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The Song Keepers à l’opéra de Sydney : le public submergé par l’émotion !

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The Song Keepers, cette chorale de femmes aborigènes du Central Australia, se produisait vendredi dernier à l’Opéra de Sydney. Une grande première, pour un concert captivant et poignant.

Les lumières s’éteignent pour laisser place aux artistes. Alors, entrent sur scène des petits bouts de femmes se dandinant et habillées de longues robes aux motifs d’art aborigène. Les applaudissements sont déjà chaleureux et des sifflets remontent de l’assemblée pour saluer leur arrivée : elles sont attendues. Le spectacle peut commencer.

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D’une seule et même voix, ces femmes commencent à entonner a capella leur premier hymne. Dès les premières notes, on est emporté par ces sonorités berçantes vers un univers lointain : celui de l’histoire de ce choeur de femmes aborigènes.

Leur épopée est surprenante et incroyable. Des missionnaires allemands luthériens, arrivés au 19e siècle dans le Central Australia dans le but de convertir les autochtones à leur système de croyances et à leur religion, ont découvert la beauté des voix des Aborigènes. Ils ont alors enseigné aux populations locales les hymnes sacrés de l’Église luthérienne. Un mouvement est ensuite né, avec la reprise de ces chants traduits en langue Arrarnta et Pitjantjatjara par les communautés locales. Depuis, le choeur des femmes aborigènes du Central Australia, héritage de cette rencontre entre deux mondes, transmet cette histoire à travers la reprise de ces hymnes chantés dans leurs langues maternelles.

Des frissons et des larmes

On ne comprend pas un seul mot, mais la magie opère bel et bien : la beauté de ces voix provoque frissons et larmes aux yeux. Chaque chant est accueilli par un tonnerre d’applaudissements, les spectateurs étant subjugués par la pureté de l’instant. Et ces femmes, grand sourire aux lèvres, un peu perdues, saluent le public en imitant les gestes de leur chef de choeur.

C’est déjà l’entracte, le temps de partager avec ses voisins les premiers ressentis. Tout le monde est conquis.

Le chef de coeur, Morris Stuart, fait son retour, seul. Commençant d’un ton humoristique par s’excuser de faire les choses à l’envers, il présente la chorale qu’il préside. Il raconte le long chemin que ces femmes, originaires des villages d’Areyonga, de Kaltukatjara, de Titjikala, de Mutitjulu, de Ntaria et d’Alice Springs, ont entrepris afin de partager leur histoire et leur culture à travers ces hymnes. Dans un discours engagé, il rappelle l’histoire de ces communautés aborigènes, aujourd’hui marginalisées et oubliées. Il insiste, à juste titre, sur l’importance de ces chants dans la langue maternelle de ces femmes afin que celle-ci survive. Il termine sous une pluie d’applaudissements, les spectateurs hochant de la tête en signe d’assentiment à son plaidoyer. Le concert peut reprendre pour le troisième et le quatrième actes.

UnknownCes vieilles femmes, reines de la soirée, refont leur apparition. Elles rayonnent sur scène. Repartant dans leurs hymnes à la gloire de Jésus, elles commencent à la manière des gospels, à claquer des doigts et à se mouvoir de gauche à droite malgré leur âge avancé. Un spectacle incroyable auquel le chef de coeur, qui s’est mué en véritable showman, invite les spectateurs à se joindre. Un  partage d’une beauté éclatante et un grand moment d’émotion, qui se conclut par une interminable ovation.

Assises par terre, tapant avec leurs mains sur leurs cuisses, ces vieilles femmes font leur adieu sur un dernier hymne profond et apaisant. Les applaudissements dureront de longues minutes.

Les spectateurs s’empressent ensuite de sortir de la salle pour remercier, saluer, étreindre, parfois même pleurer dans les bras de ces femmes, chamboulés par ce surplus d’émotions. « Thank you very much for that moment » entend-t-on partout. Et la réponse de ces femmes souriantes aux visages si sages : « God bless you ».

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Un documentaire retraçant l’histoire des Song Keepers a été réalisé par la cinéaste Naina Sen. Elle a suivi cette incroyable chorale de femmes aborigènes du Central Australia dans leur tournée historique en Allemagne. Ces femmes ont entrepris le voyage inverse des missionnaires allemands du 19e siècle, afin de restituer ces hymnes transformés qui avaient été donnés à leur arrière-grand-parents. Le film a débuté au Melbourne International Film en 2017 avant d’être diffusé dans les salles de cinéma en Australie.

La chorale des Song Keepers sera présente au Desert Song Festival, qui se tiendra à Alice Springs du 7 au 16 septembre 2018. 


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NCT
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