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Simone Veil : le résumé d’une vie remarquable

Figure emblématique du féminisme, Simone Veil, est seulement la cinquième femme à être enterrée au Panthéon, ce monument sur la Rive Gauche de la Seine où les personnalités françaises les plus illustres reposent.

Voici un aperçu de la vie de cette survivante d’Auschwitz et politicienne d’avant-garde, ayant fait adopter la loi légalisant l’avortement en France.

 

Survivante d’Auschwitz

Simone Jacob est née le 13 juillet 1927 dans la ville méditerranéenne de Nice, benjamine de quatre enfants dans une famille juive.

En mars 1944, elle est arrêtée par la Gestapo pendant le Seconde Guerre mondiale et déportée à l’âge de seize ans dans le camp de la mort nazi d’Auschwitz avec l’une de ses sœurs et sa mère.

Simone et sa sœur survivent et sont libérées à la fin de la guerre en 1945.

Leur mère meurt du typhus dans un autre camp de la mort, Belsen, juste avant que celui-ci soit libéré. Son père et son frère meurent également dans des camps nazis. Une autre sœur, membre de la résistance française, survit à la guerre.

 

Une éducation d’élite

De 1945 à 1948, Simone étudie à Sciences Po, l’école d’élite des sciences politiques à Paris. C’est là qu’elle rencontre Antoine Veil, futur inspecteur des finances, avec lequel elle se marie en 1946.

En 1970, elle devient la première femme Secrétaire générale du Haut Conseil de la Magistrature, qui supervise le fonctionnement de la justice.

De 1974 à 1978, elle est ministre de la Santé dans le gouvernement de centre-droit de Valéry Giscard d’Estaing.

 

Contraception, avortement

En décembre 1973, Simone Veil fait voter une loi qui autorise le remboursement de la pilule contraceptive par la sécurité sociale et sa délivrance à des mineures sans le consentement des parents.

En janvier 1975, elle réussit à faire adopter sa loi Veil légalisant l’avortement, après des débats nationaux et parlementaires acharnés l’année précédente.

Croyant ardemment en l’intégration européenne, Simone Veil devient en 1979 la première présidente élue du Parlement européen.

De 1993 à 1995, elle revient dans le gouvernement français comme ministre de la Santé dans le gouvernement d’Edouard Balladur.

Dans sa dernière mission de fonction publique, de 1998 à 2007, elle est membre du Conseil Constitutionnel qui interprète la constitution française.

 

Gardienne de la langue française

De 2001 à 2007, Simone Veil est présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, un groupe privé qui oeuvre à préserver et développer la connaissance historique des massacres, à aider les survivants et à combattre l’antisémitisme.

En 2008, elle est choisie pour rejoindre l’Académie française, comme l’une des gardiennes intellectuelles de la langue française. C’est seulement la sixième femme à devenir « immortelle » — c’est ainsi qu’on appelle les 40 membres de l’Académie française.

Elle meurt chez elle le 30 juin 2017, à l’âge de 89 ans.

 

Aux côtés de son mari

Simone Veil a été enterrée au Panthéon aux côtés de son mari, en compagnie de seulement quatre autres femmes, y compris la scientifique Marie Curie, parmi environ 80 personnalités marquantes de France.

La mort de Simone Veil avait déclenché une vague d’émotion à travers tout le pays, des milliers de personnes signant une pétition pour demander au président Emmanuel Macron de l’enterrer aux côtés des plus illustres dignitaires de France.

« Maman n’a jamais pensé qu’elle pourrait finir au Panthéon. Le seul dans le couple à imaginer qu’elle entrerait un jour au Panthéon était notre père » a déclaré Jean Veil, l’aîné de leurs trois fils. « Il disait souvent pour plaisanter qu’il n’était pas question de les séparer après 67 ans de vie commune. »

 

Glossaire

acharné (adj.) : bitter (debate)

aperçu (n.m.) : snapshot

benjamine (n.f.) : youngest child

d’avant-garde (adj.) : trailblazing

délivrance (n.f.) : issuing

dignitaire (n.m.) : dignitary

enterrée (adj) : buried

fonction publique (exp.n.f) : public position

plaisanter (v.) : to joke

vague d’émotion (exp.n.f.) : outpouring emotion

vie commune (exp.n.f.) : living together

 


IN ENGLISH PLEASE

France’s Simone Veil: A summary of a distinguished life

 

Women’s rights icon Simone Veil is just the fifth woman to be buried in the Pantheon, the monument on the Left Bank of the River Seine where France’s greatest national figures are laid to rest.

Here is a snapshot of the life of the Auschwitz survivor and trailblazing politician who pushed through the law legalising abortion in France.

 

Auschwitz survivor

Simone Jacob is born on July 13, 1927, in the Mediterranean city of Nice, the youngest of four children in a Jewish family.

In March 1944 she is arrested by the Gestapo during World War II and deported, aged 16, to the Auschwitz Nazi death camp with one of her sisters and her mother.

Simone and her sister survive and are liberated at the end of the war in 1945.

Her mother dies of typhoid in another death camp, Belsen, just before it is liberated. Her father and brother also die in Nazi camps. Another sister, a member of the French Resistance, survives the war.

 

Elite education

From 1945 to 1948 she studies law at Sciences Po, the elite school of political science in Paris. There she meets Antoine Veil, a future state finance inspector, whom she marries in 1946.

In 1970 she becomes the first female general secretary of the High Council of the Magistrature, which oversees the functioning of the judiciary.

From 1974 to 1978 she serves as health minister in centre-right governments under president Valery Giscard d’Estaing.

 

Contraception, abortion

In December 1973 Veil pushes through laws that make the contraception pill reimbursed by the social security system and available to minors without parental consent.

In January 1975 her “Loi Veil” (Veil Law) to legalise abortion is adopted after she steered it through bitter national and parliamentary debates the previous year.

A staunch believer in European integration, Veil in 1979 becomes the first elected president of the European Parliament.

From 1993 to 1995 she is back in the French government, as health minister in the government of Edouard Balladur.

In her last public position, from 1998 to 2007, she is a member of the Constitutional Council which interprets the French constitution.

 

Guardian of French language

From 2001 to 2007, Veil serves as president of the Foundation for the Memory of the Holocaust, a private group that works to preserve and develop historical knowledge about the massacres, help survivors and combat anti-Semitism.

In 2008 she is chosen to join the Academie Francaise as one of the intellectual guardians of the French language, becoming only the sixth woman to join the “immortals”, as the 40 members are known.

She dies at her home on June 30, 2017, aged 89.

 

Alongside her husband

Veil was buried at the Pantheon next to her husband, in the company of only four other women, including the scientist Marie Curie, among the roughly 80 leading figures of France.

Veil’s death prompted an outpouring of emotion across the country, with thousands signing a petition asking President Emmanuel Macron to bury her alongside France’s most illustrious dignitaries.

“Mum never thought she would be placed in the Pantheon. The only one in the couple who imagined she would enter the Pantheon was our father,” said Jean Veil, the oldest of their three sons.

“He would often say jokingly… that it was out of the question to separate them after 67 years of living together”.

 

Source: AFP


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