Sunshine Coast accueille nombre de ces soirées pré-étudiantes, mais chaque état est désormais concerné de même que les îles paradisiaques les plus « proches » : Indonésie (Bali), Fidji ou Vanuatu. Les dernières statistiques officielles montrent que l’Europe est aussi devenue une destination prisée.

Sexe, drogue et alcool : un cocktail classique

Mais que font ces jeunes (entre 30 et 50 000), à peine majeurs, à la fin de leur année 12 – entre fin novembre et début décembre ? D’après les chiffres*, l’alcool tient toujours une place prépondérante pendant cette période. Ainsi, une ancienne étude sur 405 étudiants à Rootenest Island montrait que les garçons buvaient en moyenne 18 verres par jour contre 13 pour les filles. Une étude équivalente à Gold Coast, indiquait que plus de la moitié des jeunes interrogés avaient été saouls dans les dernières 24 heures. La drogue n’est pas absente pour autant avec un quatuor classique : cannabis (20%), cocaïne, amphétamines et ecstasy (3%). Enfin, le sexe occupe beaucoup ces futurs diplômés, celui-ci étant non-protégé pour 45% des jeunes filles interrogées dans une étude menée à Gold Coast.

La violence (bagarres, viols), les accidents comme les chutes mortelles depuis des balcons et les dégradations de biens publics ont incité les autorités à réagir en promouvant des zones sans alcool ou en redoublant de vigilance dans les rues. Malgré tout, l’argent généré par ces fêtes extrêmes pèse dans la balance. En 2012, Sunshine Coast Daily suggérait que 100 millions de dollars arriveraient cette année-là dans les caisses australiennes grâce aux schoolies. Autant dire que le business est rentable.

Des grenouilles à la rescousse

En 1997, le jeune pasteur Andy Gourley (en photo ci-contre) s’aperçoit que ces fêtes méritent d’inclure un « sober friend ». Il se lance dans du porte-à-porte pour proposer ses services aux jeunes fêtards… sans résultat. Finalement, il s’aperçoit que, pour briser la glace, rien ne vaut la distribution d’une friandise et ce sont les Red Frogs, offertes avec succès, qui donneront plus tard leur nom à l’association qu’il finit par créer. Depuis plus de 20 ans, à la tête d’une armée de bénévoles (4056 recrutés chaque année), il sensibilise donc les jeunes à la sécurité, les ramène à la maison, leur fait la cuisine, appelle les secours si besoin et… rassure les parents inquiets (lire notre autre sujet ici).

Bien acceptée, la présence des Red Frogs peut-elle prévenir les accidents ? Certes pas toujours, mais les efforts sont là… et ils se prolongent toute l’année. Red Frogs multiplie en effet les campagnes en amont au collège, puis en aval à l’université. Sans compter sa participation à de nombreux rendez-vous sportifs. Après les schoolies… c’est la saison du cricket qui est considérée comme un événement à hauts risques.

Valentine Sabouraud

Jeudi dernier, un jeune garçon de Nouvelles-Galles du Sud a été victime d’une « chute de balcon » lors de sa semaine de schoolies à Gold Coast. Il avait été filmé peu avant dans une vidéo diffusée sur snapchat. Il aurait ingurgité du protoxyde d’azote, après de larges quantités d’alcool. 

Sources : *the conversation, sunshine coast daily, news.com.au, red frogs

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franckprovost
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