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William Ricketts Sanctuary : captivant jardin aborigène

NYE

Magie blanche ou sombre sorcellerie ? Rêve ou réalité ? Bien caché au cœur des Dandenong Ranges à une trentaine de kilomètres de Melbourne, le sanctuaire de William Ricketts est un jardin atmosphérique qui incarne à la perfection l’étrange fascination de son fondateur pour la culture aborigène. Une sortie déroutante, dans un cadre naturel exceptionnel.

Des figures poupines qui s’amoncellent dans un tronc d’arbre, des bustes qui semblent s’extraire eux-mêmes de la pierre, un sillon qui se transforme en main humaine ou en pattes d’oiseau, une bande de possums qui bondit dans les feuillages… Ici nature et sculptures sont si indistinctement mêlées qu’il faut se creuser la tête pour comprendre par quel miracle tout cela a pu être créé. Et à côté de ce casse-tête de fabrication, les thèmes abordés frappent par la force de leur représentation et leur pouvoir d’évocation. Ode mystique à la mère nature, dénonciation trash de la colonisation, hommage au temps de l’innocence… bienvenue dans l’imagination débordante de William Ricketts – sur les photos, un frêle bonhomme en béret vert – qui ose même se représenter mi-homme, mi-kangourou.

Le fil conducteur est parfois insaisissable et les explications fournies sur des stèles en pierre frôlent l’ésotérisme. Qu’importe ! On est ébloui, touché, secoué et un peu halluciné dans ce jardin inouï qui mérite absolument le détour. N’oubliez pas de prendre un appareil photo et évitez le mauvais temps. Cette petite promenade pour tous âges offre le meilleur sous un beau rayon de soleil.

Valentine Sabouraud

William Ricketts Sanctuary, 1402 Mount Dandenong Tourist Rd, Mount Dandenong VIC 3767 Ouvert tous les jours de 10h à 16h30 – gratuit (donation appréciée).

Qui eut cru que le jeune William Ricketts, né en 1898 à Richmond, deviendrait l’auteur prolifique de sculptures entièrement dévolues à la célébration de la culture aborigène ? Au départ, rien ne prédisposait l’adepte de l’école buissonnière à suivre cette voie. Apprenti joaillier puis violoniste, il devient finalement potier à l’Australian Porcelain Company Pty Ltd. C’est en fréquentant le sculpteur Gustav Pillig qu’il tombe sur « The Arunta » (Sir Bladwin Spencer et J.F. Gillen.) œuvre dont la lecture le conduira à se passionner pour les Aborigènes au point qu’il considérera toujours avoir été l’un des leurs dans une vie passée. En 1935, il achète un bout de terrain à Olinda. Il y installe un atelier rudimentaire où il vit de façon spartiate avec sa mère, élaborant petit à petit une œuvre fortement empreinte de spiritualité et complètement intégrée au paysage verdoyant qui l’entoure. Décédé en 1993, il laisse derrière lui 92 pièces étonnantes à voir dans les Dandenong Ranges, ainsi que quelques sculptures à Pitchi Richi, près d’Alice Springs.

 

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franckprovost
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