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Un verdict « déraisonnable »? Les arguments d’appel du cardinal Pell

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Un verdict « déraisonnable », un jury mal formé, un élément de preuve rejeté… La défense du cardinal australien George Pell compte faire feu de tout bois quand elle contestera, en appel, sa condamnation pour pédophilie.

L’ex-numéro trois du Vatican âgé de 77 ans a été placé mercredi en détention au lendemain de l’annonce de sa condamnation en décembre pour l’agression de deux enfants de choeur en 1996 et 1997 dans la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne, la grande métropole du sud de l’Australie dont il était alors l’archevêque.

Le procureur et la défense pourraient mettre plusieurs mois à soumettre leurs arguments et contre-arguments à la Cour d’appel de l’Etat de Victoria, dont Melbourne est la capitale, avant que ne siège en audience le jury d’appel composé de trois juges professionnels.

Voici les trois moyens que les avocats de l’ancien secrétaire à l’Economie du Vatican soulèveront en appel.

– Un verdict « déraisonnable » –

La défense de George Pell soutiendra que la décision de première instance fut « déraisonnable », ce qui est un « moyen d’appel relativement courant », explique Matthew Collins, président de Victorian Bar, le barreau de Victoria.

Il faudrait alors convaincre la Cour d’appel que quelque chose « s’est mal passé » pendant le procès, comme par exemple que le juge a fait une erreur, précise M. Collins.

Il est arrivé par le passé que des avocats de la défense avancent l’argument selon lequel la décision d’un jury était tellement aux antipodes des preuves présentées que ce verdict devait être considéré comme « déraisonnable » et donc annulé. Il est cependant rare que ce moyen fonctionne.

« Cela marche rarement, seulement dans des cas exceptionnels, parce que dans notre système, on se fie beaucoup au bon sens du jury », observe M. Collins.

Certains juristes estiment toutefois qu’une faiblesse possible du verdict du procès Pell, dans laquelle la défense pourrait s’engouffrer, tient au fait que la décision se fonde sur le témoignage de la seule des deux victimes encore en vie, qui plus est sur des faits vieux de plus de deux décennies.

– Un jury mal formé –

Quatorze jurés furent désignés pour le procès, alors qu’en général, seuls 12 sont sélectionnés.

Seules 12 personnes -huit hommes et quatre femmes- participèrent finalement aux délibérations. La défense devrait néanmoins plaider la constitution irrégulière du jury.

A en croire M. Collins, il est effectivement inhabituel qu’un jury compte plus de 12 membres. Mais ce n’est pas non plus une première.

– Une animation vidéo rejetée –

La défense va également dénoncer le fait que le juge Peter Kidd ne lui ait pas permis de diffuser à l’audience une animation vidéo.

Elle entendait par ce moyen montrer les déplacements à l’intérieur de la cathédrale Saint-Patrick le jour des faits et jeter un doute sur le fait que les deux enfants de choeur ont pu se retrouver seuls dans la sacristie après la messe du dimanche.

Le juge Kidd s’est opposé à cette diffusion en considérant que cette vidéo n’était que pure conjecture.

Présenter cette animation aurait été « certainement inhabituel », concède M. Collins. Mais, là non plus, cela n’aurait pas été une première, une remarque allant cette fois dans le sens de la défense.

Source : AFP


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