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Serge Thomann, le photographe rock aux passions éclectiques à Melbourne

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Ancien adjoint au maire de la ville de Port Phillip, marketing manager pour l’Oréal puis photographe de stars de renommée internationale, président de French Assist Melbourne… Serge Thomann est un-touche à-tout. Jeudi dernier, nous le rencontrions alors qu’il devenait Chevalier de l’Ordre National du Mérite dans la magnifique demeure de la philanthrope Jeanne Pratt à Kew, récompensant une vie de rencontres, de voyages, et d’audace.

 

De gauche à droite : Marie Gittard, Christophe Penot, Martin Foley, Jeanne Pratt, Serge Thomann, Myriam Boisbouvier-Wylie et Nicolas Croizer

C’est à Raheen, un imposant manoir rouge brique couronné d’une tourelle, comme tombé du ciel au milieu d’un immense jardin, que se déroule la remise de l’Ordre National du Mérite de Serge Thomann. Le lieu, propriété de Jeanne Pratt, amie de Serge, est devenu un endroit culturel et philanthropique où de grandes fêtes sont régulièrement organisées. Et ça se voit : tout est contrôlé à la perfection. A peine arrivés, les invités sont accueillis par des musiciens dans l’allée qui mène à la maison, puis pris en photo aux côtés de leur hôte et de Serge qui tiennent à les saluer un à un. L’entrée dans le manoir est tout aussi grandiose ; une allée – de serveurs cette fois – propose chardonnay, vin pétillant, et petits fours tandis que la décoration du 19ème siècle se dévoile peu à peu sous leurs yeux. Deux grandes salles sont mises à disposition pour accueillir les convives et un magicien se promène entre les petits groupes déjà formés pour exécuter des tours. On remarque assez rapidement que cette foule chic est cependant assez disparate : on y retrouve des sportifs, des professeurs, des diplomates, des politiciens, des acteurs, des entrepreneurs… De toute évidence, le médaillé est un homme sociable et ouvert. Notre hypothèse est rapidement confirmée par Christophe Penot, ambassadeur de France en Australie, qui décrit Serge comme « l’homme que tout le monde connaît ». Mais alors, qui est Serge Thomann ?

 

Un passionné de photographie à la conquête du monde
Né en Alsace, rien ne disposait Serge à se rendre en Australie. Après ses études à l’ESSCA, une proposition de L’Oréal le pousse à prendre un avion pour Melbourne. En 1983, il devient donc chef de produit pour la première entreprise en cosmétiques du monde. Il lance Studio Line, entre autres. Son expérience au sein de L’Oréal va être plus courte que prévu. Lors d’une rencontre avec le chanteur du groupe de rock INXS, celui-ci, ayant vu ses photos de concerts, l’encourage à se lancer comme photographe spécialisé dans la musique. Il cumule alors brièvement les deux métiers avant de rompre son contrat avec la société française en 1986. C’est le début d’une longue aventure à travers le monde, au cours de laquelle il immortalise les tournées de stars internationales, telles que Madonna, Michael Jackson, Christophe Lambert, Charlotte Rampling, ou encore Kylie Minogue. Il garde son appartement de St Kilda comme pied-à-terre, et revient en Alsace une à deux fois par an lorsque les artistes qu’il suit ont des performances programmées non loin de sa terre d’enfance.

 

L’un des premiers français adjoint au maire en Australie

Mouvement unChain St Kilda en 2008

En 2007, Serge a la mauvaise surprise d’apprendre que le conseil municipal de Port Phillip veut construire un centre commercial près de la plage à St Kilda, petite ville bohème au bord de la mer dans la banlieue de Melbourne. Fermement déterminé à empêcher le projet, il crée le mouvement unChain St Kilda. Finalement, en 2008, il décide de se présenter aux élections pour changer les choses lui-même. Il est élu en tant que conseiller et le projet est finalement abandonné. Une première victoire suivie par beaucoup d’autres, notamment après sa réélection en 2012, où il devient adjoint au maire – l’un des premiers français pour un tel rôle en Australie. Il défend alors les intérêts de la communauté, en particulier dans le domaine culturel et artistique : le théâtre municipal « Le Palais », par exemple, est sauvé de la fermeture grâce à ses efforts. Le grand skatepark de St Kilda verra aussi le jour à son initiative. Serge Thomann est bien un homme « engagé et généreux », comme le décrivait l’ambassadeur Christophe Penot, le 7 mars dernier. Son dévouement ne se limite pas aux habitants de St Kilda, mais s’étend aussi à des personnes qui l’inspirent, comme les joueurs de tennis en fauteuil roulant, Lucas Sithole ou Stephane Houdet, ou encore envers les Français expatriés en Australie. Il devient en effet président de French Assist Melbourne en 2014 – association créée à l’origine par la consule générale honoraire de France dans le Victoria, Myriam Boisbouvier-Wylie – soutenant moralement, et parfois financièrement, les Français en difficulté. Et comme il ne finit jamais de nous surprendre, Serge a décidé l’an dernier de mettre ses talents de photographe et de marketeur au service du restaurant turque étoilé « Yagiz » qu’il a aidé à fonder.


Un vie de rencontres, lien entre la France et l’Australie

Serge Thomann, Bernard Delattre et Amanda Stevens

Comme l’a souligné Martin Foley, ministre des industries créatives, de la santé mentale et de l’égalité pour le gouvernement du Victoria, lors de la cérémonie couronnant cet incroyable parcours, Serge a, ce soir-là, obtenu la reconnaissance du gouvernement français ET australien pour son dévouement aux deux communautés. Cette notion de lien franco-australien est capitale pour le photographe. En 2013, Serge, alors adjoint au maire, emmène Bernard Delattre, le maire de Pozières dans la Somme – un département français où la guerre a été particulièrement destructrice, notamment pour beaucoup de soldats australiens – sur la tombe d’Albert Jacka et sur l’« avenue de Pozières » à St Kilda. Jacka a été très impliqué dans la bataille de Pozières et était maire de St Kilda après la guerre. Il se rend alors compte de la force du lien qui unit les deux pays, lien qu’il a contribué à représenter au cours de ses nombreuses expériences. Serge, très fier alsacien, est aussi le Délégué de l’Union Internationale des Alsaciens en Australie.
Toute sa vie, sa personnalité sociable et passionnée l’a amené à rencontrer des individus très différents : il y a 23 ans, il rencontrait par hasard la légendaire artiste Mirka Mora, – sa seconde maman – , alors qu’il achetait un journal français à St Kilda.

Ancien – peut-être toujours – activiste, ancien adjoint au maire, photographe rock, fondateur d’un restaurant… difficile de prédire quelle sera sa prochaine activité. Une chose est sûre, il risque encore de nous surprendre !

Elise Mesnard

 


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