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Tourisme: l’économie néo-zélandaise désormais portée par les Hobbits

franckprovost

Le cinéma est devenu pour la Nouvelle-Zélande aussi précieux que l’anneau magique des Hobbits dans la saga du réalisateur Peter Jackson. Au point que le tourisme a dépassé l’industrie laitière comme moteur de croissance.

Chaque année, des millions de touristes atterrissent en Nouvelle-Zélande, avec en tête l’idée de voir les paysages splendides de la « Terre du Milieu », théâtre imaginaire du « Hobbit » et du « Seigneur des Anneaux », les deux trilogies inspirées de l’oeuvre de J. R. R. Tolkien qui ont fait un carton planétaire.

Il n’y a pas si longtemps, les produits laitiers faisaient la prospérité d’un des pays les plus lointains de la planète.

« L’or blanc » a ainsi rapporté jusqu’à 17 milliards de dollars néo-zélandais (11 milliards d’euros) par an, soit près du tiers du montant total des exportations de ce pays de 4,4 millions d’habitants.

Mais la surproduction mondiale et le ralentissement de la demande chinoise ont eu raison de cet âge d’or: les exportations de produits laitiers sont tombées à 12,2 milliards de NZD en 2015/2016.

L’économie néo-zélandaise a pourtant conservé un rythme de croissance -de l’ordre de 3,6%- à faire saliver la plupart des économies développées.

Cette performance s’explique notamment par l’essor du secteur touristique qui tire l’ensemble de l’économie vers le haut.

« Une croissance exceptionnelle du secteur a permis la création d’environ 6.600 nouveaux emplois sur l’exercice qui s’est achevé en mars », s’est récemment félicité le Premier ministre John Key. « Le secteur représente désormais 20,7% des revenus d’exportation. »

– coup de pub inégalable –
Selon les statistiques officielles, les touristes étrangers ont apporté 14,5 milliards de NZD à l’économie néo-zélandaise en 2015. Au total, 3,4 millions de personnes ont visité la Nouvelle-Zélande l’année dernière, un chiffre qui devrait doubler au cours des sept prochaines années.

Truffées de vues fabuleuses de paysages néo-zélandais à couper le souffle, les deux trilogies de Peter Jackson ont offert au pays depuis la sortie du premier film en 2001 un coup de pub inégalable.

Et la croissance du secteur touristique est clairement liée à l’exploitation judicieuse de cette manne, explique Kevin Bowler, directeur général de Tourism New Zealand (TNZ), l’agence de promotion du pays.

« De très bonnes campagnes de promotion de la +Terre du Milieu+ et une bonne utilisation des médias numériques ont contribué à la hausse du nombre de visiteurs », indique-t-il.

Une étude conduite l’an dernier a montré que 18% des touristes étrangers avaient cité « Le Hobbit » comme une des raisons les ayant poussés à envisager un voyage en Nouvelle-Zélande.

La compagnie nationale Air New Zealand a aussi flairé l’aubaine, en s’inspirant plusieurs fois de la double trilogie dans ses vidéos de sécurité, dont certaines mettent en scène Peter Jackson lui-même ou l’acteur Elijah Wood.

– ‘comme La mélodie du bonheur’ –
Près de 30% des touristes qui ont visité le pays en ont profité pour se rendre sur différents lieux du tournage, ou pour visiter les studios Weta de Wellington.

« Wellywood », comme se surnomme désormais la capitale, a été parmi les principales bénéficiaires de l’effet « Seigneur des Anneaux », grâce au retentissement mondial des premières de la saga.

« La +Terre du Milieu+ a été fantastique pour la Nouvelle Zélande et pour Wellington, contribuant à nous placer sur la carte du monde pour toute une partie du public », se réjouit Aaron Alexander, porte-parole de l’Agence régionale du développement économique de Wellington.

Les responsables de la municipalité croient tellement à la fée cinéma qu’ils se sont engagés sur une enveloppe de 150 millions de NZD pour la construction d’un musée dédié et d’un centre de conférence qui doit voir le jour en 2019.

Le projet, qui associe aussi M. Jackson, hébergera notamment la collection privée du réalisateur consacrée à la saga.

« Ce sera une installation de classe internationale qui aura le potentiel nécessaire pour placer Wellington sur l’itinéraire des visiteurs », explique M. Alexander, convaincu que la fascination du public pour la « Terre du Milieu » perdurera.

« Après tout, 50 ans après, il y a toujours des gens qui vont à Salzbourg sur les traces de +La mélodie du bonheur+ », ajoute-t-il en référence au classique de Robert Wise.

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NCT
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