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Un médecin australien aide ses proches durement frappés par le Covid en Inde

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Depuis l’autre bout du monde, Yadu Singh, médecin à Sydney en Australie, s’efforce d’aider ses proches frappés par la flambée épidémique de Covid-19 en Inde en leur dispensant notamment des conseils médicaux.

Il était 04H00 dans l’est de l’Australie quand, épuisé par la fatigue, ce cardiologue expérimenté a fini par trouver un lit d’hôpital pour l’époux de sa nièce.

Il restait cependant au malade à endurer les huit heures de route qui séparent New Delhi du lieu où il trouverait enfin de l’oxygène et donc avoir une chance de survivre.

Comme beaucoup de membres de la diaspora indienne, qui compte des millions de personnes, M. Singh assiste avec horreur à la propagation du coronavirus à travers son pays, contaminant quotidiennement jusqu’à 380.000 personnes.

“Ces derniers jours, cela a été très difficile, très éprouvant”, témoigne-t-il auprès de l’AFP depuis son bureau situé dans un quartier verdoyant de Sydney.

A plus de 10.000 kilomètres de sa famille, il se désole de ne pas pouvoir faire plus.

La communauté indienne établie en Australie réfléchit à la manière d’acheminer en Inde de l’aide médicale comme des concentrateurs d’oxygène.

M. Singh a conscience qu’il sera difficile d’en trouver, puis de l’acheminer et que, malheureusement, elle ne représentera qu’une goutte d’eau face à l’ampleur de la vague épidémique.

Ses contacts et sa formation médicale se révèlent cependant être de précieux atouts pour aider à sa famille et ses amis restés dans sa mère-patrie.

Depuis Sydney, il a ainsi réussi à envoyer un scanner à un pneumologue australien qui, à son tour, a conseillé un médecin indien pour la mise en place d’un traitement plus efficace.

“Ce médicament, je crois, a été vital”, se félicite M. Singh. “Dieu merci, nous avons WhatsApp.”

Il a également donné des conseils sur la saturation en oxygène ou aidé à décider si une hospitalisation était nécessaire ou s’il était préférable de rester à domicile.

– “Fais ton devoir” –

Un matin, il a été réveillé via Twitter par une connaissance qui, depuis la Californie, lui demandait des conseils pour sa tante malade.

Il a aussitôt transmis les  informations la concernant à un Parlementaire de Delhi qui a réussi à la faire soigner.

Son ami lui a envoyé par la suite ne message de remerciements: “ma tante va mieux. Vous l’avez sauvée”.

“Je ne peux pas soigner les gens en étant assis en Australie”, regrette le cardiologue, “sans les voir, je ne peux que les guider, les assister, leur donner de l’espoir.”

Mais malheureusement, parfois, cela ne suffit pas.

Quand la belle-mère de sa nièce est arrivée à une saturation en oxygène de 80%, soit 15 points de pourcentage de moins que la normale, M. Singh a appelé à l’aide le directeur de l’hôpital local, un ancien collègue.

“Il m’a répondu qu’il allait essayé d’aider mais qu'(il n’avait) aucun lit en soins intensifs. Et une demi-heure plus tard, elle est morte car il est impossible de survivre avec 80% d’oxygène”

“C’est douloureux. Je la connaissais personnellement. Son frère était mon camarade de classe”, raconte-t-il, submergé par un sentiment d'”impuissance et de désespoir”.

“J’ai perdu trois membres de mon entourage… l’un d’entre-eux est décédé la nuit dernière”.

M. Singh redoute qu’en raison d’une mauvaise gestion politique, la situation en fasse qu’empirer.

“Si nous ne cassons pas la chaîne de transmission, que va-t-il se passer?” s’interroge-t-il, inquiet.

Face à ce qu’il qualifie de “situation apocalyptique”, il essaie pour l’instant de suivre les préceptes hindous “fais ton devoir, ne t’inquiète pas du résultat”.

Ce soir, explique-t-il, cela consistera à intervenir sur Zoom pour rappeler à ses proches une consigne essentielle: “utiliser un masque, se laver les mains et se faire tester.”

FOTY
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