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Un million d’Australiens réclament le départ de Fraser Anning

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Une pétition visant à obtenir la démission de Fraser Anning, sénateur de l’État du Queensland, a récolté plus d’1,1 million de signatures sur le site change.org. Le texte est ainsi devenu la pétition la plus populaire jamais publiée sur la plateforme en ligne en Australie.

En poste depuis 2017, Fraser Anning siège au Sénat en tant qu’indépendant depuis son exclusion du KAP ( Katter’s Australian Party, parti populiste de droite crée en 2011 ).

Un homme aux multiples frasques

Le politicien, qui s’était déjà distingué par le passé pour des propos xénophobes, a suscité la polémique vendredi dernier, dans la foulée de la fusillade ayant fait 50 victimes à Christchurch. Mr Anning a en effet déclaré que « la véritable cause du carnage (…) est, en premier lieu, le programme d’immigration massive ayant permis à des fanatiques musulmans d’émigrer en Nouvelle-Zélande. » Le sénateur a également publié une série de tweets ayant déchaîné l’ire collective, à l’instar de celui-ci : « Les fusillades d’aujourd’hui mettent en exergue les peurs grandissantes que suscitent l’immigration musulmane au sein des communautés australiennes et néo-zélandaises. »

En août 2018, Fraser Anning, alors encarté au KAP, avait déjà fait l’objet de multiples condamnations au sein de la classe politique australienne. Lors d’un discours prononcé au Parlement, le sénateur avait en effet déclaré qu’une « solution finale » devait être apportée au « problème de l’immigration ». L’emploi de cette expression spécifique avait créé le tollé en raison de son lien avec la Shoah, aussi appelée « solution finale » par les dignitaires nazis. Si Mr Anning avait alors reçu le soutien de Bob Katter, leader du KAP, les frasques à répétition du natif de Brisbane ont fini par provoquer son renvoi du parti le 25 octobre 2018.

Fraser Anning peut-il tomber ? 

Suite à ses propos au sujet des attentats de Christchurch, de nombreux citoyens estiment désormais qu’il est impératif de mettre fin au mandat de Fraser Anning. Dans un manifeste publié sur le site change.org, les auteurs de la pétition ont affirmé que « la vision du sénateur Fraser Anning n’a aucune place dans le gouvernement de notre pays démocratique et multiculturel. » La conclusion du texte publié est éloquente : « Il n’y a pas de place pour les Néo-Nazis au sein du gouvernement australien. Il n’y a pas de place pour l’intolérance. Il n’y a pas de place pour l’incitation à la haine. » Aux yeux des créateurs de la pétition et du million de personnes l’ayant signée, le parlementaire du Queensland est l’incarnation de cette intolérance.

De nombreuses figures de la sphère publique partagent cette idée. Jacinda Ardern, Première Ministre de Nouvelle-Zélande, a déclaré que les commentaires du sénateur étaient « une honte ». Du côté de l’Australie, Bill Shorten, chef du Parti Travailliste, a ajouté que « les politiciens d’extrême-droite comme Fraser Anning ne peuvent nier leur propre racisme ». Le Premier Ministre Scott Morrison a estimé que Mr Anning devait « faire face à tout le pouvoir de la loi ». Les auteurs de la pétition demandent non seulement la démission du sénateur, mais aussi, « si cela s’avère nécessaire », l’ouverture d’une enquête à son encontre pour « apologie du terrorisme d’extrême-droite ».

Une question demeure : Fraser Anning peut-il véritablement être renvoyé du Sénat ? Le Parliamentary Privileges Act de 1987 interdit le Sénat d’exclure spontanément l’un de ses membres. Cependant, la Constitution australienne stipule qu’un parlementaire ne peut conserver son siège s’il est condamné pour un délit passible d’un an d’emprisonnement minimum. De fait, si le sénateur Anning est jugé coupable d’apologie du terrorisme, son mandat pourrait connaître une fin prématurée. N’étant affilié à aucune formation politique, Fraser Anning est déjà isolé à Canberra. L’avenir, et la justice, diront maintenant s’il peut continuer à assumer ses fonctions au Parlement.

En parallèle de la pétition, une cagnotte a été lancée sur le site GoFundMe afin de soutenir Will Connolly, désormais connu sous le nom de « Egg Boy ». Vendredi, l’adolescent âgé de 17 ans s’est illustré pour avoir écrasé un œuf sur la tête de Fraser Anning alors que ce dernier s’exprimait face aux caméras de télévision. Ce geste a valu à « Egg Boy », une notoriété nationale et une sympathie quasi-unanime. Will Connolly est désormais adulé sur Internet, et la cagnotte qui lui est dédiée a déjà récolté plus de 25 000 dollars. Une initiative qui en dit long quant au rejet du populisme identitaire incarné par Fraser Anning par une partie de la population, et notamment par les plus jeunes.

 


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