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Sydney : des milliers d’étudiants dans la rue pour protester contre le changement climatique

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Des milliers d’écoliers font l’école buissonnière aujourd’hui pour protester contre la politique gouvernementale dans les rues de Sydney. L’objectif du mouvement School Strike 4 Climate: faire pression sur le gouvernement et réclamer des réformes concrètes. 

Vendredi matin, 11h. Quelques centaines de manifestants commencent à se rassembler sur la place de Town Hall. Les visages sont juvéniles, la plupart des manifestants présents sont des adolescents. La lutte pour le climat chez les jeunes a en effet pris une dimension mondiale grâce à Greta Thunberg, 15 ans. La jeune suédoise a entamé l’année dernière une grève scolaire pour le climat et continue de manifester tous les vendredis devant le parlement de Stockholm.

Nous apercevons aujourd’hui même quelques parents avec des poussettes. Certains sont arrivés en avance et peaufinent leur pancarte. Emilia, Janett, Emma, Rosie, Lucia, Greta attendent d’autres camarades de classe. Elles ont toutes entre 13 et 14 ans et portent l’uniforme de Burwood School, une école de l’Ouest de Sydney. « On ne peut pas voter. On n’a légalement aucun poids face au gouvernement. La grève, c’est aujourd’hui le seul moyen qu’on a pour que quelqu’un nous écoute. »

Pour ce qui est de rater un jour d’école, le groupe ne se sent pas trop coupable.« Tous nos parents nous soutiennent, nos enseignants aussi, donc on ne sèche pas vraiment les cours. C’est même mon père qui m’a aidé à faire mon affiche. » nous confie Lucia.

Au fil des minutes, la place se remplit. Il est de plus en plus difficile de se déplacer. Des enseignants se joignent même à la foule, comme Sharon, qui a pris un jour de congé pour venir manifester avec son fils, Oliver. À 10 ans et pas timide pour un sou, il débite son discours d’une traite. « Le changement climatique est réel. On n’est pas pris au sérieux. Mais on va se faire entendre par un moyen ou par un autre. Nous sommes jeunes, pas stupides. Nous réalisons ce qui est en train de se passer. »

Un peu plus loin, c’est Emily, 8 ans (bientôt 9 ans -elle insiste) qui brandit fièrement une pancarte qu’elle a fait elle-même. Sa mère Esther confie son ras-le-bol du gouvernement fédéral actuel.« Nous avons besoin d’un plan maintenant. Nous n’avons plus le temps d’attendre. Les politiques ne pensent qu’à l’argent. Si la seule manière de se faire entendre, c’est de faire rater l’école à nos gamins, on le fera. Quand certaines personnes disent qu’on impose nos idées à nos enfants, je ris. C’est la seule chose à faire. On se bat pour eux, avec eux. »

À midi, la place est noire de monde. Les quelques policiers présents bloquent l’accès de l’esplanade. Ils invitent les retardataires à patienter avant de rejoindre le cortège. Dans le même temps, les principaux leaders du mouvement se succèdent en haut de l’escalier pour prononcer leurs discours. Parmi eux, Lucy Achhorner, collégienne, qui chante, micro à la main « Hey Hey, ho, ho, Adani’s mine has got to go! ».

Nombre de pancartes rappellent en effet le projet de mine de charbon à ciel dans le Queensland. Si le projet vient à se concrétiser, il s’agirait de la plus grande mine du monde dont les déchets pourraient endommager directement la grande barrière de corail. Une des camarades de Lucy prend la parole et énumère les catastrophes climatiques auxquelles l’Australie doit faire face, comme les sécheresses, le blanchiment des coraux, les incendies qui ravagent le Victoria, les inondations, sans oublier les vagues de chaleur de plus en plus courantes, comme en début de semaine.

La foule reste étonnement silencieuse pendant les discours. Seul évènement qui vient troubler le calme : un ballon géant en forme de planète que chacun se renvoie. Après la passionnée Lucy et le discours de plusieurs de ses camarades, c’est au tour de Clover Moore, Sydney Lord Mayor de prendre la parole. Elle ouvre son discours en affirmant son soutien à la manifestation. «En tant qu’ancienne enseignante, je pense que votre éducation est primordiale, mais votre futur l’est encore plus. Deux élections sont à venir, mais la plupart d’entre-vous n’aura pas l’âge de voter, c’est pour cela qu’il faut continuer à se battre contre la politique du gouvernement fédéral en place. »

Elle conclut en invitant le 27 mars prochain tous ceux qui le souhaitent à une porte ouverte à Town Hall. «Il faut donner un coup d’envoi à la lutte pour le climat. Vous pourrez poser des questions et vous informez sur le changement climatique, car c’est vous tous qui devrez subir toutes ces catastrophes. »

Chloé Le Ribaut

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