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Street art : adoré ou controversé, il reste incontournable à Melbourne 

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Si on vous dit Melbourne, vous pensez quoi ? Tennis, Grand Prix de formule 1, petit café dans une allée branchée et… street art bien entendu ! En quelques dizaines d’années la capitale du Victoria s’est hissée au rang des villes de référence dans ce domaine artistique et ce n’est par Adrian Doyle, fondateur de Blender Studios et organisateur de visites guidées spécialisées qui dira le contraire. Pour lui, Melbourne est même la capitale mondiale du genre.

Mural de K. Haring (c) D. Sunshine à Collingwood

Pourtant, comme Magda Danysz l’explique dans son « Anthologie du street art », le mouvement est né aux Etats-Unis, en 1942 à Détroit dans une usine de bombes. Il est ensuite passé par Philadelphie avant de s’emparer de New-York, puis de se répandre partout dans le monde, y compris en France. Plusieurs écoles se dessinent, plusieurs styles. Tag (signature stylisée, par définition répétitive), graffiti, pochoir… finalement l’appellation « Street Art », qui regroupe l’art urbain dans sa globalité, apparaît en 2007. Une reconnaissance récente à laquelle se réfèrent nombre d’artistes, sachant que deux conceptions s’opposent : celle qui revendique la liberté totale et la gratuité ; et cette qui valorise la pérennité et ne crache pas sur l’argent.

A cet égard, rappelons le coup d’éclat de Banksy avec l’autodestruction spectaculaire de son œuvre « Girl with balloon » après qu’elle a été vendue un million d’euros aux enchères à Londres en octobre dernier. Une façon de dénoncer la spéculation dans un secteur qui connaît un succès grandissant pour des formes de plus en plus variées – pensez aux mosaïques de Space Invader ou à Vhils et son marteau-piqueur.

A Melbourne, le street art s’est développé dans les années 70-80 profitant d’une configuration architecturale propice comptant d’innombrables allées sombres, étroites et souvent cachées. L’existence d’une banlieue plus ou moins proche a aussi contribué à l’émergence d’une culture alternative, engagée à défaut d’être anarchiste. Mais si la ville et l’état ont pu se féliciter de produire tant d’oeuvres à ciel ouvert, un retour de bâton a aussi été mis en place avec l’institution de lois « anti-graffitis » répressives. Une attitude ambivalente dénoncée par certains qui demandent plus de liberté, de reconnaissance et de protection.

Après que les nettoyeurs de la ville ont effacé par « erreur » un rat de Banksy sur les murs d’AC/DC Lane (cf. ci-contre) il y a deux ans, de nombreux artistes ont ainsi demandé à ce que les œuvres les plus emblématiques de Melbourne soient préservées. Las, hormis certaines fresques iconiques comme celle de Keith Haring à Collingwood, la plupart resteront éphémères. Faut-il le déplorer ? Peut-être pas… Après tout, n’est-ce pas le propre de ces œuvres que de vivre et se renouveler sans cesse ? Cela signifie aussi qu’on peut indéfiniment parcourir les rues d’une ville sans jamais voir la même chose. La garantie de surprises permanentes.

Valentine Sabouraud

Quelqu’uns des artistes de Melbourne : Adnate, Ghostpatrol, Ha-ha, Kaff-eine, Meggs, Rone, Lucy Lucy (la française dont nous parlions ici)…

Les quartiers où voir du street art : la mairie de Melbourne distribue une carte détaillée avec les allées les plus connues : Hosier Lane, Centre Place, AC/DC Lane, Caledonian Lane, Croft Alley, Duckboard Place, Stevenson Lane… Les proches banlieues comme Carlton, Fitzroy, Carlton, St Kilda, Windsor sont aussi à explorer.

Le Blender Studios organise des visites guidées et propose aussi des ateliers d’initiation pour les plus jeunes, dans le cadre du programme SIGNAL.

A noter dans vos agendas : le festival Wall to Wall qui a lieu chaque année à Benalla en mars à deux heures au nord de Melbourne, un événement important.

La controverse Hosier Lane : la guerre est déclarée dans cette allée mythique de Melbourne. Certains artistes refusent que ses murs servent de toile pour des oeuvres commissionnées – y compris une demande en mariage ou un soutien à un club de footy. Plus outrageux encore, le fait que le magasin Culture Kings ait une entrée sur l’allée et utilise ses murs pour sa propre publicité hérisse une partie des street artistes. Pourtant, Hosier Lane a déjà été habillée par des fresques réalisées au profit d’associations caritatives et cela n’avait pas fait autant de vagues. Une affaire à suivre.

Et pour les images, c’est ici :

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franckprovost
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